Mille librairies

Selon la formule consacrée, nos livres sont disponibles dans toutes les bonnes librairies. Et grâce à la loi sur le prix unique du livre, il y a en France un tissu aussi riche que varié de librairies indépendantes de grande qualité. Ce sont ces librairies que nous avions envie de vous faire découvrir ici – dans une sorte de promenade où l’on rencontrera des personnalités bien trempées et des espaces singuliers où trouver son bonheur… de lire.

Coups de cœur des libraires

L’automne est la dernière saison

« Avec ce premier roman émouvant, l’Iranienne Nasim Marashi dresse le portrait de trois jeunes amies à l’heure des choix, dans une société tiraillée entre tradition et modernité, dont faire le choix de quitter l’Iran ou de rester.
Quand nous les rencontrons, Leyla est restée, alors que son mari est parti pour le Canada. Shabaneh n’envisage pas de partir. Rodja, elle, attend son visa pour continuer un doctorat à Toulouse.
Ce sont ces trois femmes, ces trois ”sortes de monstres” qui ne sont plus du même monde que leurs mères mais pas encore de celui de leurs filles qui nous racontent leur histoire, Nasim Marashi ayant choisi la voix de la polyphonie, merveilleuse manière d’ouvrir des fenêtres sur les non-dits, les secrets, et questionner l’amitié et ses aspérités.
Un récit sensible en deux saisons, un été et un automne, ponctué de fulgurances poétiques :

”Leyli ! Leyli ! M’avais-tu dit, je veux passer tout l’été sous l’automne de tes cheveux !” Tu avais ajouté : ”C’est pour moi que tes cheveux ont cette couleur, pour me rappeler l’automne au plein cœur de l’été.”

”Tu m’as dit de redescendre sur terre, de revenir dans la vraie vie. Je me suis figée sur place.
Mes pieds à moi étaient bien sur terre, ce sont les tiens qui s’apprêtaient à s’envoler à bord de ce maudit avion. Pour toi, c’était quelque chose, la vraie vie, mais ça n’avait rien à voir avec ma vie à moi.”

Amitié, amour, quête de liberté, un premier roman universel.
Une nouvelle pépite Zulma ! » Eline, librairie Cyprès — Nevers

On s’y fera« Ce portrait attachant d’une femme moderne en plein cœur de Téhéran est habité d’une douce rage, de celles que l’on ne voile pas.
A la mort de son père, Arezou a hérité d’une agence immobilière. L’incrédulité et les sarcasmes des débuts n’ont fait qu’un temps. En femme d’affaires moderne et avisée, elle a fait prospérer l’entreprise familiale qu’elle dirige désormais en toute complicité avec Shirine, conseillère et confidente avec qui elle partage le statut à la fois agréable et stigmatisant de célibataire.
Ajoutons qu’Arezou est divorcée d’un homme qui s’est rapidement avéré aussi imbuvable qu’il paraissait charmant à ses débuts et vous comprendrez qu’en plein cœur de Téhéran vivent aujourd’hui des femmes aussi modernes et heureuses que la plus commune des Parisiennes. Lorsqu’un jour un client particulièrement pénible fait appel à ses services, elle ne se doute pas que ce séduisant quadragénaire, serrurier de son métier, va remettre en question le tracé de l’interminable plaine que la vie semblait lui promettre.
Mais les conventions, même parmi les souches les plus éclairées de la société iranienne, sont d’un poids non négligeable. Coincée entre Ayeh sa fille, pur produit d’une jeunesse dorée à l’égoïsme forcené qui lui reproche sans cesse le divorce d’avec son père pour ce qu’il compromettrait un avenir brillant, le sien, et Mah-Monir, sa mère, riche héritière pour qui les apparences sociales sont tout et les sentiments particuliers rien, Arezou la divorcée a-t-elle droit à une seconde chance ? En femme libre et seule contre toutes, elle va décider d’y aller vers ce "vendeur de cadenas" comme l’appelle sa mère avec mépris. Et quand aux conséquences...Eh bien, quelles qu’elles soient, "On s’y fera" !
Voici un texte très vif, remarquable de légèreté, qui dit, entre rires et larmes, les tabous, les blessures profondes et les joies d’un pays que l’on ne connaît que trop par ce que nos clichés de 20h nous en disent. » François Reynaud, librairie des Cordeliers — Romans-sur-Isère
Le Serpent des blés

« Cette réédition est la bienvenue puisqu’elle remet en lumière une œuvre splendide que nous ne connaissions pas.
Pour cadrer très brièvement l’histoire et surtout ne pas trop en dire, Le Serpent des blés est l’histoire d’une rencontre, celle que font la jeune Macey et sa maman célibataire lorsqu’elle tombe sur Mitchell lors d’un pique-nique dans les collines de Pennsylvanie. Herpétologue vif et plein d’esprit, gentiment fantasque, Mitchell s’installe dans leur vie… 
En un peu plus de 80 pages, T. M. RIVES tisse une histoire à facettes, pleine de tendresse, de sensations visuelles, de découvertes, de partages, mais où s’invitent aussi très délicatement des sentiments mêlés, plus complexes des relations humaines entre adultes.
Avec sa narration tout en virages, où le présent apparemment limpide éclaire ses zones d’ombres par des flashbacks qui s’invitent sans prévenir, où le paysage, brutalement, empli l’espace, le regard, marque de son immensité et de son rythme celui de l’écriture, où les liens que tissent les êtres humains déploient toutes leurs nuances, Le Serpent des blés nous marque de son empreinte dorée et chaude. De la chaleur pleine et mordante d’un soleil de midi, légèrement intrusive, celle qui s’immisce en nous pour darder ses rayons au dedans et faire son chemin longtemps encore après les dernières lueurs du jour.
Un grand et superbe texte de la littérature américaine contemporaine à lire absolument. » Andreas, Librairie Myriagone - Angers