Sophie Benech
Adolescente, Sophie Benech est profondément marquée par la lecture des Frères Karamazov. Peut-être cela a-t-il été l’élément déclencheur de toute une vie : après une maîtrise de Lettres classiques, elle travaille deux ans en URSS, où elle approfondit sa connaissance de la culture et de la littérature russe. C’est presque par hasard qu’elle se lance dans la traduction, d’abord de textes de Chalamov, puis d’auteurs contemporains comme Ludmila Oulitskaïa, Iouri Bouïda et Svetlana Alexievitch, mais aussi de « classiques » comme Anna Akhmatova, Isaac Babel, Boris Pilniak et bien d’autres.
Depuis, elle a traduit plus de soixante-dix ouvrages et fondé avec son père, ancien libraire, les éditions Interférences.
Après avoir reçu en 2021 le Grand Prix de la traduction de la SGDL et du ministère de la Culture, elle s’attaque au chef-d’œuvre qui avait mis la Russie sur son chemin. Fruit de plusieurs années de travail et de toute une carrière, cette nouvelle traduction s’efforce de faire entendre les mille et une subtilités de ce roman immortel.
Bonus
« Il y a, chez les vieux menteurs qui ont passé leur vie à jouer la comédie, de ces moments où ils entrent si bien dans leur rôle qu’ils tremblent et pleurent réellement d’émotion, même si, à cet instant précis (ou juste une seconde après), ils pourraient très bien se chuchoter à l’oreille :
« Tu mens, espèce de vieille canaille, même maintenant, tu es un comédien, malgré toute ta “sainte” colère et
ta “sainte minute de colère”. »
Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski
« La fluidité du récit frappe dans cette nouvelle traduction. Les répliques, parfois hachées, abruptes, scandées de silences et d’élans, paraissent soudain respirer. On entend presque la voix du narrateur, ironique et complice, qui se joue du lecteur et feint de s’adresser
à lui directement. »
Eric Beenkens,
Bruxelles Culture
« Un traducteur, c’est comme un interprète de musique. Et un grand livre mérite d’avoir plusieurs interpretations. »
Sophie Benech dans l'émission Le Point Culture sur
France Culture
« Mon souhait est donc d’offrir aux lecteurs français une version qui leur donnera peut-être de ce roman une nouvelle perception un peu différente des précédentes, et qui leur fera entendre la voix de Dostoïevski
telle que je l’ai entendue. »
Sophie Benech, postface Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski

