« Naval attendait que la pluie noire s’arrête, que l’air s’éclaircisse à nouveau et que ses filles rentrent de l’école, pour nettoyer leur guimpe à la Javel. Les gouttes noires ne partaient pas avec la lessive normale. Quand la pluie s’arrêtait, elle allait dans le jardin et ouvrait l’eau pour laver les fleurs et les myrtes. Les oiseaux étaient tachetés de noir. Les chats aussi. Ils passaient la journée à se lécher et à lécher leurs chatons. Naval mettait les petits mâles de côté, et les comptait. Rassoul lui avait dit de cesser de parler de garçon à tout bout de champ, mais elle savait bien qu’elle attendait un garçon. N’avait-il pas dit que les garçons recommençaient à naître ? »
Nasim Marashi, La Mère des palmiers
