Avec en mémoire la Chine de Confucius et du Tao, et la
tradition bouddhiste remontant à la période des Trois Royaumes (VIe
siècle), la littérature coréenne contemporaine est en prise directe
avec les fractures de l'histoire, depuis l'occupation japonaise et la
guerre mondiale qui s'achève par la division en deux États
indépendants, le Nord sous influence de la Chine maoïste, et le Sud tourné vers les
États-Unis. Ouverte en 1950, la guerre de Corée suspendue trois ans
plus tard par le cessez-le-feu de Panmunjeom, encore tacitement
déclarée, attend son dénouement dans un traité salvateur qui ouvrirait
à la réconciliation. Le no man's land, ligne Maginot ultra-militarisée,
de l'unique frontière en témoigne. Mais après le renversement de la
dictature en 1980, la Corée du Sud en plein essor économique,
travaillant à un programme de paix dans la réunification, interroge un
siècle de turbulences à travers sa très vivante culture, dans tous les
domaines, chorégraphique, cinématographique ou littéraire. Cette
dernière dimension a pris ces dernières années une ampleur
internationale avec la traduction d'écrivains majeurs, témoins de leur
histoire, comme Yi Sang (1910-1937), qui brosse dans son chef-d'œuvre
le portrait d'une génération idéaliste sacrifiée, le vagabond lyrique
Kim Yu-jong (1908-1937), Hwang Sok-yong qui restitue les voix des
vivants et des morts, victimes ou bourreaux lors des guerres et des
dictatures, ou encore Hwang Sun-won (1915-2000) autre figure majeure de
la littérature coréenne du XXe siècle, grand témoin de la colonisation
japonaise, de la partition du pays soumis aux impérialismes, et de
l'exode rural... Ces romanciers n'oublient jamais d'incarner leurs
personnages dans la chair des jours et le tissu des traditions. Initiée
par Hwang Sok-yong, grande figure de la résistance et du
combat pour la démocratie, la nouvelle génération d'écrivains nous
invite à découvrir les contrastes mystérieux de l'actuelle Corée,
miroir étrangement déformant où nos ambitions et nos désirs prennent
une fraîcheur nouvelle et une saveur incomparable d'éternité fugitive.
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Hwang Sok-yong Monsieur Han Littérature coréenne Médecin à Pyongyang, Monsieur Hangagne le Sud quand la guerre éclate.
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Eun Hee-kyung Les Boîtes de ma femme Littérature coréenne Sans pitié pour ses personnages, Eun Hee-kyung propose une savante introspection de soi et une approche très feutrée de l’énigmatique nature humaine.
Un texte mythique sur l’obsession amoureuse où dominent cynisme, autodérision et une puissante mélancolie devant les errements incompréhensibles du cœur et de l’âme humaine.
Hwang Sok-yong, né en 1943, fait sûrement partie des plus grands écrivains asiatiques de sa génération et des rares écrivains coréens qui sont lus et appréciés aussi bien au Sud qu’au Nord de la Corée. L’auteur de Shim Chong, fille vendue a obtenu de nombreux prix littéraires et a produit une œuvre qui reflète les tourments traversés par son pays. Son engagement lui a valu l’exil et la prison. La plupart de ses romans ont été traduits en plusieurs langues et sont lus dans le monde entier.