Hubert Haddad
Opium Poppy
Lu et conseillé par Renaud Junillon



Pascal Garnier
La Théorie du panda
« Une grande force se dégage de ce style épuré, de ces dialogues ciselés. Si bien que, lorsque l’aura de Gabriel commence à se brouiller, un léger malaise s’insinue pour peu à peu envahir tout le récit. L’ange ne cacherait-il pas un visage démoniaque ? Une figure vampirique se nourrissant du malheur d’autrui ?
Mais comme toujours chez Pascal Garnier, le Bien et le Mal ne sont que les deux facettes d’une seule et même pièce qui tournoie sans cesse. La violence est celle d’un ange déchu à qui la solitude et la culpabilité ont coupé les ailes. »

Renaud Junillon

Eduardo Antonio Parra
Les Limites de la nuit
« Au nord-est du Mexique, la ville de Monterrey, bien que troisième plus grande ville du pays, restait jusqu’à présent, au contraire des autres villes frontières, moins marquée par la violence aveugle des narcos et des trafiquants en tout genre.
En neuf nouvelles parfaites qui forment une sorte de roman kaléidoscopique, Eduardo Antonio Parra nous démontre le contraire. Il brosse le portrait d’une ville terrifiante de noirceur. Un peu comme dans « Douce nuit », nouvelle de Buzzati reproduite dans le recueil K, où chaque chose à l’intérieur du jardin semble n’être que poésie et calme divin, la ville de Monterrey dort du sommeil du juste, à peine effleurée par l’angoisse. On pourrait s’y promener par une nuit sans lune et s’asseoir à une terrasse avec un inconnu sans que rien n’arrive. Pourtant, à y regarder de plus près, dans les recoins sombres, tout n’est que désir, peur, vice. Les personnages de Parra sont arrivés à cet état limite où tout est consommé, ils n’ont plus le choix de revenir en arrière, que ce soit dans le plaisir, la folie ou la misère.
Avec une sobriété de moyens peu commune, Parra nous plonge au cœur de l’enfer, au milieu des gangs, des prostituées, des toxicos, de tout ce petit peuple sordide qui s’agite à la recherche d’un peu de jouissance volée.
Excités comme des chiens par l’odeur du sang, il s’exaspèrent les uns les autres jusqu’à ce que le premier coup parte. Evidemment, la frontière, la seule qui compte, n’est qu’à deux cents kilomètres, et cette proximité semble être de près ou de loin un ingrédient fondamental de tous ces débordements de violence. Entre attirance irrépressible et dégoût, la présence des Etats-Unis de l’autre côté de la rivière semble décupler la rancœur des habitants. Chacune des nouvelles exacerbe un sentiment qui répond à une logique folle, et la mène jusqu’au bout : la solitude d’une prostituée qui se refuse à tous ses clients, la trahison d’un serment d’enfant qui se termine, des années plus tard, en rixe mortelle, la folie furieuse d’un couple paranoïaque enfermé dans son luxueux appartement… Le pouvoir d’évocation de Parra est du grand art. Son écriture tout en retenue et d’une grande maîtrise laisse suffisamment de place pour que notre imagination se mettre immédiatement à galoper. Mais la construction maîtrisée nous bride au bon moment et nous mène exactement où elle veut. »

Michel Edo

David Toscana
El último lector
« El último lector est le roman de la soif jamais étanchée de sincérité en littérature. »

Michel Edo

Zoyâ Pirzâd
On s'y fera
« Voici un texte très vif, remarquable de légèreté, qui dit entre rires et larmes, les tabous, les blessures profondes et les joies d’un pays comme l’Iran. Ce portrait attachant d’une femme moderne, Arezou, en plein cœur de Téhéran est habité d’une douce rage, celle que l’on ne voile pas. »

François Reynaud

Marcus Malte
La Part des chiens
Marcus Malte est lauréat du Prix Lucioles des Lecteurs 2004 pour La Part des chiens.

Lee Seung-U
La vie rêvée des plantes
« Personnellement, ma meilleure lecture de la rentrée. […] Peut-être comme moi trouverez-vous là un plaisir solitaire sans pareil et vous laisserez-vous submerger par ce long frisson des lettres coréennes. »

François Reynaud

Serge Pey
Le Trésor de la guerre d’Espagne
« Les récits de ce recueil portent la marque de ces années à polir le langage, il n'y a jamais un mot de trop et la poésie, c'est à dire la capacité à montrer le sublime , affleure à chaque instant. Dans le traité à l'usage des bâtons et des chemins que Pey a publié en 2008 une phrase résume la destination de son travail "la poésie sert à faire avaler la poussière" et c'est bien de cela qu'il s'agit dans Le Trésor de la guerre d'Espagne.

Que ce soit la mère que tout le monde croit folle à étendre son linge par tous les temps sans rime ni raison, le vieil oncle qui baptise au couteau tous les arbres de son verger du nom de résistants tombés sous les balles ou encore l'instituteur du village qui du fond de sa prison continue de jouer aux échecs avec les moyens du bord, ces destins tragiques ont la beauté des geste inutiles et porteurs d'espérance .

Toutes ces histoires et d'autres encore auraient pu tomber dans l'oubli. Ce sont des histoires de fous, de gens qui se moquent des règles et qui résistent, non pas par idéologie, mais pour continuer à vivre comme ils l'entendent, il y a celle bouleversante qui ouvre le recueil et qui donne le ton, un homme est debout au milieu de sa cour et rien, ni les menaces ni les balles ne le feront changer de place. Ce n'est pas un héros, pas un révolutionnaire, juste un paysan, mais il a le courage d'un chêne et sait, au contraire de l'arbre, que lorsque la hache se lèvera, s'en sera fini de lui. »

Michel Edo

Marcus Malte
Garden of love
« Avec subtilité, Marcus Malte livre peu à peu toutes les clefs et fait émerger un récit palpitant où la tendresse plane autant que les angoisses et les remords. »

Faustine Junillon

Marcus Malte
Intérieur nord
« Le regard de Marcus Malte sur cette étrange relation est celui d’un Larry Brown urbain, tendre et humain. On souhaite que ses personnages réussissent à passer l’hiver, même si on a peur qu’ils y restent à jamais tant ils sont empêtrés dans le froid. »

Renaud Junillon

Hubert Haddad
Palestine
« Haddad est au-delà de la chronique socio-politique et place son récit, grâce à une langue poétique, musicale et grâce au personnage de Falastin, jeune femme insoumise, aux valeurs humanistes, dans une dimension tragique universelle. »

Renaud Junillon



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