Le Trésor de la guerre d’Espagne
Récits d'enfance et de guerre
« Parmi tant de guerres, Serge Pey en a choisi une qui, pour lui, allait de soi. La guerre des siens, les enfants d'Espagne qui regardent les Grands se battre. Son livre a la saveur d'une grenade, il éclate en mille graines. Il est humble et flamboyant comme la terre du Sud, tragiquement beau comme pendant la guerre, beau comme la pauvreté des gens. »

La Dépêche

Héritier de la liberté et du combat de ses pères, tous républicains et résistants, Serge Pey nous offre avec ce Trésor de la guerre d’Espagne un fabuleux kaléidoscope d’histoires vraies. Son écriture porte en elle cette force des grands écrivains telluriques comme Giono ou Faulkner, et parvient à nous rendre présente, comme intimement vécue, l’aventure de ces enfants pris dans la tourmente des guerres et des répressions. Partout on chasse, on traque et on tue l’enfant des révoltes, le fils des opprimés, qui doit pour survivre trouver les ruses de l’animal.
Il y a un tel bonheur de conter chez Pey qu’on ne peut s’empêcher de se délecter de chacun de ces épisodes tragiques ou pathétiques. Rarement une écriture aura rendu avec une telle intensité la mémoire à la vie.

Martin Quenehen a reçu Serge Pey dans "Sur la route : Toulouse, ville éruptive" sur France Culture le 2 septembre, pour écouter l'émission c'est ici.

L'article de Laurence Rigollet paru dans Altermonde, n°28 - décembre 2011

« Ce n'est pas au singulier que le titre du livre de Serge Pey aurait dû être écrit, tant les textes de ce livre sont de véritables trésors de lecture. Ils composent les chapitres d'une même histoire, celle commencée avec la Guerre d'Espagne pour se poursuivre dans les années 1970 sous le régime de Franco. Mais ces textes se révèlent aussi des nouvelles indépendantes les unes des autres qui abordent avec poésie mais sans concession, les horreurs de la dictature franquiste. La Cega, Oncle Gilbraltar, Chucho et Floridor jalonnent en héros ces montagnes d'où dévalent des torrents de larmes, de sang, mais aussi d'ingéniosité pour lutter, résister, libérer le peuple garrotté. On se révolte dès L'assassinat, on pleure pour Un morceau de bois, on s'émeut devant Le voleur de cerises, on admire Le morse. Ce livre est un véritable antidote contre l'oubli : l'oubli des camps de concentration installés sur les plages du sud-ouest de la France, l'oubli des tortures perpétrées contre des enfants, l'oubli que l'Espagne était encore une dictature il y a 36 ans. »


 
Quelques mots sur l'auteur


Enfant de la guerre d'Espagne, établi à Toulouse où il enseigne la poésie contemporaine à l’université du Mirail, Serge Pey est par ailleurs un grand arpenteur d’horizons, de la Chine au Mexique ou au Nicaragua, un plasticien remarquable et un poète adulé pour ses performances shamaniques aux quatre coins du monde.
   
Pour en savoir plus...
    
Héritier de la liberté, ou du moins du combat de ses pères en Espagne et ailleurs, tous républicains et résistants, Serge Pey donne avec ce premier roman un fabuleux kaléidoscope d’histoires vraies. Son écriture étonnamment imagée porte en elle cette force des grands écrivains telluriques comme Giono ou Faulkner, et parvient à nous rendre présent, comme intimement vécue, l’aventure de ces enfants pris dans la tourmente des guerres et des répressions politiques et militaires. Partout on chasse, on traque et on tue l’enfant des révoltes, le fils des opprimés, qui doit pour survivre trouver les ruses de l’animal. Ce qui étonne par-dessus tout, c’est le pouvoir de la fable dans les moments les plus réalistes, comment l’auteur hausse les événements les plus dramatiques au prodige des hauts faits. Il y a un tel bonheur de conter chez Pey qu’on ne peut s’empêcher de se délecter de chacun de ces épisodes tragiques ou pathétiques. Tout est enchaînement d’images puissantes, explosion de vitalité jusque dans la mort, magie saugrenue de l’enfance. Rarement une écriture aura rendu avec une telle intensité la mémoire à la vie. Car il s’agit de récits d’enfance et de guerre où l’autobiographie est comme amplifiée par la mise à l’épreuve de la mémoire.

Ce roman des enfances dévastées se déploie en une vingtaine d’histoires qui se déroulent pour la plupart dans les années trente ou quarante, lors de l’enfermement des réfugiés héroïques de la guerre d’Espagne, des républicains anarchistes et communistes dans les camps d’Argelès ou d’Arz. Mais la puissance évocatoire est telle qu’on pourrait se retrouver partout dans le monde où ont lieu aujourd’hui même les exactions des armées et des dictatures. La Cega, la grand-mère aveugle qui se promène dans la maison comme l’aiguille d’une horloge, incarne à elle seule la mémoire des survivants et des disparus. L’enfant prend au pied de la lettre ce qu’il entend, c’est comme ça que naît la métaphore et le récit. Ainsi quand on lui explique que la langue des adultes qu’il ne peut comprendre et qu’on ne veut lui enseigner c’est la langue des chiens , « parce qu’on nous traite comme des chiens », il va manger de la pâtée pour chien, persuadé ainsi de pouvoir s’incorporer cette langue des anciens. Quand les soldats escaladent la montagne pour assassiner un résistant caché dans une cabane, l’enfant témoin ne saurait croire leurs promesses de vie sauve et il s’enfuira à corps perdu sous les mots amicaux qui sifflent comme des balles. Comprend-il les étranges manigances des adultes, comme cette mère qui étend diversement son linge au pied des montagnes afin de transmettre on ne sait quel code secret aux hommes cachés là-haut, ou cet oncle endeuillé qui donne des noms humains au cercle d’arbres qui l’entoure ? Et ces atroces tonneaux dont on cloue le couvercle sur les gosses des rebelles. Plus facétieusement, car la tragédie, toujours au bord du fou rire et des larmes, se laisse emporter à la fin par les jeux éternels de l’enfance comme par l’ironie du vieillissement, il est aussi question d’un bijoutier qui fabrique des broches avec des scarabées vivants, de parties d’échecs où chaque pièce du jeu est remplacée par un verre d’alcool, des petits resquilleurs qui déchiffrent à l’envers les sous-titres du cinéma en plein air, d’une plage fameuse que les vieux réfugiés de retour pour les vacances vont creuser nuit après nuit à la recherche d’un trésor mythique…

Fils de réfugiés catalans, établi à Toulouse où il enseigne à l’université du Mirail la littérature et la poésie contemporaine, Serge Pey est par ailleurs un grand arpenteur d’horizons, de la Chine au Mexique ou au Nicaragua, un plasticien remarquable et un poète adulé pour ses performances shamaniques au quatre coins du monde. 



12,5 x 19 cm •
176 pages

ISBN 978-2-84304-561-5

16,80 €

Disponible - paru le 21/04/11


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