Ce deuxième volume de la correspondance d’August Strindberg couvre une dizaine d’années. Strindberg se marie avec Siri von Essen qu’il incite à monter sur scène et à interpréter des rôles écrits pour elle. De ces années datent des chefs-d’œuvre comme Mademoiselle Julie ou le Fils de la servante… Le divorce, les ennuis d’argent, les voyages en Europe qu’il rêve de « conquérir », en passant par Paris, ne l’empêchent pas de convoler à nouveau, toujours en proie à de fortes contradictions.
L’homme encore heureux, que dévoile le premier volume de jeunesse, cède la place à une âme inquiète, solitaire, insatisfaite et violente que révèle sa correspondance, immense archipel de la littérature scandinave, formidable entreprise d’investigation intellectuelle et sensible.
Elena Balzamo est à l’origine de la présente édition de la correspondance de Strindberg, en trois volumes, aux éditions Zulma. Essayiste et traductrice, elle a consacré plusieurs livres à la vie et à l’œuvre de l’écrivain, et traduit aussi bien son théâtre – Mademoiselle Julie, la Danse de mort – que ses œuvres en prose, romans et nouvelles, dont le Rêve de Torkel (Zulma, 2007).
Pour sa traduction de la correspondance de Strindberg, elle a reçu la bourse Jean Gattégno 2010, ainsi que le Prix Sévigné de littérature étrangère 2010-2011.
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Revue de presse
Ce second tome de la correspondance du plus grand récriminant que la terre ait jamais porté creuse encore davantage les errements et tourments d'un homme incapable de trouver sa place dans une société qu'il exècre et qui le lui rend bien...
Mécontent de tout sauf de lui-même, l'auteur du Plaidoyer d'un fou déboule sur le dos de sa fureur. Ses lettres sont à porter à son dossier. A charge et à décharge.
Laurence Liban - L'Express
«L'effrayant Strindberg. Cette fureur, ces pages arrachées à la force du poing», écrit Kafka dans son Journal. Le deuxième tome de la Correspondance de l'écrivain suédois né en 1849 et mort en 1912, qui couvre les années 1885-1894 où il écrit à la fois Mademoiselle Julie et le Fils de la servante (un chef-d'oeuvre théâtral et un autobiographique), montre la rage apportée par Strindberg à être Strindberg. Les femmes, le roman, la politique, rien ne doit rester debout. Ce n'est qu'à ce prix qu'on peut atteindre «le plus difficile» : «être honnête»...
L'écrivain a «démasqué la fiction littéraire», désormais assuré que «nous ne connaissons que des fragments de l'existence des autres et nous ne pouvons écrire qu'un seul roman, celui de notre propre vie.»
Mathieu Lindon - Libération