Dans beaucoup de mythologies, l’âme est un oiseau. Si le corps appartient à la terre, l’âme se lie au ciel... Et l’homme ne cesse de vouloir s’affranchir de son corps, et d’envier le vol des oiseaux. Bien sûr Erik Sablé a lu Rémy Chauvin et Konrad Lorenz. Mais il a aussi beaucoup observé les oiseaux, dont la vie ressemble parfois étrangement à celle des humains et peut lui servir de miroir.
Ainsi les migrations, les parades, les chants, les combats, la nidification, l’œuf, etc. sont tour à tour l’objet de pensées où se mêle aussi le rêve et l’humour. Sans oublier l’oiseau Rokh des Mille et une nuits ou bien le mythique Simorgh des contes persans. Finalement, sa réflexion s’étend à tout ce qui porte une aile : l’âme, l’ange, saint François, les chamans de la préhistoire ou les « immortels » taoïstes qui se mêlaient aux nuages...
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« Un délicieux petit livre léger comme une plume. » Marie France
« [Tant] de questions [sur le mode de vie des oiseaux] auxquelles Erik Sablé, grand spécialiste de la gent volatile, répond à la manière mélodieuse et sensible de la huppe ou du pinson. »Le Nouvel Observateur
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La première page...
Les Dénés sont une peuplade du Nord-Ouest du Canada. Ils habitent les steppes et les forêts qui s’étendent entre la baie d’Hudson, les montagnes Rocheuses, la mer glacée et le grand lac des ours. Ils doivent leur nom à leurs vêtements d’hiver entièrement faits de lanières en peau de lapin blanc. Ils sont vifs, rieurs, enthousiastes, et très aimants. Ils chassent le renne, pêchent, se livrent au commerce et vivent en commun dans de grands villages volants. C’est du moins ainsi qu’ils sont décrits par un explorateur français de la fin du XIXe, Emile Petitot, qui vécut vingt ans (de 1862 à 1882) parmi les peuples du Grand Nord canadien. (...) C’est lui qui rapporta l’histoire suivante. Elle lui fut racontée par la vieille Lizette Kha-tchô-ti au Fort de Bonne-Espérance...
Deux frères partageaient la même vie. Un jour, ils partirent à la chasse et s’égarèrent sur l’Océan. Ils furent emportés bien loin de leur pays, vers des rivages qu’ils ne connaissaient pas. Bientôt une terre immense apparut à leurs regards étonnés. Ils y abordèrent et partirent tous deux sur un sentier battu par les vents. Ils marchèrent des jours, des mois, des années. Il y avait tantôt de grandes forêts surmontées de pics glacés, tantôt des plaines sans fin où ils croisaient des animaux étranges. Ils cherchaient toujours à retrouver leur terre natale.
Un jour, ils aperçurent une grande tente. Une femme d’une ravissante beauté était là. Elle leur dit : « Je suis l’esprit du Soleil, et mon mari est l’esprit de la Lune. » Elle les invita à entrer et leur donna à manger de la viande de caribou. Bientôt son mari arriva. Il portait deux grandes ailes qui lui permettaient de planer lorsque venait la nuit. Après avoir dormi, il leur demanda de se blottir sous ses ailes et partit en courant comme le fait la Lune dans les nuages. Puis il leur donna ses plumes et grâce à elles, ils descendirent sur la terre d’en bas et retrouvèrent leur pays natal. Alors les plumes de l’homme de la Lune se changèrent en la multitude des oiseaux qui peuplent notre monde...