Céline (et la souffrance)

Posté par Serge le 12 mars 2010

« Si les gens sont si méchants, c’est peut-être seulement parce qu’ils souffrent, mais le temps est long qui sépare le moment où ils ont cessé de souffrir de celui où ils deviennent un peu meilleur. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 78
Pierre Girard (et l'évitement)

Posté par Serge le 11 mars 2010

« Dès que l'on cherche à éviter quelqu'un, le sort nous ramène avec une obstination suspecte auprès de lui. »
Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 156
Céline (et le malheur des hommes)

Posté par Serge Safran le 08 mars 2010

« Ne croyez donc jamais d'emblée aux malheurs des hommes. Demandez-leur seulement s'ils peuvent dormir encore?… Si oui, tout va bien. Ça suffit. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 424
Pierre Girard (et la publication)

Posté par Serge Safran 04 mars 2010

« Ce qui est amusant, c'est d'écrire, ce n'est pas de publier (du moins je pense). »
Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 168
Céline (et la vanité)

Posté par Serge le 03 mars 2010

« Il n’y a pas de vanité intelligente. C’est un instinct. Il n’y a pas d’homme non plus qui ne soit pas avant tout vaniteux. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 125
Jean-Marie Laclavetine (et la vraie vie)

Posté par Serge Safran le 02 mars 2010

« Il faudrait pouvoir vivre seul, totalement et définitivement, ne rien espérer d'autrui, sans amis pour vous décevoir, sans amours pour vous déchirer, une vie face à soi, à contempler la mort qui vient, que demander de plus. La vraie vie. Ni Dieu, ni maîtresse. »
Nous voilà , Gallimard, 2009, p. 58
Céline (et la solitude)

Posté par Serge Safran le février 2010

« Être seul c'est s'entraîner à la mort. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 377
Pierre Girard (et le champagne)

Posté par Serge le 26 février 2010

« Rien n'indispose le locataire comme les feux du soleil levant sur une coupe à champagne. »
Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 28
Céline (et l'attente)

Posté par Serge Safran le 25 février 2010

« En deux heures je connus tout de son âme, pour le corps j'attendis encore un peu. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 361
Pierre Girard (et la poésie)

Posté par Serge Safran le 24 février 2010

« La poésie, c'est quand les gens sont partis, qu'il reste des verres à demi pleins, les cendres qu'une bouffée de vent nocturne répand sur les cartes éparses. »
Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 138
Céline (et le manque)

Posté par Serge Safran le 23 février 2010

« Tout nous manque à partir d'un certain moment – la lutte n'est plus égale entre le Désir et les Regrets. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 437
Pierre Girard (et les événements)

Posté par Serge Safran le 22 février 2010

« On obtient tout au monde à condition de ne rien faire. Les événements obéissent à des lois que nous ne pouvons que contrarier par nos actions. »
Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 45
Céline (et la musique)

Posté par Serge Safran le 19 février 2010

« Je ne suis qu'un ouvrier d'une certaine musique et c'est tout et tout le reste m'est indifférent, incompréhensible, paniquement ennuyeux. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 556
Pierre Girard (et le printemps)

Posté par Serge Safran le 18 février 2010

« Le printemps s'annonce, croit-on, par les pousses gluantes, le chant des oiseaux, les perce-neige. Oui, en mars. Mais dès la mi-février, il déboule comme un petit lièvre, dans le cœur des jeunes filles. »
Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 24-25
Céline (et l'ennui)

Posté par Serge Safran le 17 février 2010

« La vie c'est une classe dont l'ennui est le pion, il est là tout le temps à vous épier d'ailleurs, il faut avoir l'air d'être occupé, coûte que coûte, à quelque chose de passionnant, autrement il arrive et vous bouffe le cerveau. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 352
Céline (et les hommes)

Posté par Serge Safran le 16 février 2010

« Mais que peut-on pour les hommes? Rien. Exactement Rien. Ce serait fait depuis longtemps s'ils avaient autre chose entre eux que du meurtre. Au fond rien ne les a jamais empêchés de devenir meilleurs… Rien. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 468
Michel Crépu (en littérature)

Posté par Serge Safran le 15 février 2010

« En littérature, un livre, ce n'est pas seulement un ensemble de données imprimées, c'est quelqu'un. J'ouvre un roman, j'entre en relation avec un monde singulier, ayant ses lois, ses habitudes, ses histoires, son destin particulier. Que je rouvre par exemple Guerre et Paix et les voix de la famille Rostov se lèvent à nouveau, je peux les entendre, je peux vivre avec eux et cela est fascinant. En même temps que j'entre dans l'intimité d'un monde, ma relation au monde ambiant s'en trouve elle aussi approfondie. »
Journal littéraire in Revue des Deux Mondes, décembre 2009, p.39-40
Céline (et les choses auxquelles on tenait le plus)

Posté par Serge Safran le 11 février 2010

« Les choses auxquelles on tenait le plus, vous vous décidez un beau jour à en parler de mois en moins, avec effort quand il faut s'y mettre. On en a bien marre de s'écouter toujours causer… On abrège… On renonce… Ça dure depuis trente ans qu'on cause… On ne tient plus à avoir raison. L'envie vous lâche de garder même la petite place qu'on s'était réservée parmi les plaisirs… On se dégoûte… Il suffit désormais de bouffer un peu, de se faire un peu de chaleur et de dormir le plus qu'on peut sur le chemin de rien du tout. Il faudrait pour reprendre de l'intérêt trouver de nouvelles grimaces à exécuter devant les autres… Mais on n'a plus la force de changer son répertoire. On bredouille. On se cherche bien encore des trucs et des excuses pour rester là avec eux les copains, mais la mort est là aussi elle, puante, à côté de vous, tout le temps à présent et moins mystérieuse qu'une belote. Vous demeurent seulement précieux les menus chagrins, celui de n'avoir pas trouvé le temps pendant qu'il vivait encore d'aller voir le vieil oncle à Bois-Colombes, dont la petite chanson s'est éteinte à jamais un soir de février. C'est tout ce qu'on a conservé de la vie. Ce petit regret bien atroce, le reste on l'a plus ou moins bien vomi au cours de la route, avec bien des efforts et de la peine. On n'est plus qu'un vieux réverbère à souvenirs au coin d'une rue où il ne passe déjà presque plus personne. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 453
Pascale Gautier (et la mort)

Posté par Serge Safran le 10 février 2010

« Ça doit être tellement rassurant d'être convaincu qu'une fois mort, on est enfin vivant. »
Les Vieilles , éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 142
Céline (et les douleurs)

Posté par Serge Safran le 09 février 2010

« Les douleurs physiques hurlent volontiers, mais les autres… Honteuses, silencieuses, comme elles attendent passionnément la mort! »
Lettres , édition étaablie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 568
Pascale Gautier (et la voix humaine)

Posté par Serge Safran le 08 février 2010

« Quelques minutes ont passé, lentes et claires. Il est neuf heures du matin. Elle n'a plus rien à faire. »
Les Vieilles , Éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 47
Céline (et le pourquoi)

Posté par Serge le janvier 2010

« Jamais, ou presque, ils ne demandent le pourquoi, les petits, de tout ce qu’ils supportent. Ils se haïssent les uns les autres, ça suffit. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 154
Pascale Gautier (et le pire)

Posté par Serge Safran le 04 février 2010

« Ça servait à quoi de passer son temps à se dire que tout était foutu, que demain serait pire qu'aujourd'hui? Il se faisait du mal pour rien. Forcément tout était foutu. Sa grand-mère à elle, Régine, le disait déjà. Donc c'est forcément bien pire aujourd'hui. Et maintenant qu'on sait que c'est pire on fait quoi, hein? »
Les Vieilles , éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 102-103
Céline (et les formes parfaites)

Posté par Serge Safran le 03 février 2010

« L'ère de ces joies vivantes, des grandes harmonies indéniables, comparatives est encore à venir… Le corps, une divinité tripotée par mes mains honteuses… Des mains d'honnête homme, ce curé inconnu… Permission d'abord de la Mort et des Mots… Que de chichis puants! C'est barbouillé d'une crasse épaisse de symboles, capitonné jusqu'au trognon d'excréments artistiques que l'homme distingué va tirer son coup… Arrive ensuite que pourra! Bonne affaire! Économie de ne s'exciter après tout que sur des réminiscences… La vie c'est plus compliqué, celle des formes humaines surtout. Atroce aventure. Il n'en est pas de plus désespérée. À côté de ce vice des formes parfaites, la cocaïne n'est qu'un passe-temps pour chefs de gare. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 467
Céline (et les bourgeois)

Posté par Serge le 02 février 2010

« La seule façon de dominer les bourgeois c’est d’être avec eux, au milieu même de leurs grimaces d’honnêteté. Enfreindre leurs règles imbéciles – c’est leur donner d’autres armes contre vous. Ils en ont déjà assez. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 9 août 1932, p. 313
Pascale Gautier (et la voix humaine)

Posté par Serge Safran le 1er février 2010

« Cuisine, couloir, salle à manger, couloir, cuisine, chambre. On dirait un chien qui tourne sur lui-même infiniment. Ses pantoufles traînent sur les carreaux. Ça fait un bruit sinistre. Dans le noir du jour, elle entend alors la voix humaine de la solitude et du silence. »
Les Vieilles , Éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 40
Céline (et l'amour)

Posté par Serge le janvier 2010

« L’amour, c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et soul, et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 82
Céline (et la gentillesse)

Posté par Serge Safran le 28 janvier 2010

« Si on se laissait aller à aimer les gens qui sont gentils la vie deviendrait atroce. Je ne sais pourquoi mais ce serait ainsi. Il faut se raidir pour vivre. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 septembre 1932, p. 319
Roland Jaccard (et le miracle)

Posté par Serge Safran le 27 janvier 2010

« S’il y a un miracle, c’est celui de la transformation de la vie en passé. Tout ce qui a été et qui ne sera plus. Et qui exige pourtant de demeurer intact dans notre mémoire ou, à défaut, dans nos livres. »
Sexe et sarcasmes , Puf, 2009, p.40
Ricardo Piglia (et la troisième personne)

Posté par Serge le 26 janvier 2010

« Il faut penser contre soi-même et vivre à la troisième personne. »
Respiration artificielle , traduit de l’espagnol ( Argentine), par Isabelle et Antoine Berman, André Dimanche éditeur, 2000, p. 111
Jules Renard (et le style)

Posté par Serge le 25 janvier 2010

« Style pur comme l’eau est claire, à force de travail, à force de s’user, pour ainsi dire, sur les cailloux. »
Journal 1887-1910 , Bouquins, Robert Laffont, 2005, 8 juin 1904, p. 711
Céline (et la confiance)

Posté par Serge Safran le 22 janvier 2010

« Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 178
Paul Wenz (évocation de Colombo)

Posté par Serge le 21 janvier 2010

« Les sens qui lui restaient lui disaient bien et clairement qu’il était à Colombo : l’odeur des fruits mûrs, celle du bois qui brûle avec une fumée âcre et parfois étrangement parfumée, celle des mille cuisines minuscules qui sur les brasiers en plein air chauffaient des fritures de toutes sortes. Il entendit le froufrou des cocotiers et des bambous, le chant des marchands ambulants, le gémissement des roues de chariot, le cri des rickshawmen qui passaient essoufflés. »
Le pays de leurs pères , La Petite Maison, 1996, p. 162
Céline (et les gens qui se couchent)

Posté par Serge Safran le 20 janvier 2010

« C’est triste des gens qui se couchent, on voit bien qu’ils se foutent que les choses aillent comme elles veulent, on voit bien qu’ils ne cherchent pas à comprendre eux le pourquoi qu’on est là. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 201
Céline (et l'âme)

Posté par Serge Safran le 18 janvier 2010

« L’âme, c’est la vanité et le plaisir du corps tant qu’il est bien portant, mais c’est aussi l’envie d’en sortir du corps dès qu’il est malade ou que les choses tournent mal. On prend des deux poses celle qui vous sert le plus agréablement dans le moment et voilà tout ! »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 57
Céline (et la littérature)

Posté par Serge Safran le 15 janvier 2010

« Mais vous savez la littérature c’est de la Mort. Ce qui retient en vie c’est seulement l’affection des êtres et des choses. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 25 septembre 1932, p. 316
Jacques Réda (et l'écrivain)

Posté par Serge Safran le 14 janvier 2010

« Si l'écrivain est un promeneur – parfois un promeneur véritable et aussi inimitable qu'a pu l'être notamment Cingria –, il est d'abord le promeneur et le site de sa propre langue. C'est peut-être pourquoi le monde voué à l'enrichissement (que ce soi par le commerce ou ce qu'on appelle aujourd'hui la « culture ») ne s'intéresse plus beaucoup à lui. »
Sept questions à Jacques Réda (Federico Castigliano) La Revue littéraire n° 42, janvier 2010
Céline (et la vérité)

Posté par Serge Safran le 13 janvier 2010

« La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 202
Céline (et le fond des choses)

Posté par Serge Safran le 12 janvier 2010

« On ne parle que tant qu’on cherche le fond des choses; après cela il n’y a plus rien à dire. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 9 octobre 1932, p. 323
Pierre Guyotat, à propos de Chateaubriand

Posté par Serge Safran le 11 janvier 2010

« Rancé est un peu un Chateaubriand qui se serait retiré du monde. Dès le début des Mémoires, on a toutes ses caractéristiques. il est fatigué de vivre, il aurait mieux valu qu'il ne vive pas… C'est aussi l'homme des hasards. Mais il a, comme Bonaparte, une vision historique des choses. Quand il traverse un endroit, il se remémore ce qui s'y est passé; s'il ne l'apprend que plus tard, il imagine que s'il avait faait quelques pas de plus, sa vie en aurait été changée. Il éprouve une angoisse du hasard, chose que l'on ne signale pas assez à son propos. Il y a pourtant de multiples exemples, presque à toutes les pages. »
Dix-huitème leçon, première partie (Cours du 1er décembre 2003) La Revue littéraire n° 42, janvier 2010
Céline (et la souffrance)

Posté par Serge le 08 janvier 2010

« Amour… pas amour… cela n’a guère d’importance. Ce qui compte c’est de vivre en souffrant le moins possible. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 15 octobre 1932, p. 323
Céline (et la critique)

Posté par Serge Safran le 07 janvier 2010

« Presque toujours les hommes exigent de ceux qui professent une idée qu’ils soient en même temps disciples de cette idée, en général à seule fin de donner prise à leur critique. C’est ce qui explique la majeure partie des récriminations et des sarcasmes qui ont souvent couvert la conduite des penseurs de tout temps – »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 25 octobre 1916, p. 219)
Céline (et l'amour des gens)

Posté par Serge le 06 janvier 2010

« On peut aimer bien des gens à la fois. C’est une vérité qu’on ne découvre guère qu’en mourant. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 15 octobre 1932, p. 324
Céline (et l'amour)

Posté par Serge Safran le 05 janvier 2010

« L’amour est un bouquin que nous achetons tous à un moment de notre existence, l’auteur est plus ou moins talentueux, sa prose et sa forme plus ou moins attrayantes, mais immuablement l’Intrigue et l’Histoire est toujours la même, la vieille, la sempiternelle, qui depuis que le monde est monde fait monter la sève aux bourgeons – »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 octobre 1916, p.226
Céline (et l'imagination)

Posté par Serge le 04 janvier 2010

« Quand on a pas d’imagination, mourir c’est peu de chose, quand on en a, mourir c’est trop. »
Voyage au bout de la nuit ,1932, Le Livre de Poche, p.25
Céline (et le Temps perdu)

Posté par Serge Safran le 20 décembre 2009

« La seule catastrophe tu vois c'est le Temps perdu. »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 291
Céline (et Paris)

Posté par Serge Safran le 18 décembre 2009

« Tu as raison Paris abrutit son monde mais heureusement en somme on n'y sent plus la vie passer – n'est-ce pas là l'essentiel? »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 345
Céline (et la mort)

Posté par Serge Safran le 17 décembre 2009

« – mais la musique du Temps change et n'est jamais la même d'un siècle à l'autre – Seulement c'est la mort qui donne cette musique et elle seulement – il faut payer – c'est atroce et triste – »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 421
Céline (et les cadeaux)

Posté par Serge Safran le 16 décembre 2009

« Recevoir un cadeau c'est déjà se faire mépriser. L'Homme est une trop sale bête, perfide, moucharde, pour lui jamais donner cette prise… JAMAIS »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 121
Céline (et Pascal)

Posté par Serge Safran le 15 décembre 2009

« Le con Pascal il l'avait bonne avec sa chambre. Comme si les malheurs ne poussaient pas pas aussi dans la chambre? et puis il avait des rentes le Pascal! Qui c'est qui vous nourrit dans la chambre? C'était un proustien déjà ce mec-là »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 347
Jules Renard (et la vieillesse)

Posté par Serge Safran le 14 décembre 2009

« Quand on se réjouit d’être jeune, et qu’on remarque qu’on se porte bien, c’est la vieillesse. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 2 mars 1903, p. 635
Céline (et le ragot)

Posté par Serge Safran le 11 décembre 2009

« C'est vouloir remonter le Niagara à la nage que de vouloir empêcher < les hommes > de ragoter stupidement haineusement – à l'infini »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 75
Jules Renard (et le succès des autres)

Posté par Serge Safran le 10 décembre 2009

« Le succès des autres me gêne, mais beaucoup moins que s’il était mérité. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 30 mars 1903, p. 639
Céline (et la musique des mots)

Posté par Serge Safran le décembre 2009

« La magie n'est pas dans les mots elle est dans leur juste touche, ainsi du piano – des airs, du Chopin – des notes – Tu sais tout cela – »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 72
Jules Renard (et l'optimisme)

Posté par Serge Safran le 08 décembre 2009

« Les gens heureux n’ont pas le droit d’être optimistes : c’est une insulte au malheur. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 2 mars 1903, p. 662
Céline (et le bonheur)

Posté par Serge Safran le 07 décembre 2009

« Une bonne journée hors prison sans souffrir au soleil contient tout le bonheur possible humain. »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 60
Jules Renard (à propos de Jarry)

Posté par Serge Safran le 04 décembre 2009

« Jarry et sa carabine. Les balles tombent de l’autre côté du mur. – Vous allez tuer mes enfants ! – Nous vous en ferons d’autres, madame. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 18 avril 1904, p. 707
Céline (et la gloire littéraire)

Posté par Serge Safran le 03 décembre 2009

« Rien pour rendre un homme gonzesse, cabotine, comme trois articles élogieux. Trois bouffées de gloire et ils [tournent ] virent folles. »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 72
August Strindberg (et le mariage)

Posté par Serge Safran le 02 décembre 2009

« C’était là, justement, la cause de la misère relative du mariage, que l’homme entrât dans cette association, parfois en mentant sciemment, le plus souvent en croyant poétiquement transférer son Moi dans l’être qu’il désirait assimiler. »
Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 197
Pierre Michon (et la notice)

Posété par Serge le 01 décembre 2009

« Je suis à moi seul une notice plus assommante que toutes celles de l'antichambre, au Louvre. »
Les Onze Verdier, 2009, p. 70
Filet (Franck)

Posté par Serge le 30 novembre 2009

« Pêche, à la main des fougères. »
Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne,Hubert Haddad, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 77
Alain Blottière (et la vérité des hommes)

Posté par Serge le 27 novembre 2009

« La vérité des hommes est toujours plus belle, plus mystérieuse, que la fiction convenue. »
Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.56
Jack London (et la vie)

Posté par Serge le 26 novembre 2009

« C'était ça la vie? Une chose vaine et fugitive. La vie seule fait souffrir, il n'y a pas de souffrance dans la mort. »
L'amour de la vie Traduit de l'anglais par Paul Wenz, précédé d'une introduction de Firmin Roz, Folio, p. 39
Jack London (et le bonheur)

Posté par Serge Safran le 2009

« Une grande lumière se fit et je vis clair, et je compris que ce n'était pas pour l'argent qu'un homme doit vivre mais pour un bonheur qu'aucun homme ne peut donner, ni acheter, ni vendre, et qui est au-delà de la valeur de tout l'or du monde. »
L'amour de la vie « La piste des soleils » Traduit de l'anglais par Paul Wenz, précédé d'une introduction de Firmin Roz, Folio, p. 221
Jules Renard (et les discussions littéraires)

Posté par Serge Safran le 25 novembre 2009

« Discussion entre Raynaud et moi sur Mallarmé. Je dis : « C’est stupide. » Il dit : « C’est merveilleux. » Et cela ressemble à toutes les discussions littéraires. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 11 mars 1891, p. 70
Retard (Franck)

Posté par Serge le 24 novembre 2009

« Il écrit dans le bois avec une plume d'oiseau, il relit pour voir s'il n' a pas fait de fautes. Il se promène dans la douceur des collines, il a envie de se balader, pas de cavaler. Il repart comme il est arrivé. Mais les feuilles sont fanées. Il est trop tard. »
Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne, Hubert Haddad, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 99
August Strindberg (et la sincérité)

Posté par Serge le lundi 23 novembre 2009

« Non ! L’amour n’existait pas sans illusion. Et conquérir une femme par la sincérité était impossible : s’approcher d’elle la tête haute, le verbe franc, c’était la repousser loin de soi. »
Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 174
Jules Renard (et la modestie)

Posté par Serge Safran le 19 novembre 2009

« – Vous êtes modeste ! – Oui, mais il m’en coûte ! »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 13 novembre 1904, p. 736
Roland Jaccard (et l'art de vivre)

Posté par Serge le 18 novembre 2009

« Tout l’art de vivre se résumerait-il à l’art de nous servir des êtres qui nous font souffrir, comme le soutenait Proust ? »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.34
Nouvelles (Sylvain)

Posté par Serge le 17 novembre 2009

« Je ne veux rien. Le long des jours, une nouvelle fois, je suis la douce lampe, hors de mon esprit et sous la peau. Plus besoin de personne, la nuit dans les feuillages luit comme une dure étoile. Je chanterai un mot, un autre: de l'un à l'autre j'ai toujours habité. Le monde demande de nos nouvelles sous le ciel gris et sans visage. Elles se referment dans le silence des colombes, elles dorment, amies, les yeux fermés. »
Petit inventaire des quatre vents Textes de l'ateleir d'écriture conduit par Hubert Haddad à Rochefort-sur-Loire, in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 89
Jules Renard (tous les matins)

Posté par Serge le 16 novembre 2009

« Tous les matins, en se levant, on devrait dire : Chic ! je ne suis pas encore mort ! »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 5 décembre 1903, p. 685
Paysage (Sylvie)

Posté par Serge le 13 novembre 2009

« Ton cœur bat la chamade dans un pays de sources. Dans l'ombre flotte l'écho de ta mémoire. Les cheveux de mon amour sont la flamme la plus vive que la brise du soir fait danser sur un air endiablé de flamenco. La longue nuit déchire son voile. À l'horizon, l'aube irisée éclaire ce jour nouveau. Il nous appartient de faire partie du paysage. »
Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 93
August Strindberg (et la polissure égalitaire)

Le 2 octobre 2009 par Serge Safran

« La terrible trivialité des contemporains, leur haine pour l’original l’avaient poussé ainsi que beaucoup d’autres au raffinement, pour essayer de sauver sa personnalité propre de la polissure égalitaire. Son goût finement développé ne recherchait pas la maigre beauté des formes et des couleurs, si facilement vouée à la caducité ; il voulait, dans tout ce qui l’environnait, rencontrer un reflet de l’histoire, des souvenirs d’événements mémorables. »
Au bord de la vaste mer, 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 140
Alain Blottière (et l'art)

Posté par Serge le 9 novembre 2009

« Mais pour moi Tommy vivait encore, il m’avait accompagné lors des repérages, il renaissait sous mes yeux, et je respectais sa pudeur et son orgueil. Ce genre de précaution est une limite à mon art, peut-être, mais l’art n’est rien que de l’art, une petite chose utile mais somme toute anodine, un reflet dérisoire des beautés, des larmes et du sang du réel, et je ne suis pas disposé, pour me faire valoir, à lui sacrifier des secrets brûlants. »
Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.111-112
À la campagne (Franck)

Posté par Serge le 12 novembre 2009

« La cloche sonne. Dans la campagne, une rivière. Les libellules sont dans les bois. Un papillon applaudit pour peupler de bruit l'air, tout simplement. Lumière dans les champs froids, clair de lune, barque. Violon de jeune homme. La chaleur des fruits, couverts de merveille. »
Petit inventaire des quatre vents Textes de l'atelier d'écriture conduit par Hubert Haddad à Rochefort-sur-Loire, in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 59
Alain Blottière (et le grand vide du monde d'aujourd'hui)

Posté par Serge le 10 novembre 2009

« Mais à le voir enfermé dans sa chambre-cellule, ce tombeau, se privant de nourriture et de confort sous le portrait de son ombre, je n’arrivais pas à imaginer qu’il renaîtrait, prêt à affronter le grand vide du monde d’aujourd’hui. J’essayais de lui en parler. Ce qu’il aimerait faire, quelles études, quel métier, oui ou non le cinéma… Il ricanait : les études ne menaient nulle part, les métiers donnaient le choix entre prostitution et servitude (je résume d’un mot l’opinion confuse qu’il avait du monde du travail), le cinéma n’était qu’une usine à lieux communs éculés. »
Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.180
August Strindberg (et la femme des temps nouveaux)

Posté par Serge le 5 novembre 2009

« La femme des temps nouveaux, dégagée de tous préjugés, lui avait montré l’ardeur de ses entrailles, et il avait reculé ! Pourquoi ? Peut-être était-il encore dominé par les lois de la tradition et de la coutume ! Car il n’y avait certainement rien eu d’éhonté dans l’explosion de sa passion, aucune trace de l’offre de la fille, pas de geste dévergondé ni de mine effrontée ! Elle l’aimait à sa manière : que demander de plus ? En face d’un semblable amour il pouvait, en pleine sécurité, se lier à elle, car peu d’hommes, sans doute, se pourraient vanter d’avoir allumé pareille flamme ! »
Au bord de la vaste mer 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 167
Roland Jaccard (et la sincérité)

Posté par Serge le 6 novembre 2009

« Être sincère n’est pas si aisé qu’on croit, car nous sommes au mieux les coscénaristes de cette fiction qu’est notre moi. Et pourtant chacun perçoit l’abîme qu’il y a entre la roublardise et la sincérité. »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.26
Jules Renard (et le bonheur)

Posté par Serge Safran le 2 novembre 2009

« On se reconnaît si peu de droits au bonheur qu’on a un peu hâte que ça finisse. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 24 février 1905, p. 756
Jules Renard (et la reconnaissance)

Posté par Serge le 4 novembre 2009

« Rien n’est éternel, même pas la reconnaissance. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 22 décembre 1904, p. 745
Ricardo Piglia (et l'argent)

Posté par Serge le 30 octobre 2009

« Il n’est donc pas vrai que l’argent corrompe ; ce sont plutôt la corruption et la mort qui ont produit l’argent et l’ont institué véritable Roi des humains. »
Respiration artificielle Ricardo Piglia, traduit de l’espagnol ( Argentine), par Isabelle et Antoine Berman, André Dimanche éditeur, 2000, p. 55
Strindberg (et l'amour parfait)

Posté par Serge le 29 octobre 2009

« Puisque l’amour est un leurre réciproque, pourquoi ne pas se laisser tromper ? Rien pour rien ! Et, du moment que le parfait bonheur n’existe pas, pourquoi ne pas se contenter de l’imparfait ? »
Au bord de la vaste mer 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 234
Jules Renard (et les discussions)

Posté par Serge le 28 octobre 2009

« Les discussions les plus passionnées, il faudrait toujours les terminer par ces mots : « Et puis, nous allons bientôt mourir. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 12 novembre 1901, p. 554
Roland Jaccard (et la sincérité)

Posté par Serge Safran le 27 octobre 2009

« Être sincère n’est pas si aisé qu’on croit, car nous sommes au mieux les coscénaristes de cette fiction qu’est notre moi. Et pourtant chacun perçoit l’abîme qu’il y a entre la roublardise et la sincérité. »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p. 26
August Strindberg (et le tout)

Posté par Serge Safran le 23 octobre 2009

« – Je couche ma tête sur tes genoux, continuait-il, mais ne coupe pas mes cheveux pendant que je dors dans tes bras ! Laisse-moi t’exalter, mais ne m’abaisse pas. Sois meilleure que moi ! Tu le pourras, puisque je te préserve de tout contact avec la boue et la misère du monde auxquelles je dois toucher. Ennoblis-moi par les grandes qualités qui me font défaut, et nous formerons un tout complet. »
Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 169
Jules Renard (à paraître)

Posté par Serge Safran le 22 octobre 2009

« On me parle beaucoup de mon roman qui va paraître, afin de ne m’en plus parler quand il aura paru. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 12 décembre 1891, p. 84
Roland Jaccard (et le miracle)

Posté par Serge Safran le 21 octobre 2009

« S’il y a un miracle, c’est celui de la transformation de la vie en passé. Tout ce qui a été et qui ne sera plus. Et qui exige pourtant de demeurer intact dans notre mémoire ou, à défaut, dans nos livres. »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.40
Alain Blottière (et le rôle de l'écriture)

Posté le 13 octobre 2009 par Serge Safran

« La sereine résignation face à la mort, le courage qu’on affiche, parfois le bonheur ou la joie, même, qu’on décrit, ne seraient-ils que des mots offerts à ceux qui vont les lire pour alléger leur peine ? Et si, à l’inverse, les sentiments sont vrais, d’où vient cette force surnaturelle ? De l’exceptionnelle qualité de ces hommes ? De la seule certitude qu’on ne meurt pas en vain ? Ou bien plutôt d’une souffrance si grande, en réalité, que s’élève une muraille pour la contenir dans une zone insensible ? Et quel est le rôle de l’écriture, de la plume et de l’encre, dans l’intensité, la vérité des émotions délivrées sur le papier pour le lecteur absent qu’on aime ? »
Le tombeau de Tommy, Gallimard, 2009, p.204
Jules Renard (et Balzac)

Le 5 octobre 2009 par Serge Safran

« Rien de plus mauvais que les nouvelles de Balzac. C’est trop petit pour lui. D’ailleurs, quand il avait une idée, il en faisait un roman. »
Journal 1887-1910, Bouquins, Robert Laffont, 2005, 20 octobre 1889, p. 30
Jules Renard (et le plaisir de causer)

Le 30 septembre 2009 par Serge Safran

« – On a beau faire, jusqu’à un certain âge – je ne sais pas lequel, – on n’éprouve aucun plaisir à causer avec une femme qui ne pourrait pas être une maîtresse. »
Journal 1887-1910, Bouquins, Robert Laffont, 2005, 30 août 1889, p. 24
Paul Morand (et l’amour)

Le 29 septembre 2009 par Serge Safran

« L’amour se localise trop près des ordures pour ne pas en garder le goût. »
Hécate et ses chiens (1981), L’Imaginaire, Gallimard, p. 97
Mme de Staël (et la vanité)

Le 11 septembre 2009 par Serge Safran

« Quand les femmes d’un certain âge ne sont pas jalouses d’une jeune personne, elles placent leur vanité sur elle ; il faut qu’un succès leur appartienne d’une manière ou d’une autre pour qu’elles le voient avec plaisir. »
Trois nouvelles : « Adélaïde et Théodore », Folio 2 €, 2009, p.43
Gabriel Matzneff (et l’art d’écrire)

Le 24 juin 2009 par Serge Safran

« L’art d’écrire est, lui aussi, à son humble manière, un sacrement du souvenir, un élan créateur qui fixe les paroles, les baisers, les regards, les gestes, les pensées, les parfums, les couleurs, les actes, tout ces riens éphémères qui constituent le tissu de notre existence, pour les modeler, leur donner une forme, les métamorphoser en une œuvre de beauté. »
Carnets noirs 2007-2008, Léo Scheer, 2009, p. 512
Lucien d’Azay ( et la souffrance)

Le 17 août 2009 par Serge Safran

« On ne souffre pas d’ignorer où l’on va, mais de le savoir. »
La volupté sans recours, Autour du Verrou de Fragonard, essai, Climats, 1996, p. 96
Gheorghi Gospodinov (et l’enfance)

Le 12 août 2009 par Serge Safran

« Nous ne serons jamais autant aimés que dans notre enfance. C’est pour cette raison que l’enfance est une période cruelle. Sa cruauté réside dans ce qui va venir après. »
Un roman naturel, (1999), traduit du bulgare par Marie Nivat, Phébus, 2002, p. 146
Carole Martinez (et les mamelons du monde)

Le 7 août 2009 par Serge Safran

« Plongées en elles-mêmes, chacune se remémorait le joli ventre rond, les « pourquoi ? » et les « c’est quoi ? », les baisers mouillés distribués en vrac partout sur la figure que les deux petites mains potelées, posées chacune sur une joue, s’appliquaient à tenir fort alors que son rire découvrait des dents miniatures prêtes à tout dévorer par amour. Et, bien avant tout cela, bien avant les rires et les mots, il y avait eu cette bouche tordue différemment vers le sein ou le soleil, cherchant seule, comme si elle pouvait s’échapper du visage dans lequel on l’avait scellée, à attraper, dans un drôle de petit sourire en coin, les mamelons du monde. »
Le Cœur cousu, Gallimard, 2007, p. 171
Anne-Syvie Salzman ( et le visible)

Le 10 juillet 2009 par Serge Safran

« C’est un son ténu qui ne ressemble à rien, un infime coup de scie, une froissure plaintive de l’air, et souvent l’oiseau, qui fait ce bruit avec les plumes de sa queue – c’est une feinte nuptiale – n’est même pas visible. »
Lamont : « Meannanaich », nouvelles, Le Visage Vert, 2009, p. 57

"Toutes les histoires de ce livre sont habitées par la double grâce de la simplicité et du mystère."
Michèle Gazier, Télérama

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