| Jules Renard à propos de Jarry
Posté par Serge Safran le 02 septembre 2010
« Jarry toujours dans son écurie.
J'aime bien les cloportes, dit-il, mais c'est embêtant à éplucher.
On passe, et on entend: pan! pan! pan! C'est Jarry qui, à coups de revolver, tue des araignées; mais il garde les toiles; ça orne.
Il installe ses cabinets au-dessus de la sonnette de la porte. On tire la corde. La cuvette se vide. Ce mouvement qui est était perdu est utilisé.
Ça tombe bien sur le visiteur, mais les cabinets sont toujours propres. » Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 18 janvierl 1906, p. 811 | Madame de Staël (et les succès d'un homme auprès des femmes)
Posté par Serge Safran le 01 septembre 2010
« Il y a toujours dans les succès d’un homme auprès d’une femme quelque chose qui déplaît, même aux meilleurs amis de cet homme. » Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 280 | Jean-Philippe Domecq (en sortir ou pas)
Posté par Serge Safran le 31 août 2010
« On pense tellement de choses de quelqu'un dès qu'il n'est plus – ah… Qui ne devient bien le lendemain? ! Tant d'affection soudaine, tout ce respect du monde qu'on se met à mériter sous prétexte qu'on n'est plus là pour l'entendre. Nul n'y échappe. Toujours trop tard. Bien ce qui semblait. Pour ça que les jérémiades derrière le cercueil, hein! … Ça ira comme ça. » Le jour où le ciel s'en va Fayard, roman, 2010, p. 164 | Jules Renard (et les compliments)
Posté par Serge Safran le 30 août 2010
« J’aime beaucoup les compliments. Je ne les provoque pas, mais je souffre quand on ne m’en fait pas, et, quand on m’en fait, j’arrête tout de suite : je ne laisse pas la personne s’étendre comme je voudrais. » Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 19 avril 1906, p. 827 | Jean-Philippe Domecq (et les sensibles)
Posté par Serge Safran le 27 août 2010
« On croit bêtement que c'est les sensibles qui rêvent, mais non, ils sont bien trop occupés par l'angoisse. » Le jour où le ciel s'en va , Fayard, roman, 2010, p. 51 | Chesterton (et l'engendrement)
Posté par Serge Safran le 26 août 2010
« À quoi bon engendrer un être humain tant qu’on n’a pas établi à quoi sert d’être un homme ?
» « De l’esprit négatif » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 34-35 | Madame de Staël (et l'éternité)
Posté par Serge Safran le 25 août 2010
« Ah ! sans doute, c’est par l’amour que l’éternité peut être comprise ; il confond toutes les notions du temps ; il efface les idées de commencement et de fin ; on croit avoir toujours aimé l’objet qu’on aime, tant il est difficile de concevoir qu’on ait pu vivre sans lui. Plus la séparation est affreuse, moins elle paraît vraisemblable ; elle devient, comme la mort, une crainte dont on parle plus qu’on y croit, un avenir qui semble impossible, alors même qu’on le sait inévitable.
» Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 215 | Chesterton (et les choses mortelles)
Posté par Serge Safran le 24 août 2010
« L’homme ne peut aimer les choses mortelles. Il ne peut aimer que les choses immortelles pendant un instant.
» « Omar et la vigne sacrée » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 97 | Jean-Philippe Domecq (et le doute)
Posté par Serge Safran le 23 août 2010
« (C'est tout de même incroyable ce que les gens ne doutent de rien. D'eux-mêmes, passe encore; mais du temps, du ciel, c'est ne pas douter du tout.) » Le jour où le ciel s'en va , Fayard, roman, 2010, p. 91 | Madame de Staël (et la superstition secrète)
Posté par Serge Safran le 20 août 2010
« Dans les combats de sentiment, qui n’a pas souvent éprouvé, je ne sais quelle superstition secrète, qui nous fait prendre ce que nous pensons pour un présage, et ce que nous souffrons pour un avertissement du ciel ? Ah ! quelle lutte se passe dans les âmes susceptibles et de passion et de conscience !
» Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 202 | Chesterton (et l'univers)
Posté par Serge Safran le 19 août 2010
« Dès que nous avons une perception de l’univers, il nous appartient.
» « M. Rudyard Kipling et ce qui rétrécit le monde » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 41 | Truman Capote , échecs, réussites…
Posté par Serge Safran le 18 août 2010
« Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs, tout comme c'est une réaction ordinaire d'oublier ceux qui ont pris part à nos réussites. » De sang-froid (1965), Récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences, traduit de l'anglais par Raymond Girard, Folio, p. 219-220 | Chesterton (et le progrès)
Posté par Serge Safran le 17 août 2010
« Personne ne doit se mêler d’utiliser le mot « progrès » s’il n’a pas un credo bien défini et un code moral irréfutable.
» « De l’esprit négatif » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 35 | Madame de Staël (et les pressentiments)
Posté par Serge Safran le 11 août 2010
« Quand on est capable de se connaître, on se trompe rarement sur son sort ; et les pressentiments ne sont le plus souvent qu’un jugement sur soi-même qu’on ne s’est pas encore tout à fait avoué. » Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 309 | Madame de Staël (et l'infini)
Posté par Serge Safran le 13 août 2010
« Pauvre nature humaine ! nous ne connaissons l’infini que par la douleur ; et dans toutes les jouissances de la vie, il n’est rien qui puisse compenser le désespoir de voir mourir ce qu’on aime. » Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 358 | Madame de Staël (et l'existence)
Posté par Serge Safran le 12 août 2010
« Il ne vient que trop tôt le moment où l’existence fatigue dans chacune de ses heures comme dans son ensemble, où chaque matin exige un travail pour supporter le réveil et conduire le jour jusqu’au soir.
» Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 278 | Chesterton (et l'existence des choses)
Posté par Serge Safran le 10 août 2010
« Tant que nous ne comprenons pas que les choses pourraient ne pas exister, nous ne pouvons comprendre qu’elles existent.
» « M. Bernard Shaw » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 60 | Samuel Richardson (et la poussière)
Posté par Serge Safran le 09 août 2010
« Qu’est-ce que dix, quinze, vingt-cinq ou trente ans peut-être, qui nous restent à vivre, et pendant lesquels nous sommes menacés à tous moments de rentrer dans la poussière dont nous sommes sortis !
(M. Belford, à M. Lovelace. Mardi, 22 d’août. Lettre 329)
» Lettres angloises ou Histoire de Miss Clarisse Harlove (1751), Traduction d'Antoine-François Prévost d'Exiles, PUL, 2007, p. 528 | Madame de Staël (et la personne de génie)
Posté par Serge Safran le 02 août 2010
« Quand une personne de génie est douée d’une sensibilité véritable, ses chagrins se multiplient par ses facultés mêmes : elle fait des découvertes dans sa propre peine, comme dans le reste de la nature, et le malheur du cœur étant inépuisable, plus on a d’idées, mieux on le sent. » Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 419 | Camille Laurens, le désir, et la folie du sexe…
Posté par Serge Safran le 06 août 2010
« Le sexe est une folie quand, au lieu d'unir, il sépare, renvoyant l'homme au délire de sa solitude. » Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 237 | Madame de Staël (et les âmes sensibles)
Posté par Serge Safran le 05 août 2010
« Il n’y a que les âmes sensibles qui savent se ménager réciproquement ; l’amour-propre, si susceptible pour lui-même, ne devine presque jamais la susceptibilité des autres.
» Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 203 | Céline (et la lâcheté)
Posté par Serge Safran le 04 août 2010
« Toute possibilité de lâcheté devient une magnifique espérance à qui s’y connaît. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 122 | Christian Giudicelli (et l'idée de la mort)
Posté par Serge Safran le 03 août 2010
« Jacques se demande si désormais il ne va pas écrire pour s'habituer à l'idée de la mort. Parce que repousser la mort en écrivant sa vie, comme il en avait eu l'espoir, appartient au folklore des rêves d'adolescent. » Square de la Couronne , Gallimard, 2010, p. 248 | Céline (et la peur)
Posté par Serge le janvier 2010
« C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 21 | Christian Giudicelli (et la littérature)
Posté par Serge Safran le 9 juillet 2010
« Quand la littérature entre en jeu, la vie n'a plus si mauvaise mine. » Square de la Couronne , Gallimard, 2010, p. 99 | Patricia Highsmith (et les objets de qualité)
Posté par Serge Safran le 00 mai 2010
« Il adorait non pas posséder une foule de choses, mais quelques objets choisis dont il ne se séparait plus. Cela vous donnait du poids. Rien d’ostentatoire, mais des objets de qualité, qui lui rappelaient qu’il existait et lui faisaient pleinement savourer son existence. » Monsieur Ripley Le Livre de poche, Calmann-Lévy, 1956, roman traduit de l'américain par Jean Rosenthal | Camille Laurens, les hommes et la mort…
Posté par Serge Safran le 06 juillet 2010
« Les hommes sont toujours plus enfoncés dans la mort. Quel crime ont-ils commis pour vouloir s'en délivrer dans l'oubli? Est-ce un pays, une patrie où il leur semble qu'ils vont quitter leur corps, un jour, s'en défaire un peu mieux que dans la violence ou l'amour? » Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 295 | Olivier Goldsmith (et la conscience)
Posté par Serge Safran le 02 juillet 2010
« Les reproches de la conscience qui a du mal ne durent guère. La conscience est une poltronne, et les fautes qu'elle n'a pas eu la force de prévenir, elle a bien rarement la justice de les condamner. » Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 128 | Céline (et Emma Bovary)
Posté par Serge Safran le 1 juillet 2010
« Qu'Emma Bovary se fasse enfiler en fiacre par Léon à présent doit se faire enculer au moins par deux débardeurs jaloux dans les bas quartiers de Rouen. Et cet intérêt sera bref. On attend le grand romancier de la Partouze – « Vous avez juré de ne pas éjaculer dans ma femme, Monsieur! » » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 22 janvier 1949, p. 1137 | René Daumal (et la voix)
Posté par Serge Safran le 30 juin 2010
« Je puis vous dire, donc, que j'ai peur de la mort. Non pas de ce qu'on imagine de la mort, car cette peur est elle-même imaginaire. Non pas de ma mort dont la date sera consignée dans les registres de l'état civil. Mais de cette mort que je subis à chaque instant, de la mort de cette voix qui, du fond de mon enfance, à moi aussi, interroge: « que suis-je? » et que tout, en nous et autour de nous, semble agencé pour étouffer pour étouffer encore et toujours. » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 38-39 | Camille Laurens (et la réponse)
Posté par Serge Safran le 29 juin 2010
« Je n'écris pas pour que vous répondiez, non; j'écris parce qu'il n'y pas de réponse. » Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 309 | Max Genève (et la méchanceté)
Posté par Serge Safran le 28 juin 2010
« Comme lecture d'agrément, la méchanceté passe mieux que la gentillesse. » Noir Goncourt Anabet Éditions, 2010, p. 194-195 | René Daumal (et la philosophie)
Posté par Serge Safran le 00 mai 2010
« Un bon pot-au-feu vaut tout de même mieux qu'une philosophie menteuse. » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 35 | Céline (et la littérature)
Posté par Serge Safran le 00 mai 2010
« Dépourvu de toute jalousie, don juanisme, sadisme, etc… je n'ai jamais eu d'enthousiasme que pour la beauté des formes, leur fluidité, jeunesse, la grâce la fraîcheur. Je suis très athénien en ce sens – Mais la littérature autour? Quelle merde ennuyeuse! » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 28 février 1948, p. 1016 | René Daumal, le commencement, et la fin
Posté par Serge Safran le 23 juin 2010
« Peut-être est-il toujours artificieux de parler du commencement et de la fin d'une histoire, alors que nous ne saisissons jamais que des phases intermédiaires. » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 167 | Annie Cohen (au milieu du tumulte)
Posté par Serge Safran le 22 juin 2010
« vous n'êtes pas maître de la seconde qui vient /
fermez les yeux /
ne parlez plus /
au milieu du tumulte /
devenez silenciaire /
incendiaire de la bouche muette » Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 22 | Camille Laurens (et la séduction)
Posté par Serge Safran le 21 juin 2010
« Aux hommes qu'elle veut séduire, aux parfaits inconnus pour qui elle est une inconnue, elle ne dit jamais qu'elle écrit. Elle ne cherche pas de lecteurs, elle préfère qu'on lise dans ses yeux. » Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 271 | Madame de Staël (et la mort)
Posté par Serge Safran le 18 juin 2010
« Si la mort n'est, comme je le crois, qu'un appel à une existence plus heureuse, pourquoi le parfum des fleurs, l'ombrage des beaux arbres, le souffle rafraîchissant du soir ne seraient-ils pas chargés de nous en apporter la nouvelle? » Corinne ou l'Italie (1807), Folio classique, p. 143 | Camille Laurens, le désir, et l'intelligence de l'Autre.
Posté par Serge Safran le 17 juin 2010
« Je ne suis pas contre la pitié, la charité, l'aide humanitaire – ce n'est pas la question.
Je suis contre la tentative d'établir dans la société, par tout un réseau de conventions et d'interdits tacites, ce qui ne peut s'obtenir vraiment que par son contraire exact, ce qu'aucun frère ni camarade, dans son désir niais d'unité familière ou familiale, ne reçoit ni ne donne jamais: le sentiment profond du Pas-moi; l'intelligence de l'Autre. » Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 211 | Annie Cohen (et le langage)
Posté par Serge Safran le 15 juin 2010
« " Ce dessin représente l'effort que je tente en ce moment pour refaire corps avec l'os des musiques de l'âme ", écrivait Antonin Artaud. Mais que doit-on au langage qui n'a pas encore été payé? Serait-ce pour édifier ailleurs (où?) le monde qui ne se prononce pas? » Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 121-122 | Madame de Staël (et la légèreté spirituelle)
Posté par Serge Safran le 07 juin 2010
« La légèreté spirituelle en impose à l'esprit méditatif; et celui qui se dit heureux semble plus sage que celui qui souffre. » Corinne ou l'Italie (1807), Folio classique, p. 38 | Paul Wenz (et la vieille histoire…)
Posté par Serge Safran le 11 juin 2010
« Le jeu? la femme ou le whisky? me demanderez-vous. La femme d'abord; le whisky est venu ensuite, et il est venu pour rester, j'en ai peur… La vieille histoire… L'amoureux délaissé va chercher consolation dans la bouteille. La bouteille m'a empêché de me faire sauter la cervelle, reste à savoir si c'est un service qu'elle m'a rendu, j'en doute. » Le Trader (1902), La Petite maison, 2010, p. 12 | Han Yu-joo (et la fiction)
Posté par Serge Safran le 09 juin 2010
« La fiction n'est pas un mensonge, mais toutes les histoires ne se composaient que de mensonges. » Rideau in Écrivains de Corée du Sud, Europe n° 973, mai 2010, p.290-291 | Camille Laurens, le désir, et la parole…
Posté par Serge Safran le 8 juin 2010
« Toute parole est en trop quand on a du désir, d'ailleurs parler l'annule – il n'y a pas de mots pour dire le désir, pas de mots courants qui ne servent à le trafiquer, à le masquer, à l'apaiser ou à la détruire. » Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 38 | René Daumal (et la peur de la mort)
Posté par Serge Safran le 4 juin 2010
« Je ne veux pas mourir sans avoir compris pourquoi j'avais vécu. Et vous, avez-vous jamais eu peur de la mort? » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 36 | Olivier Goldsmith (et la résistance humaine)
Posté par Serge Safran le 3 juin 2010
« L'homme ne sait guère quelles calamités sont au-dessus de sa force de résistance, jusqu'à ce qu'il en ait fait l'épreuve. » Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 170 | Céline (et le français)
Posté par Serge Safran le 00 mai 2010
« J'ai la manie, la passion du parler français, je l'avoue (…) Le français m'est indispensable comme l'air du temps, ne m'est pas une coquetterie, un caprice. C'est une respiration. » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 27 mai 1949, p. 1191 | René Daumal (marcher avec la tête)
Posté par Serge Safran le 01 juin 2010
« Un compagnon beaucoup plus expérimenté que moi me dit: « Quand les pieds ne veulent plus vous porter, on marche avec sa tête. » Et c'est vrai. Ce n'est peut-être pas dans l'ordre des choses, mais ne vaut-il pas mieux marcher avec la tête que penser avec les pieds, comme il arrive souvent? » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 166 | Annie Cohen (et la vérité)
Posté par Serge Safran le 31 mai 2010
« L'écrit donne vérité à la vie. » Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 97 | Céline (et la poésie)
Posté par Serge Safran le 27 mai 2010
« Je suis povouëte et que povouëte. » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 3 septembre 1948, p. 1076 | Annie Cohen (et la différence)
Posté par Serge Safran le 26 mai 2010
« En dehors de soi, il n'y a rien, on est là, on n'est pas là, c'est quoi la différence? » Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 42 | Mathieu Terence (et le désir de néant)
Posté par Serge Safran le 25 mai 2010
« Après la saignée spirituelle du nazisme et du communisme totalitaire, après surtout Hiroshima, l'homme sait qu'il peut causer l'extinction de son espèce. Est alors refoulé ce désir de néant qui, pour fantasmer qu'il fût, n'en fondait pas moins toute affirmation de liberté. On peut dès lors s'interroger sur le devenir de cette soif d'un négatif absolu et se dire qu'elle ne peut que se retrouver à l'œuvre dans tout ce que l'homme s'autorise désormais à être sous couvert d'un positif, mais en réalité mortifère, « vivre ensemble ». » La poésie continuée par d'autres moyens: Annie Le Brun in La Nouvelle Revue Française, avril 2010, p. 110 | Olivier Goldsmith (et la douleur)
Posté par Serge Safran le 20 mai 2010
« Pourquoi l'homme est-il ainsi sujet à la douleur? Pourquoi notre misère est-elle un élément indispensable de la félicité universelle? Dans les autres systèmes, la perfection du tout résulte de celle de leur propres parties. Pourquoi faut-il au grand système, pour qu'il soit parfait, des parties non seulement appartenant à d'autres systèmes, mais encore imparfaites en elles-mêmes?… Questions qu'il est impossible de résoudre, et dont la solution serait d'ailleurs inutile. Il y a là un mystère que la Providence a cru devoir cacher à notre curiosité: elle se borne à nous assurer des consolations. » Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 283-84 | René Daumal (et l'indésirable)
Posté par Serge Safran le 00 mai 2010
« Le chemin des plus hauts désirs passe souvent par l'indésirable. » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 84 | Olivier Goldsmith (et le temps)
Posté par Serge Safran le 18 mai 2010
« Plus nous vieillissons, plus les jours nous semblent courts, plus l'habitude de voir marcher le temps nous fait perdre le sentiment de la lenteur de sa marche. » Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 289 | René Daumal (et la surprise)
Posté par Serge Safran le 17 mai 2010
« Une longue attente de l'inconnu use les ressorts de la surprise. » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 109 | René Daumal (et la torpeur)
Posté par Serge Safran le 14 mai 2010
« Ah! si les savants d'aujourd'hui, au lieu d'inventer sans cesse de nouveaux moyens de rendre la vie plus facile, mettaient leur ingéniosité à fabriquer des instruments propres à tirer les hommes de leur torpeur! Il y a bien les mitrailleuses, mais cela dépasse de trop le but… » Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 31 | Patricia Highsmith (et le plaisir)
Posté par Serge Safran le 12 mai 2010
« Il se rendit compte que l’attente du plaisir lui était plus agréable que l’expérience même du plaisir. » Monsieur Ripley Le Livre de poche, Calmann-Lévy, 1956, roman traduit de l'américain par Jean Rosenthal | Olivier Goldsmith (et la pauvreté)
Posté par Serge Safran le 11 mai 2010
« Tant qu'on a le nécessaire, on n'est pas pauvre; quand on ne l'a plus, on est nécessairement misérable. » Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 287 | Max Genève (et l'activité artistique)
Posté par Serge Safran le 10 mai 2010
« La proximité du vide est indissociable de toute activité artistique. Tous les créateurs en font l'expérience, il y a toujours un instant, aussi fugace, inaperçu soit-il, où ce qui se prépare à naître hésite à quitter le néant. » La cathédrale perdue , Éditions Jean Paul Bayol, L'Esprit de l'escalier, 2010, p. 36 | Stanislas-André Steeman (et Londres)
Posté par Serge Safran le 7 mai 2010
« Vous trouveriez difficilement deux personnes considérant un pays ou une ville sous le même angle. Ainsi, Londres… Pour les uns cela signifie Piccadilly Circus et son bouquet d'enseignes lumineuses; pour les autres, une maison amie de Bloomsbury ou de Belgravia; pour d'autres encore, Rotten Row et ses amazones, Chelsea et ses quais balayés par le vent.
Pour M. Julie, Londres, c'était le British Museum. » L'assassin habite au 21 (1939), les Classiques du Masque, p. 50 | Céline (et la littérature)
Posté par Serge Safran le 06 mai 2010
« La littérature est un métier de fous vaniteux – je m'en rends bien compte et je me guéris comme je peux par d'épouvantables épreuves. » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, jeudi 4 [octobre 1945], p. 776 | Roberto Arlt (et la fuite)
Posté par Serge Safran le 04 mai 2010
« Par instants, Erdosain envisage la fuite. Partir. Mais, à mesure que les heures passent, comme un feu follet à la surface des marais, la souffrance d’Erdosain fait surgir une question :
– Partir. Mais pour aller où ?
– Plus loin encore.
Une immense pitié s’empare de sa chair. S’il pouvait convaincre son corps, sa forme physique, qu’il y a nul « plus loin » sur terre ni au ciel… mais c’est inutile. C’est sa chair qui crie lentement : « Plus loin encore. » Où ? Il ferme les yeux et répète : « Où pourrais-je t’emporter ? Où que tu ailles, le désespoir t’accompagnera. Tu souffriras et diras comme maintenant : plus loin encore ; et il n’y a pas de plus loin sur la terre. Le plus loin n’existe pas. N’a jamais existé. Où que tu ailles, tu verras la tristesse.
» Les Lance-Flammes (1931), Bibliothèque Belfond, 1991, p. 57 | Stanislas-André Steeman (et le slogan)
Posté par Serge Safran le 00 avril 2010
« Le Pr Lalla-Poor replia le Daily Chronicle:
- On vient de découvrir dans un chenil abandonné, proche de Ruskin Park, le corps d'une femme complètement nue, étranglée à l'aide de ses propres cheveux… Curieux, naturellement!
- Oui, mais… dit miss Pawter, reprise par sa manie de composer des slogans à tout propos, « Mr Smith assassine mieux! »
» L'assassin habite au 21 (1939), les Classiques du Masque, p. 222 | Céline (et les souvenirs)
Posté par Serge Safran le 00 avril 2010
« Puisqu'on ne vit que de souvenirs… qu'ils soient admirables! » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 26 octobre 1947, p. 971 | Marin de Viry (et la modalité)
Posté par Serge Safran le 21avril 2010
« Au XVIIIe siècle, le tourisme est une modalité de l'éducation chrétienne, au XIXe, il devient une modalité de l'insertion sociale. » Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 90 | Céline (et les voyages)
Posté par Serge le 20 avril 2010
« Les voyages tu sais, c’est encore une autre illusion. C’est un procédé littéraire. C’est le paradis des imbéciles disait un homme qui s’y connaissait. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 10 mai 1925, p. 274 | Roberto Arlt (et la vie intérieure)
Posté par Serge Safran le 16 avril 2010
« Dans une sorte de journal où il notait ses soucis (et que le chroniqueur de cette histoire utilise fréquemment pour ce qui a trait à la vie intérieure du personnage), il retrouva ces lignes : « C’est comme si en nous, le calque d’une personne était glissé dans une matière semblable au plâtre, dont le relief s’efface sous le frottement. J’avais souvent évoqué cette chère existence, pour la maintenir en moi, intacte, et elle, qui avait d’abord été gravée dans mon esprit avec ses ongles et ses cheveux, ses membres et ses seins, voilà qu’elle allait peu à peu se mutilant… »
En réalité, Elsa était pour Erdosain comme une de ces photos jaunies par le temps et qui ne nous disent plus rien, absolument rien, de l’original – dont elles sont pourtant l’exacte reproduction.
» Les Lance-Flammes (1931), Bibliothèque Belfond, 1991, p. 31 | Céline (et l'impatience)
Posté par Serge Safran le 15 avril 2010
« L'impatience est le vinaigre des supplices. » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, jeudi 1 août [194]6, p. 825 | Jean-Marie Laclavetine (et l'amour)
Posté par Serge Safran le 14 avril 2010
« L'amour est un travail, lent et harassant, une conquête austère, une peine. » Nous voilà , Gallimard, 2009, p. 292 | Céline (et le con)
Posté par Serge Safran le 00 avril 2010
« Ce que veut le con c'est un miroir pour son âme de con où il puisse s'admirer –… d'où le cinéma et les romans d'immenses tirages – « miroirs pour les âmes du plus grand nombre de cons possibles ». » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009,28 juillet [1947], p. 931 | André Pieyre de Mandiargues (loin de la ville)
Posté par Serge Safran le 12 avril 2010
« Certains moments, dans les endroits très écartés des villes, des constructions modernes et de ce qu'on appelle, en gros, la « civilisation », révèlent à un témoin sensible une extraordinaire harmonie (plus apparente, d'ailleurs, que réelle), où l'on dirait que se répondent tous les éléments de la nature. Le témoin, selon son caractère, plus souvent que d'en faire partie, a l'impression de se trouver exclu de tel ensemble. Ainsi vient-il à un sentiment de solitude, qui commande autant la peur d'autrui que l'ennui, ou le plaisir, d'être seul. » Le lis de mer (1956) Folio p. 65 | Marin de Viry (et l'amour)
Posté par Serge Safran le 09 avril 2010
« Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'amour qu'il n'y a pas d'humanité. L'humanité survivra à l'amour. c'est d'ailleurs ce qu'elle est en train de faire. » Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 15 | André Pieyre de Mandiargues (et un beau sourire)
Posté par Serge Safran le 08 avril 2010
« Il y a quelque chose de singulièrement actuel (par rapport au temps) dans un beau sourire, quoique certaines personnes ne puissent ne voir des dents que sans penser à la mort. » Le lis de mer (1956) Folio p. 47 | Céline (et le chant)
Posté par Serge Safran le 00 avril 2010
« Ce qui ne chante pas n'existe pas pour l'âme. » Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 [juin 1947], p. 922 | Marin de Viry (et le tourisme)
Posté par Serge Safran le 06 avril 2010
« Le tourisme sert à mieux définir les caractéristiques de son être, caractéristiques stupides comprises, dans un décor et des situations propices à un retour sur soi. » Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 55 | Céline (et l'intimité)
Posté par Serge Safran le 2 avril 2010
« On n'existe que dans l'intimité muette des hommes et des choses. On circonscrit on ne définit pas. Sentir et se taire. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 463 | Pierre Girard (et le Journal intime)
Posté par Serge Safran le 00 mars 2010
« J'ai horreur du Journal intime, cette perpétuelle confidence à une concierge invisible. » Lina in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 103 | Marin de Viry (et le style)
Posté par Serge Safran le 31 mars 2010
« On voyage pour donner un style à son honneur. » Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 78 | Céline (et le renoncement)
Posté par Serge le janvier 2010
« C’est plus difficile de renoncer à l’amour qu’à la vie. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 76 | Serge Koster (et l'étymologie)
Posté par Serge Safran le 29 mars 2010
« Il y a quelque chose de délectable dans les facéties étymologiques. Elles font remonter l'anglicisme pedigree à l'ancien français pié de grue: avant que la grue ne désignât la putain exerçant son métier sur le trottoir délimité par ses allées et venues, l'expression renvoyait à la triple marque de sa patte, trois petits traits utilisés dans les registres officiels anglais pour établir et certifier l'appartenance à une lignée ancestrale; cela valait pour l'homme comme pour l'animal dit de race pure. Race, vraiment? » Léautaud tel qu'en moi-même in la Revue littéraire, avril 2010, p. 57 | Pierre Girard (heureux et malheureux)
Posté par Serge Safran le 00 mars 2010
« On n'est jamais heureux ou malheureux de la manière qu'on prévoit. » Lina in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 127 | Céline (et la pensée)
Posté par Serge le janvier 2010
« Pour que dans le cerveau d’un couillon la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et des bien cruelles. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 32 | Pierre Girard (et la Revue des Deux Mondes)
Posté par Serge Safran le 24 mars 2010
« Mais heureusement que le prince les aperçut tout rouges, l'un en face de l'autre tenant chacun des deux mains une Revue des Deux Mondes, comme si elle pesait cent kilos. » Curieuse métamorphose de John in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 81 | Céline (et la jeunesse)
Posté par Serge le janvier 2010
« On perd la plus grande partie de sa jeunesse à coups de maladresses. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 85 | Pierre Girard (et l'iniquité)
Posté par Serge Safran le 00 mars 2010
« Ce n'est pas la moindre iniquité de ce monde, que seuls les riches puissent vivre comme les pauvres. » Lina in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 102 | Pierre Girard (et les femmes)
Posté par Serge Safran le 19 mars 2010
« Non, elle ne se retournait pas. Les femmes ne se retournent pas. Les choses ne reviennent jamais. Elles se métamorphosent, tout au plus. » Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 37 | Céline (et ce qui peut rendre un être agréable)
Posté par Serge Safran le 18 mars 2010
« C'est étonnant ce qu'on a du mal à s'imaginer ce qui peut rendre un être plus ou moins agréable aux autres… On veut le servir pourtant, lui être favorable, et on bafouille… C'est pitoyable, dès les premiers mots… On nage. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 392 | Éric Chevillard (et la durée de la vie)
Posté par Serge Safran le 17 mars 2010
« Comme la vie est courte! déplorent toutes les vieilles personnes. Que diraient-elles donc à notre place? » Le Tigre (La bête) , n° 3 (nouvelle formule) du 13 au 26 mars 2010 | Pierre Girard (et les revers de la médaille)
Posté par Serge Safran le 16 mars 2010
« Chaque année il faisait frapper une médaille à sa propre effigie, et la distribuait à ses amis. Au revers, il y avait un portrait de femme, un nom d'ailleurs chaque fois autre, car il avait une maîtresse par an. Il changeait à Pâques » Curieuse métamorphose de John in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 79 | Céline (et la souffrance)
Posté par Serge le 12 mars 2010
« Si les gens sont si méchants, c’est peut-être seulement parce qu’ils souffrent, mais le temps est long qui sépare le moment où ils ont cessé de souffrir de celui où ils deviennent un peu meilleur. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 78 | Pierre Girard (et l'évitement)
Posté par Serge le 11 mars 2010
« Dès que l'on cherche à éviter quelqu'un, le sort nous ramène avec une obstination suspecte auprès de lui. » Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 156 | Céline (et le malheur des hommes)
Posté par Serge Safran le 08 mars 2010
« Ne croyez donc jamais d'emblée aux malheurs des hommes. Demandez-leur seulement s'ils peuvent dormir encore?… Si oui, tout va bien. Ça suffit. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 424 | Pierre Girard (et la publication)
Posté par Serge Safran 04 mars 2010
« Ce qui est amusant, c'est d'écrire, ce n'est pas de publier (du moins je pense). » Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 168 | Céline (et la vanité)
Posté par Serge le 03 mars 2010
« Il n’y a pas de vanité intelligente. C’est un instinct. Il n’y a pas d’homme non plus qui ne soit pas avant tout vaniteux. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 125 | Jean-Marie Laclavetine (et la vraie vie)
Posté par Serge Safran le 02 mars 2010
« Il faudrait pouvoir vivre seul, totalement et définitivement, ne rien espérer d'autrui, sans amis pour vous décevoir, sans amours pour vous déchirer, une vie face à soi, à contempler la mort qui vient, que demander de plus. La vraie vie. Ni Dieu, ni maîtresse. » Nous voilà , Gallimard, 2009, p. 58 | Céline (et la solitude)
Posté par Serge Safran le février 2010
« Être seul c'est s'entraîner à la mort. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 377 | Pierre Girard (et le champagne)
Posté par Serge le 26 février 2010
« Rien n'indispose le locataire comme les feux du soleil levant sur une coupe à champagne. » Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 28 | Céline (et l'attente)
Posté par Serge Safran le 25 février 2010
« En deux heures je connus tout de son âme, pour le corps j'attendis encore un peu. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 361 | Pierre Girard (et la poésie)
Posté par Serge Safran le 24 février 2010
« La poésie, c'est quand les gens sont partis, qu'il reste des verres à demi pleins, les cendres qu'une bouffée de vent nocturne répand sur les cartes éparses. » Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 138 | Céline (et le manque)
Posté par Serge Safran le 23 février 2010
« Tout nous manque à partir d'un certain moment – la lutte n'est plus égale entre le Désir et les Regrets. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 437 | Pierre Girard (et les événements)
Posté par Serge Safran le 22 février 2010
« On obtient tout au monde à condition de ne rien faire. Les événements obéissent à des lois que nous ne pouvons que contrarier par nos actions. » Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 45 | Céline (et la musique)
Posté par Serge Safran le 19 février 2010
« Je ne suis qu'un ouvrier d'une certaine musique et c'est tout et tout le reste m'est indifférent, incompréhensible, paniquement ennuyeux. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 556 | Pierre Girard (et le printemps)
Posté par Serge Safran le 18 février 2010
« Le printemps s'annonce, croit-on, par les pousses gluantes, le chant des oiseaux, les perce-neige. Oui, en mars. Mais dès la mi-février, il déboule comme un petit lièvre, dans le cœur des jeunes filles. » Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 24-25 | Céline (et l'ennui)
Posté par Serge Safran le 17 février 2010
« La vie c'est une classe dont l'ennui est le pion, il est là tout le temps à vous épier d'ailleurs, il faut avoir l'air d'être occupé, coûte que coûte, à quelque chose de passionnant, autrement il arrive et vous bouffe le cerveau. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 352 | Céline (et les hommes)
Posté par Serge Safran le 16 février 2010
« Mais que peut-on pour les hommes? Rien. Exactement Rien. Ce serait fait depuis longtemps s'ils avaient autre chose entre eux que du meurtre. Au fond rien ne les a jamais empêchés de devenir meilleurs… Rien. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 468 | Michel Crépu (en littérature)
Posté par Serge Safran le 15 février 2010
« En littérature, un livre, ce n'est pas seulement un ensemble de données imprimées, c'est quelqu'un. J'ouvre un roman, j'entre en relation avec un monde singulier, ayant ses lois, ses habitudes, ses histoires, son destin particulier. Que je rouvre par exemple Guerre et Paix et les voix de la famille Rostov se lèvent à nouveau, je peux les entendre, je peux vivre avec eux et cela est fascinant. En même temps que j'entre dans l'intimité d'un monde, ma relation au monde ambiant s'en trouve elle aussi approfondie. » Journal littéraire in Revue des Deux Mondes, décembre 2009, p.39-40 | Céline (et les choses auxquelles on tenait le plus)
Posté par Serge Safran le 11 février 2010
« Les choses auxquelles on tenait le plus, vous vous décidez un beau jour à en parler de mois en moins, avec effort quand il faut s'y mettre. On en a bien marre de s'écouter toujours causer… On abrège… On renonce… Ça dure depuis trente ans qu'on cause… On ne tient plus à avoir raison. L'envie vous lâche de garder même la petite place qu'on s'était réservée parmi les plaisirs… On se dégoûte… Il suffit désormais de bouffer un peu, de se faire un peu de chaleur et de dormir le plus qu'on peut sur le chemin de rien du tout. Il faudrait pour reprendre de l'intérêt trouver de nouvelles grimaces à exécuter devant les autres… Mais on n'a plus la force de changer son répertoire. On bredouille. On se cherche bien encore des trucs et des excuses pour rester là avec eux les copains, mais la mort est là aussi elle, puante, à côté de vous, tout le temps à présent et moins mystérieuse qu'une belote. Vous demeurent seulement précieux les menus chagrins, celui de n'avoir pas trouvé le temps pendant qu'il vivait encore d'aller voir le vieil oncle à Bois-Colombes, dont la petite chanson s'est éteinte à jamais un soir de février. C'est tout ce qu'on a conservé de la vie. Ce petit regret bien atroce, le reste on l'a plus ou moins bien vomi au cours de la route, avec bien des efforts et de la peine. On n'est plus qu'un vieux réverbère à souvenirs au coin d'une rue où il ne passe déjà presque plus personne. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 453 | Pascale Gautier (et la mort)
Posté par Serge Safran le 10 février 2010
« Ça doit être tellement rassurant d'être convaincu qu'une fois mort, on est enfin vivant. » Les Vieilles , éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 142 | Céline (et la haine)
Posté par Serge le janvier 2010
« Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tout seuls. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 120 | Céline (et les douleurs)
Posté par Serge Safran le 09 février 2010
« Les douleurs physiques hurlent volontiers, mais les autres… Honteuses, silencieuses, comme elles attendent passionnément la mort! » Lettres , édition étaablie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 568 | Pascale Gautier (et la voix humaine)
Posté par Serge Safran le 08 février 2010
« Quelques minutes ont passé, lentes et claires. Il est neuf heures du matin. Elle n'a plus rien à faire. » Les Vieilles , Éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 47 | Céline (et le pourquoi)
Posté par Serge le janvier 2010
« Jamais, ou presque, ils ne demandent le pourquoi, les petits, de tout ce qu’ils supportent. Ils se haïssent les uns les autres, ça suffit. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 154 | Pascale Gautier (et le pire)
Posté par Serge Safran le 04 février 2010
« Ça servait à quoi de passer son temps à se dire que tout était foutu, que demain serait pire qu'aujourd'hui? Il se faisait du mal pour rien. Forcément tout était foutu. Sa grand-mère à elle, Régine, le disait déjà. Donc c'est forcément bien pire aujourd'hui. Et maintenant qu'on sait que c'est pire on fait quoi, hein? » Les Vieilles , éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 102-103 | Céline (et les formes parfaites)
Posté par Serge Safran le 03 février 2010
« L'ère de ces joies vivantes, des grandes harmonies indéniables, comparatives est encore à venir… Le corps, une divinité tripotée par mes mains honteuses… Des mains d'honnête homme, ce curé inconnu… Permission d'abord de la Mort et des Mots… Que de chichis puants! C'est barbouillé d'une crasse épaisse de symboles, capitonné jusqu'au trognon d'excréments artistiques que l'homme distingué va tirer son coup… Arrive ensuite que pourra! Bonne affaire! Économie de ne s'exciter après tout que sur des réminiscences… La vie c'est plus compliqué, celle des formes humaines surtout. Atroce aventure. Il n'en est pas de plus désespérée. À côté de ce vice des formes parfaites, la cocaïne n'est qu'un passe-temps pour chefs de gare. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 467 | Céline (et les bourgeois)
Posté par Serge le 02 février 2010
« La seule façon de dominer les bourgeois c’est d’être avec eux, au milieu même de leurs grimaces d’honnêteté. Enfreindre leurs règles imbéciles – c’est leur donner d’autres armes contre vous. Ils en ont déjà assez. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 9 août 1932, p. 313 | Pascale Gautier (et la voix humaine)
Posté par Serge Safran le 1er février 2010
« Cuisine, couloir, salle à manger, couloir, cuisine, chambre. On dirait un chien qui tourne sur lui-même infiniment. Ses pantoufles traînent sur les carreaux. Ça fait un bruit sinistre. Dans le noir du jour, elle entend alors la voix humaine de la solitude et du silence. » Les Vieilles , Éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 40 | Céline (et l'amour)
Posté par Serge le janvier 2010
« L’amour, c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et soul, et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 82 | Céline (et la gentillesse)
Posté par Serge Safran le 28 janvier 2010
« Si on se laissait aller à aimer les gens qui sont gentils la vie deviendrait atroce. Je ne sais pourquoi mais ce serait ainsi. Il faut se raidir pour vivre. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 septembre 1932, p. 319 | Roland Jaccard (et le miracle)
Posté par Serge Safran le 27 janvier 2010
« S’il y a un miracle, c’est celui de la transformation de la vie en passé. Tout ce qui a été et qui ne sera plus. Et qui exige pourtant de demeurer intact dans notre mémoire ou, à défaut, dans nos livres.
» Sexe et sarcasmes , Puf, 2009, p.40 | Ricardo Piglia (et la troisième personne)
Posté par Serge le 26 janvier 2010
« Il faut penser contre soi-même et vivre à la troisième personne.
» Respiration artificielle , traduit de l’espagnol ( Argentine), par Isabelle et Antoine Berman, André Dimanche éditeur, 2000, p. 111 | Jules Renard (et le style)
Posté par Serge le 25 janvier 2010
« Style pur comme l’eau est claire, à force de travail, à force de s’user, pour ainsi dire, sur les cailloux.
» Journal 1887-1910 , Bouquins, Robert Laffont, 2005, 8 juin 1904, p. 711 | Céline (et la confiance)
Posté par Serge Safran le 22 janvier 2010
« Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu. » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 178 | Paul Wenz (évocation de Colombo)
Posté par Serge le 21 janvier 2010
« Les sens qui lui restaient lui disaient bien et clairement qu’il était à Colombo : l’odeur des fruits mûrs, celle du bois qui brûle avec une fumée âcre et parfois étrangement parfumée, celle des mille cuisines minuscules qui sur les brasiers en plein air chauffaient des fritures de toutes sortes. Il entendit le froufrou des cocotiers et des bambous, le chant des marchands ambulants, le gémissement des roues de chariot, le cri des rickshawmen qui passaient essoufflés. » Le pays de leurs pères , La Petite Maison, 1996, p. 162 | Céline (et les gens qui se couchent)
Posté par Serge Safran le 20 janvier 2010
« C’est triste des gens qui se couchent, on voit bien qu’ils se foutent que les choses aillent comme elles veulent, on voit bien qu’ils ne cherchent pas à comprendre eux le pourquoi qu’on est là.
» Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 201 | Céline (et l'âme)
Posté par Serge Safran le 18 janvier 2010
« L’âme, c’est la vanité et le plaisir du corps tant qu’il est bien portant, mais c’est aussi l’envie d’en sortir du corps dès qu’il est malade ou que les choses tournent mal. On prend des deux poses celle qui vous sert le plus agréablement dans le moment et voilà tout ! » Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 57 | Céline (et la littérature)
Posté par Serge Safran le 15 janvier 2010
« Mais vous savez la littérature c’est de la Mort. Ce qui retient en vie c’est seulement l’affection des êtres et des choses. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 25 septembre 1932, p. 316 | Jacques Réda (et l'écrivain)
Posté par Serge Safran le 14 janvier 2010
« Si l'écrivain est un promeneur – parfois un promeneur véritable et aussi inimitable qu'a pu l'être notamment Cingria –, il est d'abord le promeneur et le site de sa propre langue. C'est peut-être pourquoi le monde voué à l'enrichissement (que ce soi par le commerce ou ce qu'on appelle aujourd'hui la « culture ») ne s'intéresse plus beaucoup à lui. » Sept questions à Jacques Réda (Federico Castigliano) La Revue littéraire n° 42, janvier 2010 | Céline (et la vérité)
Posté par Serge Safran le 13 janvier 2010
« La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi.
» Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 202 | Céline (et le fond des choses)
Posté par Serge Safran le 12 janvier 2010
« On ne parle que tant qu’on cherche le fond des choses; après cela il n’y a plus rien à dire. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 9 octobre 1932, p. 323 | Pierre Guyotat, à propos de Chateaubriand
Posté par Serge Safran le 11 janvier 2010
« Rancé est un peu un Chateaubriand qui se serait retiré du monde.
Dès le début des Mémoires, on a toutes ses caractéristiques. il est fatigué de vivre, il aurait mieux valu qu'il ne vive pas… C'est aussi l'homme des hasards. Mais il a, comme Bonaparte, une vision historique des choses. Quand il traverse un endroit, il se remémore ce qui s'y est passé; s'il ne l'apprend que plus tard, il imagine que s'il avait faait quelques pas de plus, sa vie en aurait été changée. Il éprouve une angoisse du hasard, chose que l'on ne signale pas assez à son propos. Il y a pourtant de multiples exemples, presque à toutes les pages. » Dix-huitème leçon, première partie (Cours du 1er décembre 2003) La Revue littéraire n° 42, janvier 2010 | Céline (et la souffrance)
Posté par Serge le 08 janvier 2010
« Amour… pas amour… cela n’a guère d’importance. Ce qui compte c’est de vivre en souffrant le moins possible. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 15 octobre 1932, p. 323 | Céline (et la critique)
Posté par Serge Safran le 07 janvier 2010
« Presque toujours les hommes exigent de ceux qui professent une idée qu’ils soient en même temps disciples de cette idée, en général à seule fin de donner prise à leur critique.
C’est ce qui explique la majeure partie des récriminations et des sarcasmes qui ont souvent couvert la conduite des penseurs de tout temps –
» Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 25 octobre 1916, p. 219) | Céline (et l'amour des gens)
Posté par Serge le 06 janvier 2010
« On peut aimer bien des gens à la fois. C’est une vérité qu’on ne découvre guère qu’en mourant. » Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 15 octobre 1932, p. 324 | Céline (et l'amour)
Posté par Serge Safran le 05 janvier 2010
« L’amour est un bouquin que nous achetons tous à un moment de notre existence, l’auteur est plus ou moins talentueux, sa prose et sa forme plus ou moins attrayantes, mais immuablement l’Intrigue et l’Histoire est toujours la même, la vieille, la sempiternelle, qui depuis que le monde est monde fait monter la sève aux bourgeons –
» Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 octobre 1916, p.226 | Céline (et l'imagination)
Posté par Serge le 04 janvier 2010
« Quand on a pas d’imagination, mourir c’est peu de chose, quand on en a, mourir c’est trop.
» Voyage au bout de la nuit ,1932, Le Livre de Poche, p.25 | Céline (et le Temps perdu)
Posté par Serge Safran le 20 décembre 2009
« La seule catastrophe tu vois c'est le Temps perdu. » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 291 | Céline (et Paris)
Posté par Serge Safran le 18 décembre 2009
« Tu as raison Paris abrutit son monde mais heureusement en somme on n'y sent plus la vie passer – n'est-ce pas là l'essentiel? » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 345 | Céline (et la mort)
Posté par Serge Safran le 17 décembre 2009
« – mais la musique du Temps change et n'est jamais la même d'un siècle à l'autre – Seulement c'est la mort qui donne cette musique et elle seulement – il faut payer – c'est atroce et triste – » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 421 | Céline (et les cadeaux)
Posté par Serge Safran le 16 décembre 2009
« Recevoir un cadeau c'est déjà se faire mépriser. L'Homme est une trop sale bête, perfide, moucharde, pour lui jamais donner cette prise… JAMAIS » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 121 | Céline (et Pascal)
Posté par Serge Safran le 15 décembre 2009
« Le con Pascal il l'avait bonne avec sa chambre. Comme si les malheurs ne poussaient pas pas aussi dans la chambre? et puis il avait des rentes le Pascal! Qui c'est qui vous nourrit dans la chambre? C'était un proustien déjà ce mec-là » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 347 | Jules Renard (et la vieillesse)
Posté par Serge Safran le 14 décembre 2009
« Quand on se réjouit d’être jeune, et qu’on remarque qu’on se porte bien, c’est la vieillesse. » Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 2 mars 1903, p. 635 | Céline (et le ragot)
Posté par Serge Safran le 11 décembre 2009
« C'est vouloir remonter le Niagara à la nage que de vouloir empêcher < les hommes > de ragoter stupidement haineusement – à l'infini » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 75 | Jules Renard (et le succès des autres)
Posté par Serge Safran le 10 décembre 2009
« Le succès des autres me gêne, mais beaucoup moins que s’il était mérité. » Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 30 mars 1903, p. 639 | Céline (et la musique des mots)
Posté par Serge Safran le décembre 2009
« La magie n'est pas dans les mots elle est dans leur juste touche, ainsi du piano – des airs, du Chopin – des notes – Tu sais tout cela – » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 72 | Jules Renard (et l'optimisme)
Posté par Serge Safran le 08 décembre 2009
« Les gens heureux n’ont pas le droit d’être optimistes : c’est une insulte au malheur. » Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 2 mars 1903, p. 662 | Céline (et le bonheur)
Posté par Serge Safran le 07 décembre 2009
« Une bonne journée hors prison sans souffrir au soleil contient tout le bonheur possible humain. » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 60 | Jules Renard (à propos de Jarry)
Posté par Serge Safran le 04 décembre 2009
« Jarry et sa carabine. Les balles tombent de l’autre côté du mur.
– Vous allez tuer mes enfants !
– Nous vous en ferons d’autres, madame.
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 18 avril 1904, p. 707 | Céline (et la gloire littéraire)
Posté par Serge Safran le 03 décembre 2009
« Rien pour rendre un homme gonzesse, cabotine, comme trois articles élogieux. Trois bouffées de gloire et ils [tournent ] virent folles. » Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 72 | August Strindberg (et le mariage)
Posté par Serge Safran le 02 décembre 2009
« C’était là, justement, la cause de la misère relative du mariage, que l’homme entrât dans cette association, parfois en mentant sciemment, le plus souvent en croyant poétiquement transférer son Moi dans l’être qu’il désirait assimiler. » Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 197 | Pierre Michon (et la notice)
Posété par Serge le 01 décembre 2009
« Je suis à moi seul une notice plus assommante que toutes celles de l'antichambre, au Louvre. » Les Onze Verdier, 2009, p. 70 | Filet (Franck)
Posté par Serge le 30 novembre 2009
« Pêche, à la main des fougères. » Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne,Hubert Haddad, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 77 | Alain Blottière (et la vérité des hommes)
Posté par Serge le 27 novembre 2009
« La vérité des hommes est toujours plus belle, plus mystérieuse, que la fiction convenue.
» Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.56 | Jack London (et la vie)
Posté par Serge le 26 novembre 2009
« C'était ça la vie? Une chose vaine et fugitive. La vie seule fait souffrir, il n'y a pas de souffrance dans la mort. » L'amour de la vie Traduit de l'anglais par Paul Wenz, précédé d'une introduction de Firmin Roz, Folio, p. 39 | Jack London (et le bonheur)
Posté par Serge Safran le 2009
« Une grande lumière se fit et je vis clair, et je compris que ce n'était pas pour l'argent qu'un homme doit vivre mais pour un bonheur qu'aucun homme ne peut donner, ni acheter, ni vendre, et qui est au-delà de la valeur de tout l'or du monde. » L'amour de la vie « La piste des soleils » Traduit de l'anglais par Paul Wenz, précédé d'une introduction de Firmin Roz, Folio, p. 221 | Jules Renard (et les discussions littéraires)
Posté par Serge Safran le 25 novembre 2009
« Discussion entre Raynaud et moi sur Mallarmé. Je dis : « C’est stupide. » Il dit : « C’est merveilleux. » Et cela ressemble à toutes les discussions littéraires.
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 11 mars 1891, p. 70 | Retard (Franck)
Posté par Serge le 24 novembre 2009
« Il écrit dans le bois avec une plume d'oiseau, il relit pour voir s'il n' a pas fait de fautes. Il se promène dans la douceur des collines, il a envie de se balader, pas de cavaler. Il repart comme il est arrivé. Mais les feuilles sont fanées. Il est trop tard. » Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne, Hubert Haddad, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 99 | August Strindberg (et la sincérité)
Posté par Serge le lundi 23 novembre 2009
« Non ! L’amour n’existait pas sans illusion. Et conquérir une femme par la sincérité était impossible : s’approcher d’elle la tête haute, le verbe franc, c’était la repousser loin de soi. » Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 174 | Jules Renard (et la modestie)
Posté par Serge Safran le 19 novembre 2009
« – Vous êtes modeste !
– Oui, mais il m’en coûte !
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 13 novembre 1904, p. 736 | Roland Jaccard (et l'art de vivre)
Posté par Serge le 18 novembre 2009
« Tout l’art de vivre se résumerait-il à l’art de nous servir des êtres qui nous font souffrir, comme le soutenait Proust ?
» Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.34 | Nouvelles (Sylvain)
Posté par Serge le 17 novembre 2009
« Je ne veux rien. Le long des jours, une nouvelle fois, je suis la douce lampe, hors de mon esprit et sous la peau. Plus besoin de personne, la nuit dans les feuillages luit comme une dure étoile.
Je chanterai un mot, un autre: de l'un à l'autre j'ai toujours habité. Le monde demande de nos nouvelles sous le ciel gris et sans visage. Elles se referment dans le silence des colombes, elles dorment, amies, les yeux fermés. » Petit inventaire des quatre vents Textes de l'ateleir d'écriture conduit par Hubert Haddad à Rochefort-sur-Loire, in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 89 | Jules Renard (tous les matins)
Posté par Serge le 16 novembre 2009
« Tous les matins, en se levant, on devrait dire : Chic ! je ne suis pas encore mort !
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 5 décembre 1903, p. 685 | Paysage (Sylvie)
Posté par Serge le 13 novembre 2009
« Ton cœur bat la chamade dans un pays de sources. Dans l'ombre flotte l'écho de ta mémoire. Les cheveux de mon amour sont la flamme la plus vive que la brise du soir fait danser sur un air endiablé de flamenco. La longue nuit déchire son voile. À l'horizon, l'aube irisée éclaire ce jour nouveau. Il nous appartient de faire partie du paysage. » Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 93 | August Strindberg (et la polissure égalitaire)
Le 2 octobre 2009 par Serge Safran
« La terrible trivialité des contemporains, leur haine pour l’original l’avaient poussé ainsi que beaucoup d’autres au raffinement, pour essayer de sauver sa personnalité propre de la polissure égalitaire. Son goût finement développé ne recherchait pas la maigre beauté des formes et des couleurs, si facilement vouée à la caducité ; il voulait, dans tout ce qui l’environnait, rencontrer un reflet de l’histoire, des souvenirs d’événements mémorables. » Au bord de la vaste mer, 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 140 | Alain Blottière (et l'art)
Posté par Serge le 9 novembre 2009
« Mais pour moi Tommy vivait encore, il m’avait accompagné lors des repérages, il renaissait sous mes yeux, et je respectais sa pudeur et son orgueil. Ce genre de précaution est une limite à mon art, peut-être, mais l’art n’est rien que de l’art, une petite chose utile mais somme toute anodine, un reflet dérisoire des beautés, des larmes et du sang du réel, et je ne suis pas disposé, pour me faire valoir, à lui sacrifier des secrets brûlants. » Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.111-112 | À la campagne (Franck)
Posté par Serge le 12 novembre 2009
« La cloche sonne. Dans la campagne, une rivière. Les libellules sont dans les bois. Un papillon applaudit pour peupler de bruit l'air, tout simplement. Lumière dans les champs froids, clair de lune, barque. Violon de jeune homme. La chaleur des fruits, couverts de merveille. » Petit inventaire des quatre vents Textes de l'atelier d'écriture conduit par Hubert Haddad à Rochefort-sur-Loire, in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 59 | Alain Blottière (et le grand vide du monde d'aujourd'hui)
Posté par Serge le 10 novembre 2009
« Mais à le voir enfermé dans sa chambre-cellule, ce tombeau, se privant de nourriture et de confort sous le portrait de son ombre, je n’arrivais pas à imaginer qu’il renaîtrait, prêt à affronter le grand vide du monde d’aujourd’hui. J’essayais de lui en parler. Ce qu’il aimerait faire, quelles études, quel métier, oui ou non le cinéma… Il ricanait : les études ne menaient nulle part, les métiers donnaient le choix entre prostitution et servitude (je résume d’un mot l’opinion confuse qu’il avait du monde du travail), le cinéma n’était qu’une usine à lieux communs éculés. » Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.180 | August Strindberg (et la femme des temps nouveaux)
Posté par Serge le 5 novembre 2009
« La femme des temps nouveaux, dégagée de tous préjugés, lui avait montré l’ardeur de ses entrailles, et il avait reculé ! Pourquoi ? Peut-être était-il encore dominé par les lois de la tradition et de la coutume ! Car il n’y avait certainement rien eu d’éhonté dans l’explosion de sa passion, aucune trace de l’offre de la fille, pas de geste dévergondé ni de mine effrontée ! Elle l’aimait à sa manière : que demander de plus ? En face d’un semblable amour il pouvait, en pleine sécurité, se lier à elle, car peu d’hommes, sans doute, se pourraient vanter d’avoir allumé pareille flamme !
» Au bord de la vaste mer 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 167 | Roland Jaccard (et la sincérité)
Posté par Serge le 6 novembre 2009
« Être sincère n’est pas si aisé qu’on croit, car nous sommes au mieux les coscénaristes de cette fiction qu’est notre moi. Et pourtant chacun perçoit l’abîme qu’il y a entre la roublardise et la sincérité.
» Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.26 | Jules Renard (et le bonheur)
Posté par Serge Safran le 2 novembre 2009
« On se reconnaît si peu de droits au bonheur qu’on a un peu hâte que ça finisse.
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 24 février 1905, p. 756 | Jules Renard (et la reconnaissance)
Posté par Serge le 4 novembre 2009
« Rien n’est éternel, même pas la reconnaissance.
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 22 décembre 1904, p. 745 | Ricardo Piglia (et l'argent)
Posté par Serge le 30 octobre 2009
« Il n’est donc pas vrai que l’argent corrompe ; ce sont plutôt la corruption et la mort qui ont produit l’argent et l’ont institué véritable Roi des humains.
» Respiration artificielle Ricardo Piglia, traduit de l’espagnol ( Argentine), par Isabelle et Antoine Berman, André Dimanche éditeur, 2000, p. 55 | Strindberg (et l'amour parfait)
Posté par Serge le 29 octobre 2009
« Puisque l’amour est un leurre réciproque, pourquoi ne pas se laisser tromper ? Rien pour rien ! Et, du moment que le parfait bonheur n’existe pas, pourquoi ne pas se contenter de l’imparfait ?
» Au bord de la vaste mer 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 234 | Jules Renard (et les discussions)
Posté par Serge le 28 octobre 2009
« Les discussions les plus passionnées, il faudrait toujours les terminer par ces mots : « Et puis, nous allons bientôt mourir.
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 12 novembre 1901, p. 554 | Roland Jaccard (et la sincérité)
Posté par Serge Safran le 27 octobre 2009
« Être sincère n’est pas si aisé qu’on croit, car nous sommes au mieux les coscénaristes de cette fiction qu’est notre moi. Et pourtant chacun perçoit l’abîme qu’il y a entre la roublardise et la sincérité.
» Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p. 26 | August Strindberg (et le tout)
Posté par Serge Safran le 23 octobre 2009
« – Je couche ma tête sur tes genoux, continuait-il, mais ne coupe pas mes cheveux pendant que je dors dans tes bras ! Laisse-moi t’exalter, mais ne m’abaisse pas. Sois meilleure que moi ! Tu le pourras, puisque je te préserve de tout contact avec la boue et la misère du monde auxquelles je dois toucher. Ennoblis-moi par les grandes qualités qui me font défaut, et nous formerons un tout complet.
» Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 169 | Jules Renard (à paraître)
Posté par Serge Safran le 22 octobre 2009
« On me parle beaucoup de mon roman qui va paraître, afin de ne m’en plus parler quand il aura paru.
» Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 12 décembre 1891, p. 84 | Roland Jaccard (et le miracle)
Posté par Serge Safran le 21 octobre 2009
« S’il y a un miracle, c’est celui de la transformation de la vie en passé. Tout ce qui a été et qui ne sera plus. Et qui exige pourtant de demeurer intact dans notre mémoire ou, à défaut, dans nos livres.
» Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.40 | Alain Blottière (et le rôle de l'écriture)
Posté le 13 octobre 2009 par Serge Safran
« La sereine résignation face à la mort, le courage qu’on affiche, parfois le bonheur ou la joie, même, qu’on décrit, ne seraient-ils que des mots offerts à ceux qui vont les lire pour alléger leur peine ? Et si, à l’inverse, les sentiments sont vrais, d’où vient cette force surnaturelle ? De l’exceptionnelle qualité de ces hommes ? De la seule certitude qu’on ne meurt pas en vain ? Ou bien plutôt d’une souffrance si grande, en réalité, que s’élève une muraille pour la contenir dans une zone insensible ? Et quel est le rôle de l’écriture, de la plume et de l’encre, dans l’intensité, la vérité des émotions délivrées sur le papier pour le lecteur absent qu’on aime ? » Le tombeau de Tommy, Gallimard, 2009, p.204 | Jules Renard (et Balzac)
Le 5 octobre 2009 par Serge Safran
« Rien de plus mauvais que les nouvelles de Balzac. C’est trop petit pour lui. D’ailleurs, quand il avait une idée, il en faisait un roman. » Journal 1887-1910, Bouquins, Robert Laffont, 2005, 20 octobre 1889, p. 30 | Jules Renard (et le plaisir de causer)
Le 30 septembre 2009 par Serge Safran
« – On a beau faire, jusqu’à un certain âge – je ne sais pas lequel, – on n’éprouve aucun plaisir à causer avec une femme qui ne pourrait pas être une maîtresse. » Journal 1887-1910, Bouquins, Robert Laffont, 2005, 30 août 1889, p. 24 | Paul Morand (et l’amour)
Le 29 septembre 2009 par Serge Safran
« L’amour se localise trop près des ordures pour ne pas en garder le goût.
» Hécate et ses chiens (1981), L’Imaginaire, Gallimard, p. 97 | Mme de Staël (et la vanité)
Le 11 septembre 2009 par Serge Safran
« Quand les femmes d’un certain âge ne sont pas jalouses d’une jeune personne, elles placent leur vanité sur elle ; il faut qu’un succès leur appartienne d’une manière ou d’une autre pour qu’elles le voient avec plaisir. » Trois nouvelles : « Adélaïde et Théodore », Folio 2 €, 2009, p.43 | Gabriel Matzneff (et l’art d’écrire)
Le 24 juin 2009 par Serge Safran
« L’art d’écrire est, lui aussi, à son humble manière, un sacrement du souvenir, un élan créateur qui fixe les paroles, les baisers, les regards, les gestes, les pensées, les parfums, les couleurs, les actes, tout ces riens éphémères qui constituent le tissu de notre existence, pour les modeler, leur donner une forme, les métamorphoser en une œuvre de beauté. » Carnets noirs 2007-2008, Léo Scheer, 2009, p. 512 | Lucien d’Azay ( et la souffrance)
Le 17 août 2009 par Serge Safran
« On ne souffre pas d’ignorer où l’on va, mais de le savoir. » La volupté sans recours, Autour du Verrou de Fragonard, essai, Climats, 1996, p. 96 | Gheorghi Gospodinov (et l’enfance)
Le 12 août 2009 par Serge Safran
« Nous ne serons jamais autant aimés que dans notre enfance. C’est pour cette raison que l’enfance est une période cruelle. Sa cruauté réside dans ce qui va venir après. » Un roman naturel, (1999), traduit du bulgare par Marie Nivat, Phébus, 2002, p. 146 | Carole Martinez (et les mamelons du monde)
Le 7 août 2009 par Serge Safran
« Plongées en elles-mêmes, chacune se remémorait le joli ventre rond, les « pourquoi ? » et les « c’est quoi ? », les baisers mouillés distribués en vrac partout sur la figure que les deux petites mains potelées, posées chacune sur une joue, s’appliquaient à tenir fort alors que son rire découvrait des dents miniatures prêtes à tout dévorer par amour. Et, bien avant tout cela, bien avant les rires et les mots, il y avait eu cette bouche tordue différemment vers le sein ou le soleil, cherchant seule, comme si elle pouvait s’échapper du visage dans lequel on l’avait scellée, à attraper, dans un drôle de petit sourire en coin, les mamelons du monde. » Le Cœur cousu, Gallimard, 2007, p. 171 | Anne-Syvie Salzman ( et le visible)
Le 10 juillet 2009 par Serge Safran
« C’est un son ténu qui ne ressemble à rien, un infime coup de scie, une froissure plaintive de l’air, et souvent l’oiseau, qui fait ce bruit avec les plumes de sa queue – c’est une feinte nuptiale – n’est même pas visible.
» Lamont : « Meannanaich », nouvelles, Le Visage Vert, 2009, p. 57 |
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 Par l'auteur de Palestine, PRIX RENAUDOT POCHE 2009, pour l'édition parue au Livre de Poche | |
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