« « Moi, j’ai toujours aimé connaître tout ce qui arrive aux gens, bien que je ne sois pas bachelier… C’est parce que j’aime les gens. » Voilà comment commence cette histoire, celle d’un vieux jardinier qui se rappelle cette merveilleuse villa donnant sur la mer, propriété de Monsieur Francesc et de sa femme Rosamaria. Il se souvient de Quima, la cuisinière, de Feliu, le peintre, et des femmes de chambre. Tout un monde qui anime et fait vivre la maison. On entre dans cette histoire comme on entrerait dans le jardin de cette demeure dont il aimait tant s’occuper, sur la pointe des pieds, en prenant garde de ne pas écraser un parterre de fleurs, en prenant le temps de sentir toutes ces belles odeurs. Puis un jour, un nouveau voisin du nom de Bellom vient s’installer à côté. Surgit alors le passé comme une menace sur la villa. Mercè Rodoreda dresse une galerie de personnages dans cette douce promenade avec une grande finesse d’écriture. À travers le regard de ce jardinier, on vit les fêtes organisées par Monsieur Francesc, les promenades à cheval et les baignades mais toujours avec une distance, depuis la maison du jardinier et son regard bienveillant. C’est une histoire qui dépeint une certaine société de l’Espagne des années 1920. Une très belle histoire où chaque mot est poésie. »
Manon de la librairie Coiffard à Nantes