Hubert Haddad
Nouvelles du jour et de la nuit: la nuit
« Ce qui nous réjouit au plus haut point : Les nouvelles du Jour et de la Nuit de Hubert Haddad fait partie de la courte sélection du Goncourt de la nouvelle. Comme on considère à Labyrinthes qu’Hubert Haddad est l’un des écrivains les plus importants en France aujourd’hui, comme on pense que c’est un "maître" de la nouvelle comme on en a peu, et comme on aime à la folie les deux coffrets emboîtés des recueils de nouvelles que l’éditeur Zulma a fabriqués pour mettre en valeur ce cycle de 10 recueils de textes courts (en tirage limité), on parie sur la justesse du choix des jurés Goncourt… Et vous, vous aimez les nouvelles ? »

Hubert Haddad
Nouvelles du jour et de la nuit: le jour
« Ce qui nous réjouit au plus haut point : Les nouvelles du Jour et de la Nuit de Hubert Haddad fait partie de la courte sélection du Goncourt de la nouvelle. Comme on considère à Labyrinthes qu’Hubert Haddad est l’un des écrivains les plus importants en France aujourd’hui, comme on pense que c’est un "maître" de la nouvelle comme on en a peu, et comme on aime à la folie les deux coffrets emboîtés des recueils de nouvelles que l’éditeur Zulma a fabriqués pour mettre en valeur ce cycle de 10 recueils de textes courts (en tirage limité), on parie sur la justesse du choix des jurés Goncourt… Et vous, vous aimez les nouvelles ? »


Jean-Marie Blas de Roblès
La Montagne de minuit
« Rencontre avec Jean-Marie Blas de Roblès autour de son nouveau roman : La Montagne de minuit. Labyrinthes a déjà eu le plaisir d’accueillir cet écrivain, Prix Médicis 2008 pour Là où les tigres sont chez eux. Il y a des livres que l’on attend avec impatience. Parfois parce que les premiers échos qu’on en eut firent envie, parfois parce que les précédents livres de l’auteur marquèrent. Nous attendions donc avec impatience le nouveau roman de Jean-Marie Blas de Roblès, car son précédent fut notre plus grand choc de lecture en 2008, avant même d’emporter le Prix Médicis (et le Prix Jean Giono, et le Prix des Lecteurs Fnac, et de finir dans les quatre finalistes du Goncourt, qu’il aurait dû avoir selon nous… même si nous sommes de parti pris). Notre impatience se teintait, ne le cachons pas, d’un peu d’angoisse. Quelle allait être la force de son nouveau livre, deux ans après un chef d’œuvre qui lui avait pris dix ans à construire ?
En lisant La montagne de minuit on retrouve toutes les qualités qui nous avaient enthousiasmés dans les "Tigres". La construction tout d’abord : sont convoquées la mise en abyme, le faux début de manuscrit d’écrivain, le journal, l’échange de lettres, et même jusqu’à la collecte de citations internet. La langue ensuite : tour à tour volubile et secrète, mêlant l’oralité et la retranscription soigneuse et imagée d’impressions, de souvenirs recomposés, elle ne perd jamais ni sa flexion parfaite, ni sa touche d’ironie et de distance. L’érudition est toujours là, tout comme la légèreté, tout comme les extraordinaires moments de rapport au savoir (comme on ira au Tibet il faut bien évoquer le sanscrit et les mandalas…). Mais surtout, et c’est l’essentiel pour un écrivain de cette carrure, les "obsessions" thématiques de l’auteur sont de retour et s’affirment. On pourrait presque dire : se font plus visibles au lecteur. Toute la galaxie du "faux", de l’opinion contre le savoir, du déformé/transformé par le temps et la mémoire contre l’illusion de réalité, de la vérité et du mensonge, toute cette attention aux champs/chants de la vérité que l’auteur avait déjà su nous transmettre dans son précédent roman sont ici de nouveau présents.
Le point de départ de l’histoire c’est Bastien, un vieux gardien de collège à Lyon, passionné par le Tibet et le lamaïsme. Sa rencontre avec Rose, jeune mère élevant seule son fils Paul, provoquera les enchaînements qui mèneront jusqu’au voyage commun au Tibet, le rêve que Bastien poursuit depuis longtemps. Ah, il faut dire aussi que Bastien porte un secret sur son passé, Rose un secret sur le passé de sa mère, et qu’on verra passer des secrets concernant les "brigades tibétaines" soi-disant voulues par les dirigeants nazis durant la Seconde Guerre mondiale… Sur la "distance" d’un récit court de 160 pages, Blas de Roblès offre un livre nettement plus abordable que le précédent (dont les 780 pages purent effrayer quelques lecteurs…), qui va nous permettre, en tant que libraires, de continuer à le faire découvrir à de nouveaux lecteurs. Une dernière chose à ne pas oublier : l’usage de l’ironie, du second degré, de l’humour, fait partie de l’arsenal de l’auteur et rend ses livres délicieux, pleins de drôleries et de cocasseries qu’on n’oublie pas de sitôt. »

Hubert Haddad
Opium Poppy
« Notre admiration pour le travail d’Hubert Haddad commence d’être connue des lecteurs qui fréquentent Labyrinthes. Année après année, livre après livre, ce prodigieux romancier, cet exceptionnel auteur de nouvelles, ce formidable manieur de langue, qui allie lyrisme et métaphores, manifeste un sens du rythme narratif quasiment sans égal dans la littérature française contemporaine. Année après année Hubert Haddad écrit et publie. Il y eut L’Univers, ce roman dictionnaire, Palestine qui nous disait l’étrangeté de la notion d’identité et d’appartenance à une nation, Géométrie d’un rêve, l’un des romans français « littéraires » les plus marquants de la décennie, la réédition en deux magnifiques coffrets de ses nouvelles sous le joli titre Nouvelles du jour et de la nuit… Nos dithyrambes ont raison d’être, et nous invitons ceux qui n’ont pas encore goûté à l’écriture d’Haddad d’y aller faire station et bombance. Son nouveau roman, Opium Poppy, s’attaque à un sujet choc : un enfant soldat d’Afghanistan, un patchoune, qui fera le coup de feu et le trafic d’opium, puis prendra le chemin des exilés pour finir en France. Un autre écrivain aura tiré profit de toute la charge potentielle de pathos d’un tel thème pour faire un livre plein de bons sentiments, voire se terminant d’hollywoodienne façon par un happy end. Pas Hubert Haddad, qui respecte trop ses lecteurs et l’humanité en général (et l’écriture) pour s’égarer dans cette voie. Alternant des chapitres de misère d’exilé pourchassé dans la France d’aujourd’hui et des chapitres de flash back de son jeune héros enfant sans nom et sans identité (il est nommé par les autres, qui lui attribuent surnom après surnom, en fonction des accidents et circonstances qui le ballotent), Haddad sur un rythme très rapide, sans temps mort, s’appuie sur la puissance d’une langue très travaillée pour entraîner le lecteur dans l’alternance de l’élégiaque et de l’apocalyptique. Le monde est beau. Le monde est empli de violence. Les hommes sont hideux et violents. L’humanité est toujours là. La terrible fin de ce livre ne fait aucune concession à cette démarche qui oscille entre l’exposition des simples faits que nous ne devons pas ignorer et le désir qu’il en soit autrement. Grand livre, grande écriture, une fois encore la preuve que l’une des fonctions de l’écrivain peut être de « prendre la parole pour ceux qui ne l’ont pas pour qu’ils se fassent entendre », Opium Poppy ne laissera aucun lecteur indifférent. Déjà repéré par certains critiques (il y en a parfois des bons, il faut le reconnaître), ce nouveau roman de Hubert Haddad sera peut être celui qui le fera le plus connaître du grand public (un de ces critiques a écrit « Avec Opium Poppy, l’un des romans phares de cette rentrée, l’auteur de Palestine mériterait d’obtenir enfin un grand prix littéraire à l’aune de son talent »… on prie pour que cela se réalise !). »

Jean Milbergue

Jean-Marie Blas de Roblès
Là où les tigres sont chez eux
Là où les tigres sont chez eux fait partie de la sélection de la rentrée littéraire 2008 de la librairie Labyrinthes.



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