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Jeux littéraires

Retrouvez nos Jeux littéraires dès septembre 2013, en même temps que la nouvelle édition du Nouveau Magasin d’écriture, de Hubert Haddad.
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Librairie Saint-Christophe


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Librairie Saint-Christophe
Rue du Général de Gaulle
29260 Lesneven
02 98 83 01 97
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RESPONSABLE(S)
Jean-François Delapré


Kei Miller
By the rivers of Babylon
« Savez-vous qu’à Augustown, quartier de Kingston, Jamaïque, on ne rigole pas beaucoup avec les dreadlocks. Aussi, quand Monsieur Saint-Josephs a coupé les tresses de Kaïa, comment ne pouvait-il pas imaginer que toutes les foudres des esprits allaient finir par fondre sur lui et l’engloutir tout entier au moment de l’autoclapse, ce moment où l’Apocalypse, oui, entendez-vous bien, vous les gens de peu, les gens de rien, rien de moins que l’Apocalypse !!! Heureusement, Ma Tafy, la grand-mère de Kaïa connaît tout ce qui tisse la communauté, toutes ces légendes rastafaris qui circulent de bouches en bouches, la nuit. Et il y a Gina, la mère, celle qui va apprendre, sortir du ghetto, tenter d’aimer Matthew, le blanc, même si comme dit Ma Tafy : “Laisser un idiot t’embrasser, passe encore, mais laisser un baiser faire de toi une idiote, ça non !” Alors Matthew s’en ira bien sûr et les dreads de Kaïa traîneront sur le sol comme de vieux chiffons sales. Gina fera alors ce qui lui restait à faire, prendre des rues qu’elle ne connaît plus, retourner jusqu’à l’école de Monsieur Saint-Josephs. Alors le poète qu’est Kei Miller prend la voix de la douleur, les mots s’envolent vers cette rumeur qui enfle, Gina avance encore franchit la porte… C’est le temps de l’autoclapse, le temps de la fin des temps, la fin du livre qui laisse sans voix, la gorge nouée, le ventre vide, je crois même la larme qui coule de l’œil mort. Alors, vous remettez le 33 tours sur la platine, le disque est vieux, craque un peu… Redemption Song et ses trois accords, la nuit est calme, l’esprit de Gina vole ici ou là-bas, enfin quelque part. » Jean-François Delapré




Marcus Malte
Le Garçon
« C’est un homme sans nom, un homme sans passé et qui dit sans nom dit sans père, surgi du fond de la terre, de la forêt, de la mer qui sait, un homme sans nom n’a pas de lieu, ni d’enfance, ni rien qui puisse le faire pleurer, ou le faire rire, rien qui ne puisse lui apprendre la douleur, le manque, sait-il même ce qu’il porte sur son dos. Il avance comme une hydre bossue, il arrive de nulle part, il a faim, il a froid, il a le monde sur son dos, il a mal, il a peur, il avance le ventre vide et le dos courbé, il n’a pas de nom, il est le garçon. Il avance vers le monde connu, connu de tous, mais pas de lui, ni de sa mère qui meurt sur son dos. Nous sommes en 1908, ce monde a huit ans aurait dit Hugo et le garçon avance vers le monde qui parle. Le garçon apprend le monde en couleurs, les voix, les cris, les odeurs. Ce qui va suivre dans le roman sera l’apprentissage de la vie, auprès d’Emma qui va le faire naître à l’amour, tantôt femme, amante, mère aussi, sans qu’il n’existe toujours en tant que nom. Il sera celui qui la fait jouir, la fait pleurer, celui qui lui donne envie de meurtre sur la première qui d’une touche de piano lui donne envie de regarder ailleurs. Puis la guerre, celle de 14, celle qui réduit l’homme en copeaux humains, celle qui humilie, celle qui finit par donner un nom au garçon, dans les bombes, les bras arrachés, les crânes sans cerveaux, les jambes estropiées, le garçon se faufile et Emma l’attend, lui écrit, sans que jamais il ne sache lui répondre. Un jour, oui un jour, les balles se fracassent sur le garçon et c’est un autre livre qui s’ouvre. Un livre qu’il ne me sert à rien de vous dire, c’est à vous de l’ouvrir, de venir rencontrer le garçon et Emma, de venir vous blottir contre eux, jusqu’à la fin, car tout livre à une fin, celle-ci ira encore vous livrer une autre aventure. Si ce garçon n’a pas eu de nom, il aura traversé sa vie comme une flèche qui sur son dernier promontoire regardera les condors tournoyer et tournoyer encore, les seins d’Emma dans les yeux, les hanches d’Emma dans les yeux, Emma, tout simplement. »




Auður Ava Ólafsdóttir
Le rouge vif de la rhubarbe
« C’est le tout premier roman d’Auður Ava Ólafsdóttir que les Éditions Zulma nous confient en cette rentrée littéraire. Si je dis bien confier, c’est parce que c’est un roman fragile, tout comme son héroïne, la douce Ágústína. Née à l’arrière d’une voiture brinquebalante d’une mère extravagante et d’un père inconnu, Ágústína se perd dans les paysages sublimés de l’islande, Ágústína rêve, aidée en cela par Vermandur, ce père qu’elle n’a pas eu. Avec ses jambes de coton, elle sait qu’elle ne peut rêver qu’à ses limites, mais n’est-il pas vrai que lorsque qu’on ne sait pas qu’une chose est impossible, on peut la réaliser. Encore une fois, Auður Ava Ólafsdóttir nous enchante avec un roman lunaire et magique où chaque personnage recèle en lui cette petite lumière de folie qui, non seulement nous fait sourire, mais nous entraîne bien plus loin que l’on aurait pu penser. Comme une goutte de rosée, ce roman est fragile, transparent et délicat. Prenez garde à ce qu’il ne vous échappe… »




René Depestre
Popa Singer
« Il y a les mots qui transgressent la bêtise des hommes. Ceux de René Depestre sonnent comme un oriflamme à la gueule des imbéciles, et ça fait beaucoup, beaucoup de bien ! »




Hubert Haddad
Corps désirable
« C’est un roman étrange et fantastique que nous livre ici Hubert Haddad, une mise en abyme étonnante sur une société capable de domestiquer la mort, en permettant à une tête de survivre à l’incapacité motrice de son propre corps, et pourquoi pas à l’infini…
Écrit dans cette urgence nécessaire qui caractérise l’auteur, Corps désirable est un conte apocalyptique sur l’identité, mais aussi sur la chimie complexe mais éternelle du désir. »




Hubert Haddad

« Mâ en Japonais veut dire l’intervalle, la distance, mais pas celle qui éloigne, au contraire, celle qui unit. Dans ce nouveau roman, Hubert Haddad nous redonne à lire son japon, celui qui justement relie les êtres et les choses, le passé et le présent, le présent et le futur, car il est question de ce siècle qui a conduit ce pays d’une certaine forme de Moyen-Age jusqu’à l’inéluctable Fukushima. Mâ va nous mettre dans les pas de Taneda Shôichi. Shôichi a profondément aimé Saori, une femme qui a étudié l’œuvre immense du grand haïkiste Santôka. C’est dans la marche que Santôka a puisé l’inspiration, alors c’est ainsi que Shoîchi va tenter de retrouver le Maître. Dans cette traversée du pays, il va se confronter, non seulement aux éléments de la nature, au froid, au vent, à la pluie, mais aussi aux gens, aux malédictions, aux coutumes, aux faux-semblants.
C’est tout le talent d’Hubert Haddad de nous mener par le bout du nez dans cette aventure qui va traverser le vingtième siècle, en nous faisant poser toutes les questions qui valent sur l’existence, sur la foi, sur le minuscule de notre propre existence par rapport à la grandeur de l’univers, tout en nous distillant des haïkus immenses et prophétiques. Un texte encore une fois habité par la nécessité de la littérature pouvant sauver le monde, si du moins on prend le temps de s’y arrêter entre deux marches, deux routes, à cet instant précis où le « Mâ » se reconnaît tout simplement. »




Andri Snær Magnason
LoveStar
« Aussi, acceptez de prendre leurs pas et plongez dans ce bouquin aussi fou qu’un film de Terry Gilliam. Tout est foutraque et pourtant tout est vrai, car ici vous apprendrez réellement comment tomber dans la gueule du loup, vous serez convaincu d’être victime de la liberté, vous comprendrez ce qu’est l’Apocalypse et aussi qu’Adam et Eve s’appelaient peut-être finalement Indriði et Sigríður ! » Jean-François Delapré




Marcus Malte
Fannie et Freddie
« Dans ce recueil de deux longues nouvelles, Marcus Malte nous balance deux coups de poing en plein visage. La vie, d’après Marcus, n’est jamais un long fleuve tranquille, que ce soit à New-York où se passe la première nouvelle ou à la Seyne-sur-Mer où se passe la seconde. (...) Bouleversante d’un bout à l’autre, cette nouvelle prouve encore une fois tout le talent de Marcus Malte. » Jean-François Delapré




Jean-Marie Blas de Roblès
L’Île du Point Némo
« C’est drôle, je n’ai même pas envie de vous en parler, juste envie de vous dire pourquoi je l’ai aimé dès les premiers mots. C’est un livre qui m’a ramené à ma jeunesse, quand j’aimais les grands livres d’aventures, quand je me relevais la nuit pour finir un Jules Verne, quand j’attendais la fin des classes pour rouvrir un Siudmak, quand je prétextais une maladie pour rester au fond de mon lit avec un Bob Morane (si si, Bob Morane, c’était extrêmement jouissif !!!). Bref, je voulais vous dire qu’il y a tout ce dont vous avez rêvé dans ce roman qui va vous emmener à la rencontre de multiples mondes, dans de prodigieuses aventures, dans des mystères insondables, à la rencontre de personnages inoubliables. Bref, je voulais vous dire qu’il vient juste de sortir, et qu’il ne faut pas le rater ! » Jean-François Delapré




Auður Ava Ólafsdóttir
L'Exception
« Depuis ROSA CANDIDA, son premier roman traduit en français, Auður Ava Ólafsdóttir nous promène dans ses mondes imaginaires. Dans L'EXCEPTION, elle nous entraîne avec Maria, son héroïne, dans les méandres d’une vie de couple bien peu ordinaire. Quand Floki, son mari, lui annonce qu’il la quitte pour vivre avec son associé qui s’appelle…Floki, Maria tente de remonter le fil des onze années de vie commune, aidée en cela par sa voisine Perla, naine, nègre d’auteur de romans policiers, conseillère matrimoniale à l’occasion, ce qui lui permet d’émettre avis et hypothèses sur le futur de l’existence de Maria. Quand vous rajouterez à tout ceci que le père biologique de Maria débarque en Islande pour rencontrer sa fille et y mourir, vous comprendrez qu’il y a ici déjà assez de substance pour tricoter un roman où Woody Allen (dont un divan, mais je ne vous en dis pas plus…) serait magnifiquement à l’aise. Entre bavardages et marivaudages, Auður Ava Ólafsdóttir nous promène allègrement, avec beaucoup d’humour et de tendresse, dans ce fragile no man’s land des relations humaines, de ses faux-semblants et de ses non-dits, des conséquences de l’absence d’un père comme dans les difficultés d’assumer ce que l’on est, ou ce que l’on croit être. C’est un roman comme une gourmandise, avec un cœur acidulé, qui donne juste ce qu’il faut d’amertume et où celle qui tire les fils de la marionnette de la vie n’est sans doute pas celle que l’on pense. »




Nii Ayikwei Parkes
Notre quelque part
« C’est le bonheur de la littérature de créer ou recréer des mondes enfouis, ces mondes que nous ne prenons plus le temps de voir. C’est justement ce "notre quelque part" que Nii Ayikwei Parkes nous invite à retrouver, cet endroit où la vérité des éprouvettes n’est peut-être pas la seule qui vaille. Il aura suffi de la visite impromptue de la maîtresse d’un ministre, de son épouvante quand, pénétrant dans la case de Koffi Atta, elle découvrira des restes puants, pour que toute la vie paisible du village de Yao Poku soit bouleversée. Il va nous raconter, dans sa langue savoureuse, ce monde où légendes et histoires contées, en buvant de nombreuses calebasses de vin de palme, modifient les perceptions. Kayo Odammtten, tout frais émoulu médecin légiste de la police criminelle des Midlands en Angleterre, va réapprendre cette vie du village où les proverbes fusent, ou rien évidemment ne se passe comme il devrait. En affrontant le monde moderne à celui ancestral du Village, l’auteur nous interroge, nous envoie des signes, en mêlant les langues qui chantent où si on ne comprend pas tout, on ressent au fond du cœur le battement de l’adakaben, là-bas, au fond de la brousse qui rappelle aux anciens que "parfois, lorsque le mal commis est plus grand que nous, la justice doit quitter nos mains." Un roman aux forces invisibles… »




Hubert Haddad
Théorie de la vilaine petite fille
« Ce qu’il y a de formidable avec Hubert Haddad, c’est qu’il n’est jamais là où on l’attend et il nous le prouve encore une fois admirablement avec ce dernier roman qui nous entraîne sur les pas des sœurs Fox, dans cette Amérique des années 1850. Cette Amérique puritaine perfusée à la religion ne connaît aucun contradicteur, aussi  les sœurs Fox vont inventer le spiritisme comme d’autres vont à la messe. Dans leur vieille ferme hantée où chaque mur craque d’un ancêtre ou d’un représentant de commerce mort violemment, il est facile, pour tromper l’ennui, de se laisser aller à parler avec les esprits. Kate, la plus jeune des sœurs, devient la médium, Margaret la suit dans son jeu habile et Leah, l’aînée devine tout l’intérêt financier qui peut en résulter. Mais le plus habile des magiciens, c’est bien Hubert Haddad qui concocte un roman haut en couleurs, drôle et inventif, rusé comme peuvent l’être les sœurs au début de l’aventure. On imagine les chapeaux, les grandes robes, les moustaches qui s’inclinent, les tables qui tournent, les rires et les regards ahuris des crédules. Encore une fois, Hubert Haddad emporte tout et nous emporte dans son monde. Aussi, chapeau bas à l’un des écrivains les plus inventifs de la littérature française, un de ceux qui nous fait découvrir que l’au-delà factice est bien plus drôle souvent que la vie réelle. Qu’en pensent les sœurs Fox ? » Jean-François Delapré




Ferenc Karinthy
Épépé
Si vous ne connaissez pas encore la magnifique collection de poche des éditions Zulma, je ne saurais trop vous conseiller d’y entrer avec ce livre absolument fabuleux d’un auteur hongrois, Ferenc Karinthy: Epépé ou l’art de se perdre à tout point de vue! Vous prenez l’avion pour aller assister à un congrès de linguistique à Helsinki, jusque là, rien que du très normal. Vous vous endormez dans l’avion et quand vous en descendez, la première impression qui vous gagne est que cette ville ne ressemble pas vraiment à Helsinki. Comme vous avez oublié votre montre, il vous est impossible de savoir combien d’heures vous avez dormi, donc d’imaginer dans quel coin de la planète vous avez atterri. Voici ce qui arrive à Budaï, linguiste confirmé qui se retrouve en un endroit inconnu, où les gens parlent une langue inconnue, où rien ne ressemble à quelque chose de connu. De plus, l’écriture de ce pays semble encore plus inconnue que tout ce qu’il y a d’inconnu dans cette équation fantastique. Mais comme il est un homme raisonnable et raisonné, Budaï va tenter de comprendre la langue qui reste aussi hermétique qu’un sas de banque suisse. En se rapprochant de Epépé ( à moins que ce ne soit Bébé, ou Etiétié ou Edédé, ou Vévé, cette langue montre d’étranges signes de variation!!!) jeune fille qui s’occupe de l’ascenseur de l’hôtel, il pense pouvoir communiquer, mais… Au fur et à mesure qu’on suit Budaï dans ses efforts désespérés de comprendre, puis de fuir cette ville, on se rend compte de l’importance primordiale de la compréhension du monde dans lequel on vit pour ne serait-ce qu’y survivre, que l’absence des codes sociaux, moraux peuvent nous détruire à petit feu. Dans cette folie qui se dessine tout autour de lui, Budaï ne veut pas se résigner et il n’aura de cesse de tenter de sortir de ce cauchemar. Ferenc Karinthy réussit avec ce livre à nous captiver totalement, à nous entraîner dans les pas de Budaï, jusqu’à ce qu’on referme le livre, que l’on regarde autour de soi, alors on se pince, on se frotte les yeux, non tout va bien, allez, on va dire que tout va bien, ce n’était qu’une hallucination ! Jean-François Delapré




Daniel Morvan
Lucia Antonia, funambule
« C’est un livre fragile dont on tourne les pages avec toute la docilité qui sied aux œufs de Fabergé. C’est une œuvre sculptée dans les sables, sur les épands des paludiers, dans les humeurs des vagues, sur l’instabilité d’un fil d’araignée tissé entre deux oyats. C’est un livre qui ne se raconte pas, car une fois qu’on l’a lu, on n’a qu’une envie, le passer en cachette, sous le manteau, en disant : Chut, lis-le, lis ça, après on en parlera, mais pas avant, j’ai envie que toi aussi tu prennes les pas d’Arthénice et de Lucia Antonia, que tu apprennes le fil, si ténu, si prêt à rompre qu’on ne respire pas en le lisant. C’est un livre d’amour qui se balance entre le ciel et la terre. C’est un livre d’août qui aurait beaucoup plus à Mathilde en juillet…» Jean-François Delapré




Bergsveinn Birgisson
La Lettre à Helga
« Allez savoir pourquoi, certains livres agissent sur vous comme des aimants, qu’ils vous collent tant à la peau, tant au corps, tant à l’âme, qu’il vous est impossible de vous en dégager. Cette LETTRE À HELGA a cette évidente beauté. Une lettre magique à l’humanité sensible, indispensable.
Cher Bjarni, Voilà, je viens de finir ta lettre à Helga et comment te dire ? Je crois que tu as bien été capable de me tirer quelques larmes. J’ai caché mon mouchoir, mais ils ont bien vu que j’avais les yeux rouges. Oh, évidemment, j’ai protesté pour la forme, comment laisser croire qu’un vieil éleveur islandais de moutons pourrait m’émouvoir alors que, entre nous, j’en ai lu bien d’autres des romans. Oui, mais des comme le tien, en fait, je ne crois pas. Marteinn a bien fait de te sortir de la maison de retraite pour l’été, de te ramener sur les terres que tu fréquentais gamin, puis jeune homme, puis homme tout court. Et si la vue de ta chambre n’avait pas donné sur la ferme d’Helga et d’Hallgrìmur, est-ce que cela te serait venu de l’écrire, cette si longue lettre d’amour à celle que tu n’as jamais cessé d’aimer. Oui, je sais, marié à Unnur, était-ce bien raisonnable de t’enticher d’Helga ? Mais je te comprends, doit-on s’étonner que certaines choses arrivent ? Quand tu rappelles ce jour de décembre où tu as aidé Helga à mener les brebis au bélier, on devine qu’il y avait, dans ton esprit, un peu plus que de la camaraderie saine entre éleveurs. D’ailleurs, tu ne t’es pas longtemps caché, et quand elle t’a dit tout tranquillement que tu étais un expert palpeur, tu ne t’es pas mis à rougir, espèce de garnement, mais elle si, et c’est parfois juste comme ça que commencent les grandes histoires d’amour. J’avoue que parfois, dans ta lettre, tu ne prends pas de gants de soie pour appeler un chat un chat. Tu me rétorqueras certainement que la géographie des lieux n’incite pas tous les matins à la poésie. Du côté de Kolkustadir, quand souffle le vent du Nord, on trouve plus d’attraits à se calfeutrer dans le foin, et quand le soleil nous réchauffe à courir jusqu’aux Mamelons d’Helga. D’ailleurs, avant de mourir, pourrais-tu me dire où ils se cachent vraiment du côté de Göngukleif ? Parce que l’ennui avec vous, les éleveurs islandais, à force d’être nourri dès le biberon de sagas interminables, on se demande parfois s’il est réellement possible de démêler le vrai de l’écheveau que vous tissez ! Ce dont je suis certain, après avoir lu et relu ta lettre, c’est que tu devais sacrément l’aimer la douce Helga ! Et comme je sais que tu sauras garder ta langue, j’ai bien envie de te faire une confidence. Surtout, ne le prends pas mal, de toute manière, il y a prescription, mais si tu savais comme, moi aussi, je suis tombé amoureux d’elle, d’elle et jaloux de vous deux. Il n’y a pas d’évidence à l’amour, parce qu’il ne s’écrit pas toujours comme on le souhaiterait. On est maladroit, on espère qu’il suffit simplement de poser les mots les uns après les autres. Et bien non, ce que tu nous as raconté, mon cher Bjarni, c’est bien plus qu’une simple histoire d’amour, c’est un peu de l’histoire de l’humanité, à ta sauce islandaise, et je te le dis comme je le pense, elle est sacrément réussie, et la sauce, et l’histoire. Mais là où tu dois être parti désormais, tu ne m’écoutes plus, alors embrasse Helga bien fort pour moi… » Jean-François Delapré




Razvan Radulescu
La Vie et les Agissements d’Ilie Cazane
« Comment parler d’un système totalitaire sans sombrer dans une accumulation de drames, de noirceurs et d’atrocités ? Eh bien, venez découvrir la vie et les agissements d’Ilie Cazane où, avec une verve et un humour dévastateur, l’auteur nous parle d’un drôle de monde !

Jean-François Delapré




Makenzy Orcel
Les Immortelles
Coup de cœur de Jean-François Delapré




Enrique Serpa
Contrebande
Lu et conseillé par Jean-François Delapré.




Collectif
Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée
« Que sait-on de la Corée du Sud ? Que sait-on de ses écrivains ? C’est tout à l’honneur des Editions Zulma de nous proposer un cocktail détonnant de jeunes auteures coréennes. Bienvenue dans un autre monde !
Ce qui frappe en premier lieu, c’est la liberté de ton, cette manière si simple et si directe de poser les mots. Il y a dans leurs écritures une fraîcheur incroyable. L’art de la nouvelle est très difficile à maîtriser et ce qu’il y a d’admirable ici peut se résumer en peu. Ces huit nouvelles nous parlent de ce que peut-être un pays aux multiples facettes, vu au prisme des femmes et de ce qu’elles ont à dire dans une société coréenne dominée par les hommes.
Mais ce qui y est dit de plus beau, c’est aussi que la tradition, si importante et si prégnante surtout, ne se laisse pas étouffer. Quoi de plus présent que le culte des anciens et quoi de plus beau que le regard d’une mère dont un simple couteau sera le garant, l’évidence d’une vie à résumer.
Ce qui est étrange également, c’est que ces huit nouvelles se répondent et se correspondent. Elles auraient pu être écrites par un seul auteur, tant elles ont un effet miroir qui renvoie de l’une à l’autre, mais c’est bien évidemment la multiplicité des écrivains qui rend l’évidence des voix encore plus intense. Finalement, n’est-ce pas le meilleur moyen pour découvrir un pays que de lire ses nouvellistes. Ils nous proposent tous une photo singulière de leur monde qui change, entre nouvelles technologies et traditions séculaires, un monde où la femme a son rôle non seulement à jouer mais à dire et à montrer également qu’elle est une évidence dans la Corée d’aujourd’hui.
Il y a de la beauté à chaque page, non seulement dans les mots, mais surtout dans les attitudes des hommes et des femmes de cette Corée si secrète pour nous Français et qui se révèle bien plus qu’attachante, bouleversante d’humanité, car écrite par des femmes…
C’est un livre qui se referme avec un sourire et des larmes. »

Jean-François Delapré




Paul Wenz
L’Écharde
« Contemporain d'André Gide, Paul Wenz est de ces écrivains d'aventures qui sont allés chercher leur pitance de littérature sous d'autres latitudes. Dans L'Écharde, c'est d'Australie qu'il est question. Dans cette immensité de paysages, les hommes sont rudes et il n'y a pas de place souvent pour les mots.
Susie sera celle qui va bousculer l'ordonnancement de Tilfara, cette immense étendue du bush où les moutons ont autant de valeur qu'un simple litre d'eau.
Et tout ce qu'il y a de plus mauvais en l'homme va ici se trouver exacerbé. La haine, la violence, la sourde vengeance.
Bien sûr, il y a l'âpreté de la vie sur ces millions d'acres, mais il y a surtout la sécheresse des sentiments, qui, plus que celle de l'eau qui vient à manquer, fera basculer les êtres dans une brutalité sans nom.
C'est un roman sur l'homme face à la nature, mais également face à lui-même.
Paul Wenz avait cette faculté à capturer les sentiments du vent qui balaie la poussière des âmes. Il faut le lire. »

Jean-François Delapré




Hubert Haddad
Nouvelles du jour et de la nuit: la nuit
« Voilà comment, comment on devient accro, comment on ne sait plus par quel bout prendre les nouvelles du jour d'abord ou celles de la nuit après, après ou d'après. Ici tout se confond et tout se tient. Savez-vous cette différence entre auteur et écrivain, savez-vous que l'écrivain Haddad n'a rien de vain, rien que du partage de mots. Et il n'y pas qu'une histoire, il y a tant et tant. Chaque mot posé sur la ligne est le reflet de cette histoire qui ne s'imagine pas, qui tourne autour du mât de cocagne qu'on espère gravir. Ici, tout est haut, tout ça se mérite, mais la récompense est à la hauteur des mollets raclés et des mots agacés. Tout s'apprend, il suffit de savoir lire, prendre le temps de mordre aux mots de Hubert, laisser gagner le froid aux épaules parfois et la chaleur aussi, quand on ne s'y attend pas. Tout cela dans un coffret comme une offrande. »

Jean-François Delapré




Hubert Haddad
Géométrie d’un rêve
« C’est un roman foisonnant et baroque, l’opéra d’un narrateur insomniaque qui écrit son journal et mêle habilement ses rêves et sa réalité. Dans une langue magnifique, balayée par les vents d’une Bretagne sublimée, Hubert Haddad nous entraîne à la suite de Fedora, chanteuse lyrique, Amaya, la Japonaise dont le corps cache un mystère, d’autres encore. Une quête éperdue de l’amour, du monde qui s’enfuit, des mots qui frappent dans la nuit. »

Jean-François Delapré




Auður Ava Ólafsdóttir
Rosa candida
« Rosa candida est un livre rare où l’émotion et la grâce se disputent les premiers rôles. Une fois ouvert, il me fut impossible de le lâcher, tant j’étais sous le charme de cette écriture qui avait le charme envoûtant d’une rose à huit pétales. »

Jean-François Delapré