« Il y a différentes sortes de silence. Celui que prescrivent aux citoyens des forces tyranniques qui leur volent leur passé, récrivent leur histoire et leur imposent une identité établie par l’État. Ou celui des témoins qui choisissent d’oublier ou de nier la vérité, et des victimes qui par moments deviennent complices des crimes commis contre elles. Et puis il y a celui dans lequel nous nous complaisons quand il s’agit de nous-mêmes, de nos mythologiespersonnelles, les histoires que nous plaquons sur notre vie réelle. Ce livre est en quelque sorte une réponse au censeur et à l’inquisiteur qui vit en moi. »

Azar Nafisi, Mémoires captives