Orphelin et employé dans une poissonnerie, Marc passe pour un pauvre
type un peu simplet. En tout cas, aux yeux de sa sœur et de sa femme.
Mais quand il devient riche en gagnant au loto, puis en héritant de la
fortune d'une vieille dame à toutou, les choses changent. Les
événements se précipitent. L'accident arrive.
Presque aveugle, traumatisé au point de ne plus parler, Marc se
retrouve dans un établissement spécialisé. Un château, près d'un fleuve
où le promène Mireille, son infirmière. La seule qu'il affectionne, à
la différence de sa famille qui désormais cherche à profiter de son
infirmité pour lui extorquer son argent. On peut dire alors que sa
nouvelle « vie de château » l'arrange, lui permet de fuir la
médiocrité, la méchanceté et la rapacité humaines. Jusqu'au moment où
les éléments s'en mêlent : l'orage, le fleuve qui sort de son lit,
inonde le château. Le toit s'écroule. Le flux de la vie et de la mort
emporte tout. Marc est enfoui sous les décombres. Va-t-il enfin s'en
sortir ?
Dans sa satire de la mesquinerie et de la petitesse des comportements
humains, Pascal Garnier excelle à rendre les situations et les êtres
absurdes ou désopilants. Il renverse les idées reçues, dégomme clichés,
fausses valeurs et préjugés - dans un grand éclat de rire au profit
d'une tendresse émouvante, même poignante, face à la cruauté quasi
existentielle de la vie quotidienne.
« Pascal Garnier fond dans un même élan réalité et fiction, nargue les
bons sentiments, rejette l'air du temps, met à la trappe cynisme et
mépris. Rien qu'avec de pauvres mots, de pauvres vies, cet écrivain-là
irradie la littérature française de sincérité et de générosité. Chapeau
bas. »
Martine Laval, Télérama.