« À 42 ans, une écrivaine ratée dresse un état des lieux de son existence : entre ses enfants absents, son mari malade et ses manuscrits refusés par les éditeurs, elle se sent définitivement invisible. Aussi décide-t-elle de tout plaquer pour se lancer dans une reconversion professionnelle inattendue en devenant pédicure. Chaque jour, elle emprunte les transports en commun en direction du quartier de Marzahn et du petit salon d’esthétique dans lequel elle officie. Elle reçoit aimablement ses clients et, tout en exfoliant les talons, soignant les ongles incarnés et massant les pieds endoloris, elle les écoute raconter leur quotidien, leurs petits bonheurs et leurs intimes souffrances. Il y a Peggy, la femme aux pieds soignés qui s’offre une séance de pédicure en attendant que son chien sorte de chez le toiletteur. Il y a Fritz et ses pieds « d’une beauté antique », abîmés par les chaussures de sécurité, qui gravit quotidiennement les marches des quinze étages de son immeuble pour se maintenir en forme. Il y a la Mère Noll qui sourit quand la fraiseuse vrombit et en oublierait presque, l’espace d’un instant, sa solitude et sa fille tyrannique. Il y a Herr Pietsch qui fut un homme important, du temps de la RDA, et qui vient faire soigner ses pieds de randonneur tout en espérant trouver une femme à qui faire l’amour. Autant de tranches de vie qui se déploient dans un murmure, un sourire, avec pudeur ou décontraction, les pieds enveloppés de lotion exfoliante et les ongles taillés avec précaution. Sous la lime de la pédicure, les coeurs s’ouvrent et les langues se délient, les regrets se chuchotent, les larmes se ravalent et les rires fusent aussi vite que les potins. Katja Oskamp nous offre une comédie humaine bourrée de tendresse, racontant les liens qui se tissent de façon inattendue et l’importance que revêt l’intérêt que l’on porte à ses semblables. Un récit doux et réconfortant dont les héros, abîmés par la vie, racontent le quotidien de Marzahn, quartier populaire au demeurant peu propice au rêve, qui fut la plus grande cité de préfabriqués de RDA. Un petit trésor d‘humanité et d’authenticité qui illumine cette rentrée littéraire. » Evelyne, La Petite Libraire d’Ars-sur-Moselle
