Les Limites de la nuit
Traduit de l’espagnol (Mexique) par François Gaudry
"Solitaires, parfois résignés, les personnages de cette tragi-comédie nocturne sont des fantômes égarés aux frontières de l'aube. Eduardo Antonio Parra, dont le style rappelle parfois Jay McInerney, nous rappelle qu'il n'y a pas que des étoiles dans la nuit." 
Fabrice Lardreau, Transfuge
En neuf nouvelles haletantes, Eduardo Antonio Parra nous offre une manière de roman à épisodes consacré à la nuit mexicaine, tragique et infiniment solitaire, des prostituées, des cholos, ou coyotes de rue, et des noceurs invétérés. Avec une force d’évocation hallucinante, l’auteur campe des personnages pris au piège du désir, appel fiévreux des corps ou folie charnelle de la vengeance. Une sensualité trouble, qui se manifeste en bouffées de violence à couper le souffle, imprègne cette écriture des limites autant qu’elle anime chacun des personnages. Ici la description colle à l’action, comme au cinéma, mais avec une passion suffoquée, obsessionnelle, qui semble être le bruissement même de la vie qui chancelle et du sang qui bat.
Dans la rumeur hantée du Río Bravo, ces histoires de meurtre, de pulsions chaotiques et d’amour éperdu révèlent un écrivain de haute allure.

 
Quelques mots sur l'auteur
 
Eduardo Antonio Parra s’inscrit avec virtuosité dans la grande littérature mexicaine des Juan Rulfo et Carlos Fuentes. Ses nouvelles se situent dans la région frontalière du Nord, le long du Río Bravo (qu’on appelle Rio Grande côté gringos), avec des villes comme Ciudad Juárez, réputée être l’une des plus dangereuses au monde, ou à Monterrey, d’où il est originaire, et « qui engendre, écrit-il, des animaux nocturnes assoiffés de sang ». Prix Antonin Artaud 2009.
 
 
 
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En neuf nouvelles haletantes, Eduardo Antonio Parra nous offre une manière de roman à épisodes consacré à la nuit mexicaine des  prostituées, des cholos ou coyotes de rue et des noceurs invétérés, tragique et infiniment solitaire, vouée aux effigies à face de squelette ricanant de la drogue et du sexe, de ce Mexique comme enivré des effluves du désir et de la mort, que nous révélèrent en leur temps un Juan Rulfo dans son Pedro Paramo ou l’auteur d’Au-dessous du volcan. La vengeance primitive exaltée par un Borges, la jouissance dans la mort évoquant un Mishima, mais aussi cette très bunuelienne prostituée qui, comme une déesse, n’ose pas s’offrir à la chiennerie humaine : « Dehors, elle inspira l’haleine putride de la nuit. Ça sentait la chaleur, la sueur desséchée, les ordures. » Ou ce minable escroc, rescapé du plus épouvantable châtiment que seul un Poe eût pu décrire ; ou encore ce chasseur de prime échappé d’un western de Leone ou de Sturge, qui semble ne pouvoir accomplir sa mission qu’en s’identifiant corps et âme à sa proie. Tout se passe face au vide ultime, quand le néant grimace, avec soudain, parfois, un sourire qui s’agrandit dans le pub du dernier verre où une cumbia hystérique crève les haut-parleurs. Dans la rumeur hantée du Rio Bravo où roule la foule des noyés qui crurent atteindre l’autre rive, ces histoires de meurtre, de pulsions chaotiques et d’amour éperdu révèlent un écrivain de haute allure. Lauréat du prix Antonin Artaud pour ce recueil en 2009, Eduardo Antonio Parra qui décrit par les marges, à travers une cohorte de drogués, d’indigents, de voyous et de travestis, les villes frontalières comme Monterrey où il demeure, les déserts de Chihuahua et les spectres du Rio Bravo, s’inscrit avec maestria dans la grande littérature mexicaine des Juan Rulfo et Carlos Fuentes.



12,5 x 19 cm •
208 pages

ISBN 978-2-84304-555-4

18,30 €

Disponible - paru le 07/04/11


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