« Dans un long récit, Gary Sanz raconte que son beau-frère, Phily-Jo, est un inventeur génial, nécessairement décalé parce que persuadé de tenir l’invention qui va changer la face du monde : produire une l’énergie infinie et gratuite à partir du vide, “FreePow, l’énergie libre.”. Mais il est mort, laissant de volumineuses notes de son travail qu’ils vont chercher à comprendre, et aussi à savoir s’il est mort par suicide ou assassiné, tellement la découverte va remettre en cause le système économique capitaliste. Ils découvrent qu’un prototype serait caché dans le plafond des latrines de la Tatie Tacolie. Ils ne le verront pas parce que la tante sera découverte morte dans sa ferme détruite. Ceux à qui le couple parlent de l’invention de Phily-Jo ne les croient pas, les dissuadent de chercher à en savoir plus. Et quand Michelle veut rendre publique le travail de son frère, elle est assassinée. Gary Sanz est accusé, emprisonné au Texas et condamné à mort.
Commence alors un deuxième récit où Dipak Singh veut rencontrer le condamné, comprendre s’il y a eu complot ou manipulation, pourquoi tant de gens sont morts, s’il existe une “Pieuvre noire”, savoir pourquoi Zubrinsky a écrit un livre pour montrer que Gary Sanz est un imposteur. Mais Dipak Sigh meurt à son tour, ainsi que Barbara, sa conseillère. C’est alors que la sœur de Barbara se met à la recherche de la vérité… On le voit, l’affaire est complexe et sujette à nombre de rebondissements ! L’enquête est menée par cinq personnes qui, dans les cinq chapitres, se posent les mêmes questions. Marcus Malte utilise la puissance de la narration romanesque pour nous faite croire successivement à la réalité des évènements, au mensonge, à l’existence d’un complot ourdi par une mystérieuse “Pieuvre Noire”, à une information manipulée, à la possibilité de l’existence de lanceurs d’alerte. Quand il a bien excité notre imagination, Marcus Malte dénonce la malfaisance du capitalisme, “la plus grande arme destruction massive que l’homme a créé”. Marcus Malte n’économise pas son humour corrosif, ni les données scientifiques, économiques et les références historiques et politiques. Le roman est long (566 pages, tout de même !) et complexe. Bien qu’écrit lors d’une résidence à l’Abbaye d’Ardenne (Normandie), ce roman très américain aurait été traduit de l’anglais !Addictif, finement écrit, richement documenté, tortueux, vertigineux, il pousse à penser à maintes situations contemporaines. Donc, un excellent roman qu’on ne lâchera pas – vous êtes prévenu – avant la dernière page… » Jean, Librairie Le Pain des rêves (Saint-Brieuc)