éditions zulma
Nouveautésà paraîtreactualités1000 librairiesforeign rightscontact


céytuapuléeIntranQu’îllitésNumériqueNewsletter


Ateliers d’écriture & jeux littéraires
Inscrivez-vous à notre Newsletter

Votre email :
Jeux littéraires

Retrouvez nos Jeux littéraires dès septembre 2013, en même temps que la nouvelle édition du Nouveau Magasin d’écriture, de Hubert Haddad.
      imprimer

Librairie Mollat


Le site de la librairie

Librairie Mollat
15, rue Vital-Carles
33080 Bordeaux Cedex
05 56 56 40 40
voir le plan
HORAIRES D’OUVERTURE
Du lundi au samedi de 9h30 à 19h30
Librairie Mollat


Jean-Marie Blas de Roblès
Dans l’épaisseur de la chair
« Pour faire simple, disons que les pieds-noirs sont des français d'origine algérienne. Mais ce serait une définition bien trop courte, bien trop anodine, bien trop irrespectueuse. Dans son roman, c'est toute une aventure que Jean-Marie Blas de Roblès nous conte ; une tragicomédie inspirée de l'histoire de son propre père. » Coup de cœur de Marilyn




Auður Ava Ólafsdóttir
L’Embellie
« L’Embellie est un livre rare à la fois mystérieux et merveilleux dans lequel on se laisse embarquer avec un plaisir inaltérable. »
Fleur Aldebert




Marcus Malte
Le Garçon
« Nous sommes en 1908. Depuis sa naissance, le garçon a vécu à l'abri de la civilisation. Quand sa mère décède, il part à la conquête de ce grand inconnu qu'est l'homme. Il a tout à connaître, tout à voir, tout à découvrir. Ceux qui depuis la nuit des temps construisent des objets et bâtissent des demeures savent reconnaître la vraie valeur des éléments qui les entourent. Les trésors cachés sont de peu d'intérêt, pense-t-il, puisque ses congénères n'y portent aucune attention. Les observer, les imiter, leur obéir voilà la clé pour accéder aux secrets de l'humanité même quand il s'agit de rites incompréhensibles au sujet d'un divin enfant. Son apprentissage se fait au gré des rencontres. Penser par soi-même dans un monde étranger est difficile. Heureusement qu'il croise des gens honnêtes qui diffusent leur savoir avec générosité, qui l'aident à s'adapter et à se rendre utile. Tout au long du roman, nous ne saurons pas son nom ni n'entendrons le son de sa voix. Mais les personnages qu'il aborde savent toujours comment communiquer bien qu'aucun ne le comprenne mieux qu'Emma. Vivre pour survivre était bon pour son quotidien dans la nature. Ici, il peut goûter aux plaisirs de la vie, connaître ce qu'il y a de plus beau. L'amour d'abord, le sexe ensuite. Une relation parfaite s'installe entre eux. Elle qui le considère pendant un temps comme un frère trouve en son confident un amant merveilleux. Ensemble, ils partiront à la découverte du corps, à tous ces délices difficilement avouables en ce début de XXe siècle. J'en ai déjà trop dit. Mais il est difficile de se taire après une telle lecture. Si la vie n'est qu'un cercle, une succession d'étapes qu'il faut répéter, alors il n'est que justice de lire ce roman une seconde fois pour en découvrir plus peut-être ou pour tout simplement apprécier une écriture douce, passionnée, vraie. » Marylin




Vanessa Barbara
Les Nuits de laitue
« Plongez dans ce roman fantaisiste venu tout droit du Brésil, et sillonnez les rues de ce petit village aux côtés d’une bande de joyeux lurons auxquels il vous sera impossible de ne pas vous attacher ! »




Hubert Haddad
Corps désirable
« Permettons-nous un peu d’humour noir pour dire qu’il est impossible de se détacher du prochain roman de Hubert Haddad avant la dernière page. Aussi passionnant que révoltant, CORPS DÉSIRABLE nous plonge dans ce débat éternel entre le progrès et l’éthique ou chacun à raison et tort à la fois. Un livre qui nous trouble mais qui ne nous perd pas, à découvrir le 20 août prochain. » Marilyn Anquetil




R. K. Narayan
Le Guide et la Danseuse
« Il n’y a rien de plus drôle qu’un quiproquo pour commencer une histoire, et en matière de quiproquo Narayan est loin d’être un amateur. Tout juste sorti de prison, Raju passe la nuit dans un temple abandonné et le lendemain matin, il découvre un paysan venu demander conseil au sage qu’il semble être. Un ex-détenu prêchant la bonne parole, nous aurons tout vu ! Néanmoins, la tromperie est le lot quotidien de notre narrateur qui va nous parler sans complexe des circonstances de son arrestation. Pour faire le point, rien de tel que de se remémorer les grandes étapes de sa vie. Raju n’était certes pas un bon élève ni un fils discipliné, mais en grandissant, il acquiert la capacité de s’adapter aux gens qu’il rencontre et aux situations. C’est ainsi que de commerçant il passe guide touristique pour finir par devenir une sorte d’imprésario. Comme vous l’aurez certainement compris, la vie de cet homme est complexe mais il l’aborde avec une telle nonchalance que nous pourrions finir par croire qu’il se moque du monde. Rien ne l’intéresse, sauf lui-même, et les quelques remords qu’ils éprouvent pour les autres sont aussi soudains que fugaces ; mais s’il est vrai que nous avons tous une destinée sur cette planète, Raju le découvrira à ses dépens car lorsqu’on se retrouve face à l’inévitable pourquoi essayer de se battre ? Attention, ne voyez ici aucune preuve de lâcheté car se serait un affront pour cet homme qui nous démontre que le plus grand des filous peut devenir un saint.
Voilà plus de dix ans que Narayan nous a quitté et heureusement que les éditions Zulma sont là pour confirmer que les écrits restent car, excepté le roman pour la jeunesse UN TIGRE POUR MALGUDI, seul LE GUIDE ET LA DANSEUSE est encore disponible dans la littérature pour adulte. C’est fort dommage car après avoir lu ce merveilleux ouvrage, on a qu’une envie : en découvrir un autre… »

Marilyn Anquetil




Andri Snær Magnason
LoveStar
« Un roman incroyable qui ne manquera pas de vous bouleverser. »




Leo Perutz
Le Maître du Jugement dernier
« Nous devons aux frétillantes et élégantes éditions Zulma la réedition de cette petite perle.
LE MAÎTRE DU JUGEMENT DERNIER saura séduire les amateurs de frissons à la Edgar Allan Poe et provoquera des « nœuds au cerveau » aux lecteurs du Motif dans le tapis d’Henry James.
Une enquête menée tambour battant, (...) il vous faudra décoder la petite histoire pour devancer nos personnages dans leurs découvertes ! Un suspens électrisant court sur les pages tant la solution nous paraît impossible : ce récit va-t-il devenir une histoire fantastique ? Baigné dans l’atmosphère délicieuse d’une société révolue, LE MAÎTRE DU JUGEMENT DERNIER utilise les ressorts du roman noir afin de découvrir ce que cache l’âme humaine. Une fin à méditer ! »




Chantal Creusot
Mai en automne
« Un roman d'une élégance rare, un bijou ! »




Jean-Marie Blas de Roblès
L’Île du Point Némo
« À tous ceux qui se lamentent sur le supposé manque d'ambition du roman français contemporain, on aura la forte envie de les diriger sans retard vers l'œuvre de Jean-Marie Blas de Roblès qui prouve, à chacune de ses parutions et avec brio, que croire aux puissances de l'imaginaire peut engendrer de tonitruantes réussites romanesques en même temps que provoquer un fameux plaisir à ses lecteurs. Pour preuve, son tout nouvel opus L'ÎLE DU POINT NÉMO, 450 pages de bonheur littéraire et de folie narrative sur fond d'érudition joueuse et de références assumées. Ne demandez pas à votre libraire de vous résumer l'histoire, il vous donnerait le tournis, mais écoutez-le lorsque, avec ferveur et un rien d'agitation fébrile, il vous fera miroiter l'excentrique aventure de personnages – l'un s'appelle Holmes (John Shylock…), un autre Cyrus Smith ; on y croise un mulâtre aussi brillant que discret, un opiomane génial et son ancienne passion, beaucoup d'unijambistes, des freaks en grand nombre, un inspecteur odieux - à la recherche d'un énorme diamant et traversant le monde, en train, en dirigeable, en bateau, voire en submersible, pour contrer les plans de l'immonde Enjambeur Nô et découvrir le mystérieux Point Némo, ce lieu perdu en mer le plus éloigné des côtes. Mais Blas de Roblès n'est pas seulement un conteur doué qui transmet son plaisir de raconter en réveillant nos vieux démons ou nos anciennes lectures, c'est aussi et surtout un romancier contemporain qui ne fait pas son deuil de la complexité narrative et entremêle avec virtuosité plusieurs intrigues en faisant exploser les conventions temporelles, nous donnant là le sentiment de baigner dans l'univers XIXe d'un Jules Verne avant de basculer ici dans l'ère des liseuses et de l'informatique au pouvoir. Riche de cette idée que “tout livre est l'anagramme d'un autre”, il avance que l'écriture implique d'y hasarder sa propre vie, au risque de perdre, tel le véritable héros de ce livre fou, Arnaud, qui pour l'amour de sa belle endormie, lui invente une histoire comme on le faisait du temps où, dans les manufactures de tabac, on lisait à haute voix pour des ouvrières passionnées.
Car si le livre est une ode à la générosité, qu'elle soit littéraire ou simplement humaine, une diatribe musclée contre les tentations folles du monde moderne et des affamés de pouvoir qui se dissimule dans cette tapisserie de Bayeux de l'aventure, c'est avant tout une formidable déclaration d'amour à la littérature et à ses géants qui ne devraient jamais cesser d'être nos fantômes les plus familiers. Stevenson avançait en son temps que la fiction est à l'adulte ce que le jeu est à l'enfant. L'ÎLE DU POINT NÉMO en est une parfaite et géniale illustration. C'est un pari excitant qui ne manque jamais de verve ni de sel et de poivre, voire de piment fort : on en ressort ému et heureux. C'est dire s'il est réussi. » David Vincent




R. K. Narayan
Le Magicien de la finance
« On dit bien souvent que l’argent ne fait pas le bonheur mais, sans lui, Margayya ne serait rien. Cet homme d’affaire qui n’a pu compter que sur lui-même pour se faire une place dans le monde n’en est pas moins un escroc. Installé à l’ombre d’un banian devant le Crédit Coopératif, il propose des prêts aux pauvres gens à des taux qui défient toute concurrence. Son affaire marche bon train jusqu’à ce que son fils, à qui il voue un amour illimité, le ruine par caprice. Cependant, il n’est pas dans les habitudes de notre antihéros de baisser les bras, aussi va-t-il rebondir de la manière la plus étonnante qui soit : honorer la déesse Lakshmi plusieurs jours durant, utilisant ses dernières économies et obligeant sa famille à se priver, afin qu’elle lui apporte la prospérité. Ses prières le mèneront sur le chemin du seul sociologue de l’Inde, Pal, qui lui échangera un manuscrit contre tout ce qu’il possède sur lui, c’est-à-dire pas grand chose. Si Margayya hésite c’est que le livre en question n’est pas respectable, quoi qu’en dise l’auteur. Dans l’intimité du lit – qui changera de titre au profit de Harmonie conjugale - se revendique comme un ouvrage d’apprentissage. Difficile de convaincre un homme qui voit déjà le déshonneur tomber sur les siens, mais pas impossible car Pal à la solution (une solution qui fera rire n’importe quel libraire ou éditeur) : « Allez trouver un imprimeur et demandez-lui d’en tirer un certain nombre d’exemplaires. Puis faites savoir au public que le livre est prêt et l’on viendra vous l’acheter. Ce n’est pas plus compliqué que ça. C’est le travail le plus facile qui soit. » Tout se passe à merveille (aussi puritaine soit une société, le sexe fait vendre, c’est bien connu) et Margayya s’enrichit, mas attention car ce qui a fait notre fortune peut la reprendre un jour. Et oui, le monde de R.K. Narayan n’est pas un long fleuve tranquille. Usant du conte philosophique, une morale bien servie nous attend au tournant, mais toujours avec humour et finesse. Disparus en 2001, R. K. Narayan est injustement méconnu des lecteurs français alors qu’il est très certainement l’une des voix majeures de la littérature indienne. Nous nous en étions douté avec Le guide et la danseuse (voir notre blog) paru précédemment et Le magicien de la finance (Zulma éditeur) ne fait que le confirmer.» Marilyn




Bergsveinn Birgisson
La Lettre à Helga
« Depuis sa maison de retraite, un vieil homme écrit une longue lettre à celle qui est restée son unique amour, un amour d'autant plus profond qu'impossible : en effet, marié à une femme rendue stérile par une opération malheureuse, il n'aura jamais la force de la quitter, même quand son désir pour Helga devient une obsession. Dans cette confession poignante et lucide, ce vieil éleveur de moutons assume enfin un choix douloureux : celui d'être resté fidèle à son environnement, en harmonie avec une nature à la fois âpre et généreuse, au lieu de suivre celle qu'il aime dans une vie citadine qui lui est étrangère. Au soir de sa vie, cet homme simple va trouver en lui des mots pétris de poésie brute pour évoquer une dernière fois ce qui fut la grande affaire de sa vie. Un beau texte qui nous vient d'Islande, publié par les éditions Zulma à qui nous devons déjà le très joli Rosa candida. » Sylvie Latour




Makenzy Orcel
Les Immortelles
« Chaque page est recouverte de courtes phrases de parfois seulement quelques lignes qui rythment le roman à la manière d’une poésie. Le raconter ne suffit pas car les mots frappent le lecteur et le marquent comme autant de coups que ces femmes, que l’on dit de mauvaise vie, ont reçus lors du tremblement de terre. On ne les entend nullement se plaindre de leur condition et elles ne tentent aucunement de justifier leurs actes. Elles ne font que rappeler leur appartenance à notre monde. Un monde dans lequel leur vie a moins de valeur que celle des autres… »
Ces mots-là c'est Mollat




Hubert Haddad
Le Peintre d'éventail
« Ce livre est probablement un des plus beaux hommages que l’on puisse faire au Japon (...) Un incontournable de ce début d’année. »

Librairie Mollat




Collectif
Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée
« Il est fréquent de tomber sur des livres bons, mauvais, passionnants, inintéressants, etc. Alors quand une merveille débarque sans crier gare, il est de notre devoir de libraire de le crier sur tous les toits et de le défendre comme il se doit. C’est donc avec enthousiasme que nous accueillons sur notre table « Coups de cœur » Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée publié aux éditions Zulma. Le titre déjà nous invite à une douceur que nous retrouvons sans conteste dans le livre. Comme un sucre qui fond lentement dans la bouche, nous goutons la belle plume de ces huit auteurs qui partagent leur histoire tout droit sorti de leur imagination mais qui traduit avec clarté et honnêteté la vie coréenne actuelle. Certains d’entre vous diront certainement que les nouvelles ne sont pas à leur goût car c’est un style bien particulier. Cependant, nous pouvons vous affirmer que la fin de chacune ne laisse place qu’au désir d’en commencer une autre. De cette jeune fille qui nous parle de sa mère à travers un couteau de cuisine qui ne l’a jamais quitté, de cette petite fille qui combat la dépression de son père en silence, de cette femme que le temps n’a pas épargné ou de celle qui a bâti sa fortune sur l’avortement, nous retiendrons l’émotion qu’elles nous apportent ; de la joie, de la tristesse, de la surprise, de l’inquiétude… Aucune de ces nouvelles ne laissent indifférent. S’il fallait ne dire qu’un mot pour parler de ce livre, nous dirions : magnifique. »




Zoyâ Pirzâd
C’est moi qui éteins les lumières
« Écrivaine phare du catalogue des éditions Zulma, Zoyâ Pirzâd revient faire le bonheur des lecteurs et surtout des lectrices françaises avec son livre intitulé C’est moi qui éteins les lumières, traduction du premier roman qu’elle avait publié en Iran. C’est ainsi que l’on plonge avec délice dans le quotidien d’une famille arménienne installée à Abadan à travers le personnage de Clarisse, épouse et mère de famille dont le dévouement évoque plutôt un sens du sacrifice infini. Mais avant que l’on ne soit tenté de l’ériger en sainte et de lui vouer un culte, on se rend compte que ce beau parangon d’abnégation pourrait être plus vulnérable qu’il n’y paraît à première vue. Ainsi, l’installation d’une autre famille arménienne sonne définitivement le glas de la tranquillité d’esprit de Clarisse lorsque cette dernière se rend compte qu’elle passe volontiers du temps à s’entretenir avec son nouveau voisin, un veuf d’à peu près son âge. Moins encline à supporter le caractère taciturne de son mari féru de politique, l’envahissement récurrent de sa boulimique de soeur et de leur mère ainsi que les commérages de la communauté, elle découvrira peu à peu ses limites. Les lecteurs de Zoya Pirzad retrouveront dans ce merveilleux roman le même souci du détail et la même finesse d’analyse qui nous avaient séduit avec ses précédents livres, et surtout, on est une fois de plus frappé par sa dimension universelle. »




Hubert Haddad
Géométrie d’un rêve
« Entièrement rédigé sous forme de fragments comme autant de poèmes en prose, ce récit se lit comme le journal intime d'un écrivain retiré dans une Bretagne légendaire peuplée des fantômes de femmes jadis aimées (l'énigmatique cantatrice Fedora, l'interdite Amaya ) et imaginaires (Emily Dickinson). Les réminiscences de ces amours absolues composent un rêve éveillé qui n'est pas sans nous rappeler la pure tradition et filiation du roman gothique européen, des contes fantastiques de Poe et de Nerval à l'imaginaire surréaliste (Nadja de Breton, notamment) en y ajoutant l'imaginaire baroque que l'on connaît à son auteur. »




Serge Pey
Le Trésor de la guerre d’Espagne
« On croyait connaître Serge Pey qu’on avait classé trop tôt parmi les poètes remarquables de notre temps, et si cette affirmation n’est pas à atténuer il faudra désormais le compter parmi les plus beaux conteurs qu’on ait découvert récemment. Quand on songe que ce monsieur enseigne la poésie (cela s’enseignerait donc ?) dans une université toulousaine, on est en droit de considérer que l’étendue de sa gamme impressionne. Avec Le Trésor de la guerre d’Espagne paru aux éditions Zulma, il réussit là où beaucoup échouent : tisser un recueil de nouvelles dont l’unité ne nuit pas à la beauté de chacune. Parler de roman serait néanmoins trompeur ou pour le moins artificiel, même si certains personnages réapparaissent. Non, chaque histoire possède assez de force pour se lire seule, en écho avec celles qui précèdent ou suivront, éclats d’un projet magnifique qui redonne voix à des oubliés de l’Histoire. Le temps n’est pas vraiment dit, pour nous rappeler que sous le drame évoqué se déploie une universalité de la misère des temps difficiles. On reconnaît les années trente et quarante, le combat perdu des républicains et anarchistes espagnols placés en camps de concentration ou poursuivis, leurs enfants héritiers d’une guerre honteuse mais dont le sang contient de cette révolte bafouée. Les personnages sont souvent des perdants qui tiennent leur victoire ailleurs : dans le jeu d’échecs pour Chucho et Floridor qui tiennent en haleine leurs camarades prisonniers par des parties faites à distance qui se prolongeront la liberté revenue par des défis où il faut comprendre que l’important n’est pas de gagner. La nouvelle qui narre cette partie où les pièces sont remplacées par des verres d’alccol est sublime. La victoire peut aussi tenir à une corde où pend un linge qui tient lieu de message, à une barrique transformée en cercueil pour un enfant qui fuit la geôle immonde où on traite les gamins comme des chiens, à une horloge comme celle qu’est devenue la vieille Cega, aveugle dont les déplacements suivent les heures, à un écran de cinéma qu’on est trop pauvre pour voir en face et dont on va apprendre, à l’envers, à lire les sous-titres, à une plage où se retrouvent après des années d’attente les chercheurs d’un hypothétique trésor Républicain qui vont jouer ardemment de la pelle. Ces “récits d’enfance et de guerre” éclatent de ce merveilleux qui transmue l’horreur en or et la misère en argent ; ils ont surtout cette langue maîtrisée, sans affectation, une langue précise et déliée qui s’entend et qui charme. C’est peut-être le secret des poètes quand ils racontent des histoires : elles deviennent des chants. »




Auður Ava Ólafsdóttir
Rosa candida
« Beaucoup auront du mal à mémoriser son nom, cela ne les empêchera pas d’applaudir à son livre qui commence à faire sensation dans le monde des libraires ravis de le conseiller à leurs clients demandeurs d’originalité. Audur Ava Ólafsdóttir est donc islandaise, vous savez, de ce peuple lointain mais européen qui cultive la plus vieille langue d’Europe sur un sol particulièrement peu fertile mais où l’on compte le plus grand nombre d’écrivains au kilomètre carré. La crise de la littérature ne semble pas avoir affecté cette civilisation de l’écrit égarée dans la finance et la preuve en est faite avec Rosa candida qui paraît aux éditions Zulma, cet éditeur qui réhabilite la tapisserie pour orner les belles couvertures de ses livres : livre vert parcouru de rondeurs éblouissantes, ce roman nous emporte ou plutôt nous entraîne dans les pas d’un héros exaspérant de candeur et donc séduisant en diable, un jeune homme de vingt-deux ans qui quitte son île sans arbre pour traverser ce qu’on appelle là-bas le “continent” au volant d’une voiture, gardant précieusement avec lui trois plants de roses, une passion héritée de sa mère et cultivée avec une volonté qu’on dirait volontiers inflexible (les mots vont souvent ensemble) si elle n’était mâtinée d’une inquiétude et d’un tourment intérieur joliment analysés par l’aventureux voyageur.
[...] On entend déjà parler de “road movie”, cette exaspérante expression qu’on nous sort dès qu’un personnage accomplit plus de cent kilomètres en voiture, mais la route qui sinue sous les roues d’Arnljótur et dans sa propre tête n’est pas du cinéma : c’est le monde réel, inquiétant et fascinant dès qu’on prend le temps de le regarder lentement, une trace de l’homme dans un monde qui a oublié la beauté des roses et le soin qu’elle réclame. Faire simple n’est pas donné à tous les écrivains qui confondent souvent simplicité et pauvreté, la langue islandaise se prête sans doute mieux qu’une autre à la narration de l’essentiel et on peut se réjouir que la traductrice ait su trouver la voix qui convenait à cette histoire simple, ce personnage simplement complexe dans son monde fleuri d’épines. C’est ce qu’on appelle le charme et on peut assurer qu’en matière d’horticulture littéraire, Rosa candida n’en manque pas. »




Benny Barbash
Little Big Bang
« L’auteur dont je souhaiterais vous entretenir aujourd’hui avait fait une entrée des plus tonitruantes sur la scène littéraire israélienne il y a une quinzaine d’années grâce à un roman intitulé My first Sony, que les éditions Zulma avaient eu la judicieuse idée de faire découvrir aux lecteurs français au moment du Salon du livre consacré à Israël. Il avait d’ailleurs remporté le Prix grand public à son issue. Peut-être vous en souvenez-vous, c’était il y a seulement trois ans…
Benny Barbash revient cette année pour notre plus grand plaisir avec un roman aussi délirant que le précédent dans lequel il donne une fois de plus la parole à un adolescent qui n’a ni la langue, ni les yeux dans sa poche. Mais pourquoi lui en voudrait-on de persister à recourir à cette astuce narrative si convenue quand on répète du matin au soir que la vérité sort de la bouche des enfants ?… C’est ainsi que Little Big Bang relate les tribulations d’une famille juive trigénérationnelle dont tous les membres sont rassemblés sous le même toit.
[...] Cette histoire pleine d’humour n’est évidemment pas à prendre au pied de la lettre. Oscillant entre naïveté et ironie, Little Big Bang se lit plutôt comme une fable qui nous plonge, l’air de rien, en plein cœur de l’histoire d’Israël. »

Fleur Aldebert




Hubert Haddad
Nouvelles du jour et de la nuit: le jour
« Zulma a vingt ans et on a peine à le croire tant cette maison, aimée des libraires, paraît animée d’une jeunesse que la beauté de ses couvertures n’a fait qu’amplifier. Les anniversaires donnent souvent l’occasion aux éditeurs de lancer des opérations commerciales où le sac de plage le dispute au joli stylo (à durée de vie limitée, on se souvient avec amusement du crayon Phébus qui ne marchait que lorsqu’on ne s’en servait pas). Soucieuse de bon goût, la maison d’édition s’est offert et nous offre deux coffrets splendides qui magnifient l’œuvre de celui qu’on peut appeler “l’auteur-maison”, celui pour lequel ses éditeurs se battent depuis longtemps, Hubert Haddad. Grand nouvelliste trop méconnu pour ce domaine dans lequel il est un maître, fidèle à cette école de la “nouvelle fiction” qui fleurit à l’orée des années 90, il a à son actif une impressionnante bibliographie. Nouvelles du jour et de la nuit compile en deux mouvements les aspirations imaginaires de ce compositeur surdoué qui tisse des histoires à la frontière du rêve et de l’éveil, dans une langue tenue qui évite les pièges du baroque pour mieux nous emporter. Plaisir multiplié que ce bonheur de le redécouvrir ainsi peaufiné dans son écrin, cette édition est un hommage de taille, le genre de livres que ceux qui l’auront manqué regretteront. Zulma, vierge folle hors barrière a vingt ans et il n’est pas interdit de penser que c’est le plus bel âge de la vie… »

David Vincent




Hubert Haddad
Le Nouveau Nouveau Magasin d'écriture
« Le livre indispensable à tous les apprentis écrivains, tous les fous de littérature, tous les toqués de livres.
On imaginait qu’il n’y aurait qu’un monument : il y en a deux ! Comme ces pyramides qui se doublent d’une autre puis d’une autre pour constituer un champ monumental. Ainsi Hubert Haddad a osé récidiver et nous offre, juste avant les fêtes, un nouveau sujet de rêveries, de promesses et de bonheurs avec son Nouveau nouveau magasin d’écriture superbement mis en page par le prometteur Dominique Bordes, graphiste bordelais (lui-même à la tête d’une conspiration éditoriale nommée Monsieur Toussaint Louverture) qui s’est mis au service de ce vaste projet initié par Zulma dont la fidélité à l’œuvre de cet auteur prolixe force le respect. »

David Vincent




David Toscana
El último lector
« Un excellent éditeur, Zulma pour le nommer, a eu l’intelligente idée de l’écouter et ce que nous en a dit son traducteur s’est trouvé confirmé avec éclat : El último lector signé David Toscana est une réussite dont le grand Rulfo, ancêtre de tous les écrivains qui comptent en Amérique Latine, pourrait s’enorgueillir du haut de l’Olympe où l’ont placé les auteurs mexicains. […] La jubilation que l’on ressent à découvrir ce roman qui touche à ce qui nous importe le plus, la lecture, cette prison volontaire qu’on ne quitte pas sans danger, est intense. Ce serait dommage qu’au milieu du ras de marée mexicain, il ne surnageât pas. »




Jean-Marie Blas de Roblès
Là où les tigres sont chez eux
« Il est vrai que 800 pages, cela a de quoi impressionner et que nous avons un peu tourné autour avant d’y plonger, mais une fois le pied dans le bain, impossible de regagner la rive avant la fin. Pris au piège, comme dans les romans feuilletons de naguère, on trimballe le pavé, on néglige la pile de livres au pied du lit, bref on profite….
[…] Impossible, vous l’aurez compris, de rentrer dans les détails de cet océan romanesque dans lequel on s’immerge, passant d’un tourbillon à un autre. Impossible aussi de ne pas militer pour cette bouffée littéraire qui balaie d’un grand souffle les petits courants égotistes trop souvent à l’honneur. Jean-Marie Blas de Roblès est de retour et on ne peut que louer Zulma d’avoir osé nous offrir ce pavé de bonnes inventions… »