EMMANUELLE FAVIER
Litanie babélienne
Traduit en trente-cinq langues
avec la collaboration d’écrivains, musiciens,
artistes et chercheurs
Litanie
Au-delà du clocher
Au-delà de l’aube
Par derrière la pensive
fumée.
Texte original d’Emmanuelle Favier, poétesse et romancière
Traduit en anglais (Australie) par Viviane Vagh, artiste visuelle et scénique
Traduit en maltais par Karl Fiorini, compositeur
Traduit en espagnol (Argentine) par Luis Thenon, dramaturge
Traduit en arabe par Yahia Belaskri, romancier et poète
Traduit en albanais par Luan Rama, poète et romancier
Traduit en italien par Chiara Merlo, poétesse et professeure d’italien
Traduit en allemand (Autriche) par Laura Freudenthaler, romancière
Traduit en roumain par Irina Teodorescu, romancière
Traduit en russe par Ania Redkina
Traduit en guarani par Víctor Hugo Ramos, anthropologue
Traduit en néerlandais par Pieter-Jelle de Boer, chef d’orchestre et pianiste
Traduit en japonais par Miho Kanaya, professeure de danse classique
Traduit en macédonien par Gjorgji Cincievski, contrebassiste
Traduit en latin par Anna McHugh, professeure de langues anciennes
Traduit en hongrois par Gyöngyvér Szentkereszty, danseuse contemporaine
Traduit en ukrainien par Alex Stukalenko, pianiste
Traduit en grec par Christina Athinodorou, compositrice
Traduit en polonais par Julia Miller, pianiste
Traduit en tchèque par Lenka Hornakova-Civade, peintre et écrivain
Traduit en croate par Franko Bozak, accordéoniste
Traduit en suédois par Oskar Ekberg, pianiste
Traduit en gaélique par Mindy MacLeod, animateur radio
Traduit en tamaziɣt par Yalla Seddiki, écrivain
Traduit en hébreu par Sarah Peguine, galeriste
Traduit en danois par Morten K. Roesen, metteur en scène
Traduit en innu-aimun par Laure Morali, poète, avec la contribution de Joséphine Bacon, poète
Traduit en hindi par Ipsita Sarkar
Traduit en portugais par Valérie Ferreira, enseignante et comédienne
Traduit en créole capverdien par Jorge Humberto, artiste et compositeur
Traduit en quechua par Venexiana H., écrivaine et exploratrice
Traduit en kikoongo par Jean de Dieu N’sondé, chercheur et historien
Traduit en arménien par Aram Kerovpyan, musicien et chercheur
Traduit en breton par Étienne Sibéril, musicien et comédien
Traduit en créole haïtien par Louis-Philippe Dalembert, romancier et poète
Traduit en kurde par Suzan Samanci, écrivaine et journaliste
« Pendant la période de la pandémie, qui a si bien su nous couper du monde, des humains et de la nature, et donc de la poésie qui est la transcription de ce que suscite en nous le surgissement de l’altérité, j’ai demandé à trente-cinq auteurs et artistes connaissant une autre langue que le français de traduire un petit poème publié dans mon tout premier recueil (À chaque pas, une odeur, Librairie-Galerie Racine, 2002).
Ce fut l’occasion de me reconnecter avec des êtres vivant et pensant aux quatre coins du monde. Des fils se tendaient par-dessus les continents, par-delà les mers, grâce au désir de ces hommes et de ces femmes de partager, par le geste de la traduction, un espace préservé de poésie et d’humanité. Surtout, le fait de voir transposée dans d’autres langues, qui sont autant de visions du monde, une intuition déjà lointaine pour moi, cette capsule trompeuse de ce que j’étais alors, a été l’occasion de relire celle-ci, avec la double distance du temps et de l’altérité.C’est ce que provoque toute traduction, cette étrangéité de notre paysage intérieur dès qu’il est approprié par le lecteur, qui est lui-même déjà un traducteur. Une réécriture de soi et de la manière dont les mots sont transformés par l’interaction avec autrui.Que tous les traducteurs soient ici remerciés pour ce cadeau qu’ils m’ont fait. » Emmanuelle Favier
