« Dis donc, la petite dernière n’a toujours pas de nom. »
Mon père a regardé ses enfants comme s’il les comptait.
« En général, on leur donne un nom jusqu’au sixième, même quand il y a des jumeaux, mais au-delà… c’est trop, et moi, je ne connais pas suffisamment de caractères.
– Tu as étudié à l’université, tu parles chinois et russe, tu sais lire les caractères, et tu ne saurais pas trouver de nom pour ta fille…? Dis-moi, tu l’avais abandonnée dans la forêt, n’est-ce pas ? »
C’est ainsi que ma grand-mère a décidé de m’appeler « Bari », l’abandonnée. Mais ce n’est que beaucoup plus tard, après mille tourments à travers le vaste monde, que j’ai compris le sens du nom choisi pour moi par mon aïeule. »
Hwang Sok-yong, Princesse Bari
