« Un homme d'affaires en concurrence avec un confrère pour la signature
d'un gros contrat décide de piéger son rival en l'expédiant, avec son
associé et sa famille, dans un chalet de montagne quelque part en
Europe de l'Est, sous le prétexte fallacieux d'une réunion de travail.
Le chalet, inaccessible par la route, est coupé du monde. L'homme
d'affaires abandonne ses hôtes et compte profiter de leur isolement
pour signer le contrat. Mais voilà qu'il est victime d'un accident de
la circulation. Un long huis clos commence dont Emmanuel Ménard va
tirer toutes les conséquences. Diabolique. »
Lionel Germain, Sud-Ouest Dimanche.
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"Puis, comme une vague qui se retire après avoir recouvert le sable, ces idées disparurent, la maison reprit le dessus : si le chalet brûlait, comment, lui, survivrait-il jusqu'au retour de Mardel? Et si on le retrouvait, seul avec huit cadavres, ne quitterait-il le chalet que pour aller croupir au fond d'une prison? Non, pour l'instant, ils étaient les plus forts et ils le savaient. Mais plus tard viendrait l'heure de la vengeance, quand ils seraient sortis d'ici... s'ils en sortaient.
Le gros homme ouvrit la fenêtre. Le froid s'engouffra dans la chambre avec voracité. Quelques flocons de neige entrèrent également et disparurent aussitôt, ne laissant que de minuscules traves d'humidité sur le plancher. Winock sourit à la nuit, il sourit à l'immensité déserte autour de lui. Il sourit en songeant comme ce serait bon de serrer entre ses doigts la vie de ces salauds, de la serrer et, lentement, de la broyer..."
Emmanuel Ménard,
Cannibales.