Et tous les autres crèveront
Marcus Malte Et tous les autres crèveront

Rupture de stock


12,5 × 18 cm
192 pages
978-2-84304-184-6
9,15
Paru le 17/09/2001
C’est l’histoire de Tony et de Lucy. Leurs trajectoires. Deux lignes parallèles – qui se croisent et qui se brisent. Tony, petite frappe en cavale, ne pense qu’à une chose : la vengeance. Sylvie Auclair, alias Lucy, est journaliste pour la plus grande chaîne de télévision française. Lui rumine un passé de minable, qui le mène au meurtre. Elle, fille de famille, a eu une éducation sans entraves et n’a pas de sang sur les mains. Enfin presque.
Dans ces deux destins croisés, Marcus Malte explore le mensonge, le silence, la corruption de l’âme. Le bien et le mal. L’amour aussi, et le manque d’amour. Jusqu’au crime.

***************

Extrait

« La bouche du colosse se referma. Ses yeux allèrent du couteau au
visage qui lui faisait face. Un visage jeune, guère plus de trente ans,
plutôt fin, pâle, aux cheveux clairs et ras, au menton parsemé de poils
rares tirant sur le roux, aux yeux d’un bleu délayé qui le fixaient. Un
visage qui ne trouvait aucun reflet dans sa mémoire.
De nouveau les lèvres épaisses du colosse s’entrouvrirent, à l’instant
même où l’autre se jetait contre lui de tout son poids, le couteau en
avant.
On aurait pu croire que les deux hommes s’enlaçaient. Retrouvailles,
embrassades. Dans un premier réflexe le grand type passa le bras gauche
dans le dos de son agresseur et s’agrippa à lui sans lâcher le journal.
La lame s’enfonça une première fois à la hauteur de son nombril. Il
tenta alors de le repousser mais l’autre avait également passé le bras
derrière son dos et le maintenait de toutes ses forces. La lame
transperça une deuxième fois la chair, puis une troisième, une
quatrième, très vite. L’homme frappait à l’aveuglette, le couteau à
hauteur de hanche. Il restait plaqué contre le large torse du colosse.
Sa main gauche était remontée jusqu’à la nuque de celui-ci et il
sentait dans le creux de sa paume les tendons du cou qui se
raidissaient sous l’effort ainsi qu’une poignée de cheveux ras qui se
hérissaient et lui picotaient la peau. Il était presque bien. »

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Trois questions à Marcus Malte
à propos de Et tous les autres crèveront

Peut-on voir dans les destins de Tony et de Lucy une critique de la génération des années soixante-dix ?

Pas de généralités. Je crois qu’il n’y a pas une Histoire, mais des
histoires. Et si critique il y a, elle ne concerne que ceux qui ont
triché. Ceux qui n’y ont jamais cru vraiment. Ceux qui, d’une certaine
façon, ont corrompu un idéal ou l’ont détourné à leur seul profit. Les
mêmes qui, bien souvent, trente ans après, posent en héros.

Quel sens donneriez-vous au fait de croiser deux destins aussi dissemblables ?

Dans le fond, sont-ils aussi dissemblables que cela ?... Peut-être, en
filigrane, la vieille question du hasard ou de la destinée. Est-ce que
c’est écrit d’avance ? Ou pas ? On ne prête jamais assez d’attention
aux détails, aux petits riens. On passe à côté (des choses, des êtres,
voire de soi). Et puis aussi le petit jeu de se dire : " Et si... Et
si... Et si... " Imaginer que tout aurait pu être tellement différent.
Ou pas. C’est quelque chose d’assez fascinant, je trouve.

Il est fait allusion à Brautigan dans votre roman. Son œuvre
est-elle un modèle pour vous, et plus généralement la littérature
américaine ?

La littérature américaine, c’est beaucoup trop vaste pour ma maigre
culture. Certains auteurs, oui, sans hésiter. J’aime qu’un bouquin
m’empoigne et m’emporte ailleurs. J’aime le prendre en plein cœur, en
pleine tête. J’aime le souffle, la puissance, l’envergure. Une certaine
forme de poésie, aussi. Des choses que j’ai trouvées, jusqu’à présent
et à quelques exceptions près, surtout chez les Américains. La tendance
autobiographique m’ennuie. Je crois qu’il faut être extrêmement doué
pour raconter sa vie (sexuelle ou autre) et très peu d’écrivains le
sont au point de m’émouvoir ou simplement m’intéresser.
Vous connaissez sans doute le mot de Céline à propos de l’œuvre de Proust... Eh bien, c’est un peu ça.

P.S. - Mais j’appartiens à une longue lignée de bouchers-charcutiers :
peut-être que cela a quelque chose à voir avec mes goûts ?

Marcus Malte

Marcus Malte, né en 1967 à La Seyne-sur-Mer, ne cesse de surprendre par la force et la maîtrise, la violence et la tendresse de ses romans. Comme Garden of love ou Le Garçon (Prix Femina), Aires est un sacré coup de maître.



12,5 × 18 cm
192 pages
978-2-84304-184-6
9,15
Paru le 17/09/2001

Marcus Malte chez Zulma