Le Jardin dans l'île
Nouvelles
Georges-Olivier Châteaureynaud a reçu le Prix Renaudot en 1982 pour la Faculté des songes.
Un après-midi de septembre, le courtier Delaunay, dont la réputation n'est plus à faire, propose ses services à un antiquaire. Qui lui commande les objets rares qu'il cherche pour ses meilleurs clients : tel sucrier en argent, telle tabatière du XIXe ou casquette d'officier anglais de la Grande Guerre... Et Delaunay les trouve. Toujours ! Sorcellerie ?
Entre réalisme et onirisme, Châteaureynaud construit en un style sobre et précis, teinté d’humour, des histoires où l’homme se trouve face à un monde qui se joue de lui. Que ses personnages soient  victime de persécutions (l’Importun); un acteur déchu (Figure humaine) ou un biographe hanté (Histoire du pâle petit jeune homme), tous sont confrontés à un no man’s land régi par d’obscures logiques, perturbés par des situations sur lesquelles ils n’ont pas prise.
L’imaginaire débridé de l’écrivain décrypte d’un œil perçant son objet jusqu’à le déformer et dérouter le lecteur. Si bien qu’un sentiment de trouble préside à la plupart des nouvelles ; plusieurs interprétations sont possibles. Les chutes, inquiétantes, déstabilisent. Cependant, à l’exemple de ses personnages, dont les récits prodigieux veillent à ne pas franchir les limites du crédible, Georges-Olivier Châteaureynaud suggère l’étrange plutôt qu’il ne le dit.


POUR EN SAVOIR PLUS...

 
« Du fantastique au merveilleux, de l’irrationnel en suspens à l’autre monde manifesté, il n’y a qu’un cillement qui retourne le rêve probable en incernable réveil. » 
Amateur d’antiquités et chineur – passion incarnée dans le Courtier Delaunay – Châteaureynaud fouille et exhume l’inattendu en toute chose. D’où cette écriture soucieuse du détail, d’une puissance parfois lunaire qu’Edgar Poe n’eût pas désavouée. Et ce rapport au temps, qui en est le prolongement. Passé, présent ou futur sont ainsi habilement entremêlés – voir Zinzolins et Nacarats, d’inspiration kafkaïenne et wellsienne.
Dans le Courtier Delaunay, encore, s’exprime à couvert une fascination pour la Maison. « Les regards habités sont si rares, de nos jours ! » lit-on à propos du regard du courtier qui ne quitte pas son appartement mais « passe la barre » pour dénicher l’introuvable. Habité par quoi ou par qui ? Passant la barre de quelles eaux redoutables ? Qu’il s’agisse d’une prison de marbre (L’Inhabitable), d’un pavillon de banlieue symbole d’une enfance perdue (L’Enclos) ou d’un manoir provincial (Château Naguère), l’auteur s’attache à la relation profonde qui unit l’homme à sa demeure et aux lieux. Donc au réel.
Ouvertes et fermées, ses fins se dérobent sous nos pas, encerclent avant de s’évanouir, comme par enchantement. 



LA QUATRIEME DE COUVERTURE
 

Un après-midi de septembre, le courtier Delaunay, dont la réputation n'est plus à faire, propose ses services à un antiquaire. Qui lui commande les objets rares qu'il cherche pour ses meilleurs clients : tel sucrier en argent, telle tabatière du XIXe ou casquette d'officier anglais de la Grande Guerre... Et Delaunay les trouve. Toujours ! C'est à n'y plus rien comprendre. À en perdre la raison.

Châteaureynaud excelle ainsi à faire basculer d'un monde dans l'autre, qu'on appelle fantastique. Avec sobriété, humour et élégance... comme un jardin inattendu dans une île battue par les vents.

Le Jardin dans l'île est magique parce qu'il nous perd, en faisant semblant de nous diriger. Il obéit à ce qu'il y a de meilleur en littérature : le mensonge.
Joël Schmidt, Réforme





12 x 18 cm •
176 pages

ISBN 978-2-84304-301-7

14 € •
A paraître le 11/03/10


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