Calvin- « Si j’étais né quelques siècles plus tôt, je serais entré dans les ordres, je serais devenu prédicateur ! Calvin a commencé par débarrasser les églises des œuvres d’art, preuve qu’il savait où se niche le mensonge ! »
Écrire- « Si ton cœur déborde, mais tu ne peux pas parler, alors écris ! Toute personne instruite est capable d’écrire, c’est-à-dire de coucher ses pensées sur une feuille de papier. Tu sais écrire des lettres, n’est-ce pas ? Un livre bon et vrai n’est autre chose qu’une lettre. Écrire ne signifie pas lâcher la bride à ton imagination, ni inventer des choses qui n’ont jamais existé, mais raconter celles qu’on a vécues. Celui qui raconte ce qu’il a vécu est un écrivain et par le récit de ses expériences il se rend utile aux autres (…) »
Enfer- « Si j’avais voulu suivre la route empruntée par le troupeau, j’aurais eu l’argent et la gloire, mais je préfère poursuivre mon chemin quand bien même il mènerait en enfer. »
Goujat- « Si je n’ai pas réussi à me comporter en homme du monde aux manières irréprochables – ce n’est pas de ma faute – je suis devenu un goujat -précisément parce que mon éducation n’a jamais été adoucie par la présence féminine. Si je me suis montré discourtois, qu’elles me le pardonnent – mais je maudis la malchance qui m’a empêché de leur donner une sérénade – la femme est vaniteuse – dommage que je n’aie pas pu leur procurer ce plaisir. »
Homosexualité- « Malheureusement, les gens ne sont pas encore assez éclairés pour y voir un accident, un caprice de la nature, on considère cela comme un crime ! »
Honoraire- « Si je n’avais pas reçu l’honoraire pour la seconde édition des Mariés, je me serais probablement tiré une balle dans la tête ! »
Ibsen – « Je voudrais voir avant de mourir l’homme le plus furibond d’Europe. »
Idées- « Quelques mots au sujet de mes opinions politiques au cas ou vous auriez l’idée de me recruter ! – Je suis socialiste nihiliste, républicain, tout ce qui est à l’opposé des réactionnaires ! C’est une affaire de sensibilité car je suis proche de Jean-Jacques lorsqu’il s’agit de retour à la Nature : j’aimerais contribuer à mettre tout sens dessus dessous, pour voir ce qui se trouve au fond ; je crois que nous sommes si embrouillés, si asservis, que cela ne pourra guère s’arranger; il faut tout brûler, faire sauter – et puis recommencer ! »
Paris- « Juste un conseil – mais tu as le droit de m’envoyer promener ! Ne pars pas de l’a priori selon lequel mes idées sur la culture et sur Paris seraient erronées ! Et ne te laisse pas duper par ce dernier ! C’est une auberge où les Européens viennent pour se souler et pour baiser, et où les théâtres font offices de marché aux putes ! »
Régime végétarien- « N’abrégez pas votre vie inutilement par fanatisme, quelle qu’en soit la nature ! Ce n’est pas que j’attache beaucoup de prix à l’existence. Si votre esprit est plus apaisé grâce au régime végétarien, ne vous en privez pas, quelques années agitées de plus ou de moins ne font pas une grande différence ! Mais avoir constamment des ennuis de santé est un grand malheur ! Je soigne la mienne en me nourrissant presque exclusivement de viande et d’œufs ! »
Renommée- « J’ai un tas de projets littéraires, tous magnifiques, mais je n’arrive pas à me décider à les exécuter, même si je suis certain qu’ils m’assureraient la réussite et la « renommée » ! Hélas, ce qui, à l’heure actuelle, me pousse à faire de la littérature, c’est la perspective d’avoir une « renommée », car c’est elle qui donne du poids àce qu’on dit ! Mais en y cédant, je tombe dans des contradictions dont je ne pourrai jamais sortir ! Bref, je souhaite avoir assez de « renommée » pour qu’aucun doute ne subsiste sur mon talent – alors, je briserai ma plume en disant : voilà, finis les jeux, on va passer aux choses sérieuses ! »
Tohu-bohu- « J’ai des attaques de l’optimisme le plus déréglé, c’est comme si j’étais fendu en deux et que tout cela déferlait au-dehors dans un gigantesque tohu-bohu ! »
Visions- « Je me sens grand et fort après avoir passé trois journées au lit en m’abandonnant à mes visions, nagé dans le lac et dormi la nuit. Tu te rends compte, Lie : j’ai découvert que je ne suis pas un auteur réaliste ! J’écris le mieux quand j’hallucine ! Mon histoire dans Udeog Hiemme est entièrement faite de visions ! »
Voyou- « J’aime les voyous et je veux être un voyou des lettres. Qui financera l’entreprise ? Cela m’est complètement égal, je ne suis pas socialiste pour rien. Le capital c’est… le capital ! J’écris pour la classe inférieure des livres dont l’impression coûte si cher que ces gens ne pourront jamais les acheter. Et dans une langue si « cultivée » qu’ils ne la comprennent même pas ! Il faut que je « m’abaisse » pour employer le terme de mes amis démocrates. Je n’écris pas pour l’immortalité ni pour l’Académie ! »
