« Pile une seconde avant que l’inspecteur Frost révèle l’identité du meurtrier, ma mère a fait irruption dans la chambre, me bouchant complètement la vue. Elle avait l’air dans tous ses états et agitait frénétiquement les bras en parlant à toute vitesse. Quand elle a vu que je la fixais d’un regard vide, elle s’est arrêtée, a repris son souffle et a tout répété. La tante Stana s’était étouffée avec un morceau de poulet. L’oncle Radomir l’avait trouvée sur le sol de la cuisine, toute bleue, les yeux exorbités. Je n’ai pas réussi à voir qui était le meurtrier. Quand maman s’est enfin écartée de devant la télé, c’était le générique de fin.
“L’horreur”, ai-je soufflé d’un ton dépité. »

Sladjana Nina Perković, Dans le fossé