James Joyce (et la prière)

Posté par Serge Safran le 18 janvier 2012

« À quoi servait de prier, quand il savait que son âme avait un désir luxurieux de sa propre destruction? »
Portrait de l'artiste en jeune homme , Folio classique, p. 167
James Joyce (et l'être à part)

Posté par Serge Safran le 26 janvier 2012

« Qu'était devenu l'orgueil de son esprit qui l'avait toujours poussé à se considérer comme un être à part, dans tout ordre quel qu'il fût? »
Portrait de l'artiste en jeune homme , Folio classique, p. 243
James Joyce (et le chaos)

Posté par Serge Safran le 16 janvier 2012

« Le chaos où s'éteignait son ardeur était une froide et indifférente connaissance de lui-même. »
Portrait de l'artiste en jeune homme , Folio classique, p. 167
James Joyce (et la bestialité)

Posté par Serge Safran le 17 janvier 2012

« Qui donc l'a ainsi faite cette partie bestiale du corps, capable de comprendre bestialement et de désirer bestialement? »
Portrait de l'artiste en jeune homme , Folio classique, p. 214
Gustave Flaubert (et les vœux)

Posté par Serge Safran le 11 janvier 2012

« «Quoique je sois ennemi des idées reçues, je ne résiste pas au besoin de vous présenter pour 1879 tous les souhaits de bonheur que l’on peut rêver.
En vous réitérant l’assurance de mon profond dévouement.
Gve Flaubert 
qui voudrait être, chez vous, près de vous − et vous baiser les mains, en restant à vos genoux.»
 »
Correspondance , À la princesse Mathilde, Croisset, 1er janvier 1879, Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.486.)

Jean-Philippe Rossignol (et le sommeil)

Posté par Serge Safran le 10 décembre 2011

« Le sommeil pourra-t-il un jour se métamorphoser au point que je ne le reconnaîtrai pas, ce qui serait le pire des sévices? »
Le Sommeil in, L'Infini, n° 116, 2011 p. 83
Marie-Ève Sténuit (et le père)

Posté par Serge Safran le 9 janvier 2012

« Elle a appelé le prêtre « Monsieur » et non « mon Père ». Elle trouve intolérable que des hommes que la fonction voue au célibat et à l'absence de relations charnelles (aboutissant ainsi à la négation même de la paternité) s'attribuent sans vergogne le nom magnifique de « père ». »
Un éclat de vie , Le Castor Astral, « Escales des lettres », 2011, p. 72
Claire Julliard (et le travail)

Posté par Serge Safran le 3 janvier 2012

« On ne travaille plus pour être quelqu'un. On travaille pour ne devenir personne. »
L'oie sur un lac gelé , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 146
Marie-Ève Sténuit (et le pire)

Posté par Serge Safran le 29 décembre 2011

« J'échappe au pire: j'aurais pu ne pas m'aimer. »
Un éclat de vie , Le Castor Astral, « Escales des lettres », 2011, p. 47
Marie-Ève Sténuit (et le vide au ventre)

Posté par Serge Safran le 22 décembre 2011

« Combien de fois s'est installé en moi ce vide au ventre, s'est ouvert cet abîme bien plus effroyable que celui qui m'entoure à présent, m'a pris le vertige de l'être isolé au milieu de la foule. »
Un éclat de vie , Le Castor Astral, « Escales des lettres », 2011, p. 19
François Bott (et le mélange)

Posté par Serge Safran le 19 décembre 2011

« C’est connu, la bonne littérature ne se fait pas avec de bons sentiments, ni avec de mauvais. Affinités électives et liaisons dangereuses, c’est le mélange qui est souhaitable. »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 97
Alfred Eibel (sur Toni Morrison)

Posté par Serge Safran le 16 décembre 2011

« Si aucun écrivain ne l’a influencée du point de vue de son propre travail, en tant que lectrice, elle a goûté les grands auteurs soviétiques et les romans de Charles Dickens. Son poète préféré s’appelle Gerard Manley Hopkins. »
De passage à Paris , Finitude, 2011, p. 62
François Bott (et la vérité)

Posté par Serge Safran le 15 décembre 2011

« Éloge du paradoxe : « Les sentiments que nous éprouvons, disait le duc, nous finissons par les feindre. » Deux siècles après, Benjamin Constant inversait la proposition : « Les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver. » Ils avaient tous les deux raisons, le misanthrope du XVIIe siècle et le séducteur, le jeune premier du XIXe siècle. Car toute vérité porte en elle son contraire. C'est pourquoi la vérité déteste les majuscules. »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 56
Michel Delon (et la grande fracture)

Posté par Serge Safran le 9 décembre 2011

« Le séjour de Casanova à Dux et le temps de rédaction de ses mémoires correspondent à la grande fracture qui transforme irréversiblement le continent. »
Casanova Histoire de sa vie , Découvertes Gallimard Littératures, 2011, p. 93
François Bott (et l'autre)

Posté par Serge Safran le 8 décembre 2011

« L’œuvre et la vie de Borges, c’est le jardin des paradoxes : « Dans chaque homme, il y a toujours deux hommes, disait-il, et le plus vrai, c’est l’autre. » »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 74
Emmanuel Delhomme (et le vol)

Posté par Serge Safran le 05 décembre 2011

« Autrefois, lorsque les affaires fonctionnaient normalement, le vol était compris dans le déroulement d'une bonne journée. Plus de vol ou presque,c'est sinistre, ils n'ont même plus envie de piquer un petit roman. »
Un libraire en colère , l'Éditeur, 2011, p. 15-16
Emmanuel Delhomme (et la parole)

Posté par Serge Safran le 30 novembre 2011

« Est-ce encore nécessaire de se parler? En éprouve-t-on encore du plaisir? »
Un libraire en colère , l'Éditeur, 2011, p. 63
Michel Delon (et la prise sur la société)

Posté par Serge Safran le 28 novembre 2011

« Jean-Jacques Rousseau reprochait à l'athéisme d'être une doctrine de privilégiés qui n'ont pas besoin d'espérer en un autre monde. On pourrait dire que le bric-à-brac de magie de Casanova et de ses semblables exprime les frustrations et les attentes d'aventuriers qui cherchent à avoir prise sur la société. »
Casanova Histoire de sa vie Découvertes Gallimard Littératures, 2011, p. 75
Claire Julliard (et l'insouciance)

Posté par Serge Safran le 25 novembre 2011

« Les hommes et les femmes ne sont pas faits pour cohabiter avec insouciance. »
L'oie sur un lac gelé , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 15
Michel Delon (et les figures féminines)

Posté par Serge Safran le 24 novembre 2011

« Les figures féminines qui mobilisent le plus intensément et le plus continûment la rêverie amoureuse de Casanova portent en elles une contradiction et un dynamisme. »
Casanova Histoire de sa vie Découvertes Gallimard Littératures, 2011, p. 52
Claire Julliard (et l'amitié amoureuse)

Posté par Serge Safran le 23 novembre 2011

« L'amitié amoureuse, c'est l'amour moins les sanglots et les colères. »
L'oie sur un lac gelé , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 13
Antoine Buéno (et l'intellectuel)

Posté par Serge Safran le 22 novembre 2011

« Chez les nazis comme chez les schtroumpfs, l'intellectuel est dans le même temps l'homme à abattre et la caution. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.142
Emmanuel Delhomme (et l'écran)

Posté par Serge Safran le 21 novembre 2011

« Lorsque l'on me demande à quoi j'attribue le malaise qui empoisonne notre société, je désigne naturellement l'objet numérique, l'empêcheur de tourner en rond, le filtre qui dénature tout notre environnement. Cette immédiateté qui ressemble curieusement à une drogue. Connectés au monde entier, obnubilés par un écran d'une dizaine de centimètres carrés qui vous empêche de voir le monde qui s'agite autour de vous. Oubliées les conversations de café du commerce puisque l'écran s'est invité dans grand nombre de bistrots. Regardez les consommateurs accoudés au bar, ils se parlent par écrans interposés. »
Un libraire en colère , l'Éditeur, 2011, p. 56-57
Claire Julliard (et les soirées)

Posté par Serge Safran le 16 novembre 2011

« On a dansé. Un anniversaire, quoi. Les soirées, c'est bien avant, quand on y pense en se montant la tête. Mais lorsqu'on y est enfin, il n'y a plus rien à voir. »
L'oie sur un lac gelé , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 42
Beaumarchais (et les menottes d'Amélie)

Posté par Serge Safran le 14 novembre 2011

« Ne serrez point ma main entre vos petites menottes d'albâtre, ne les portez pas sur votre cœur. »
« Quand on a le bonheur d'aimer, tout le reste est vil sur la terre » , La lettre et la plume, Le Livre de Poche, 2011, p. 31
Emmanuel Delhomme (et les insupportables)

Posté par Serge Safran le 10 novembre 2011

« On nous rétorque que les gens dépensent sans trop compter pour leurs vacances ou qu'ils bichonnent leur téléphone portable, le massant et le caressant avec volupté, faisant exploser leur forfait, photographiant chaque mini-événement de leur journée. »
Un libraire en colère , l'Éditeur, 2011, p. 55
François Bott se déride

Posté par Serge Safran le 9 novembre 2011

« Se dérider : chasser les rides du malheur ou de l’ennui. C’est un des plus beaux verbes de la langue française. »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 84
Antoine Buéno (et le mode respiratoire)

Posté par Serge Safran le 8 novembre 2011

« À l'instar de certaines salamandres et grenouilles, le schtroumpf pourrait donc respirer par la peau. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p. 36
Emmanuel Delhomme (et la discussion)

Posté par Serge Safran le 7 novembre 2011

« Enfermé dans nos petites ou grandes boîtes, chacun navigue à vue, surtout pas de concertation, chacun essaie de sauver sa peau, on verra plus tard pour d'éventuelles discussions. »
Un libraire en colère , l'Éditeur, 2011, p. 73
Beaumarchais (et le bonheur d'aimer)

Posté par Serge Safran le 4 novembre 2011

« Crois ton amant, céleste amie, quand on a le bonheur d'aimer, tout le reste est vil sur la terre. »
« Quand on a le bonheur d'aimer, tout le reste est vil sur la terre » , La lettre et la plume, Le Livre de Poche, 2011, p. 57
Antoine Buéno (et le pluriel)

Posté par Serge Safran le 3 novembre 2011

« Un primat de la communauté qui se cache jusque – et en premier lieu – dans le titre de l'œuvre: Les Schtroumpfs. Pluriel, aventures collectives, aventure d'un groupe. Un choix d'autant plus remarquable qu'il est rare. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.110
Jules Barbey d'Aurevilly (et les prix)

Posté par Serge Safran le 2 novembre 2011

« D'honnêtes imbéciles, qui voulaient, sans avoir rien fait, qu'on parlât d'eux après leur mort, firent un budget, en fondant des prix, et lui créèrent une importance morale, en chargeant l'Académie française, prise par ses deux anses – l'intérêt et la vanité – de décerner des prix… »
Les Bas-Bleus et autres ridicules du temps , Obsidiane, Les placets invectifs, 2010, p.28
Beaumarchais (et les reproches)

Posté par Serge Safran le 28 octobre 2011

« Mais, chère enfant, si tu te reproches à mes yeux d'avoir pris le mari de ma femme, c'est sans doute pour avoir droit de reprocher d'avoir pris la femme de ton mari! »
« Quand on a le bonheur d'aimer, tout le reste est vil sur la terre » , La lettre et la plume, Le Livre de Poche, 2011, p. 40
Beaumarchais (et la volupté)

Posté par Serge Safran le 26 octobre 2011

« La volupté est une ivresse qui ne doit que payer que l'amour. »
« Quand on a le bonheur d'aimer, tout le reste est vil sur la terre » , La lettre et la plume, Le Livre de Poche, 2011, p. 34
Alfred Eibel cite Edward Bunker

Posté par Serge Safran le 25 octobre 2011

« Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir été prophète. L’Amérique de 1997 est à la fois la meilleure et la pire des époques. La haine est beaucoup plus forte de la part des Noirs à l’égard des Blancs que l’inverse. »
De passage à Paris , Finitude, 2011, p. 58
Emmanuel Delhomme (et la lecture)

Posté par Serge Safran le 24 octobre 2011

« – Tu ne voudrais pas poser ton livre quelques minutes, on se parle plus… »
Un libraire en colère , l'Éditeur, 2011, p. 51
J-B Pontalis (et le patrimoine)

Posté par Serge Safran le 19 octobre 2011

« La passion actuelle pour le patrimoine à sauvegarder, tant le présent nous déçoit, l'avenir nous inquiète. »
Oublieuse mémoire , Le lieu de l'archive, 2011 p.11
Antoine Buéno (et l'utopie)

Posté par Serge Safran le 18 octobre 2011

« La première caractéristique des utopies est que leurs habitants y sont heureux. C'est précisément le cas des schtroumpfs. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p. 74
Emmanuel Delhomme (et la différence)

Posté par Serge Safran le 13 octobre 2011

« L'absence de curiosité découle plus souvent de l'absence de désir. On va tous au même endroit au même moment, ça rassure. Avoir à défendre seul sa différence est devenu aujourd'hui trop difficile à assumer. »
Un libraire en colère , l'Éditeur, 2011, p. 86
J-B Pontalis (et la photographie)

Posté par Serge Safran le 12 octobre 2011

« Étrangement, une photographie, même celle d'une personne vivante, est porteuse d'une disparition. Cet enfant cessera bientôt de l'être, ce jeune homme rieur qu'était mon père est mort, cette maison que j'ai tant aimée n'est plus. »
Oublieuse mémoire , Le lieu de l'archive, 2011 p.16
François Bott en espion

Posté par Serge Safran le 11 octobre 2011

« Le métier des auteurs, c’est d’épier leurs personnages. »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 58
Antoine Buéno (et la société corporatiste)

Posté par Serge Safran le 10 octobre 2011

« Le village des schtroumpfs serait bien la représentation stylisée d'une société corporatiste, où chaque schtroumpf ne serait qu'une cellule du tout social, l'allégorie d'un corps de métier ou d'un rôle dans la collectivité. Métiers et rôles qui sont alignés sous l'autorité d'un chef unique, le Grand Schtroumpf, qui les représente tous – ce qui correspond très exactement à l'idéal fasciste en général, et nazi en particulier. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.144
Aliette Armel et la « semaine du Nobel »

Posté par Serge Safran le 7 octobre 2011

« La « semaine du Nobel » est un parcours initiatique, une marche vers la lumière. Au petit matin du dernier jour, une jeune fille en robe blanche couronnée de bougies et entourée de ses suivantes se présente à la porte de chaque lauréat, au Grand Hôtel, comme à l'entrée de toutes les maisons suédoises: elles entonnent les hymnes traditionnels de la Sainte-Lucie. »
Pondichéry, à l'aurore , Le Passage, 2011, p. 141
Kim Tae-yong (et la mort)

Posté par Serge Safran le 5 octobre 2011

« Ces jours-ci, je prends pleinement conscience de cette vérité toute simple que la vie est, dès le départ, une course vers la mort. »
« J'étais un maquereau » , J'étais un maquereau, Éditions Cartouche, Kim Eon-soo, Kim Jung-hyuk, Kim Tae-yong, 2011, p.58
J-B Pontalis (et notre finitude)

Posté par Serge Safran le 4 octobre 2011

« Avant, après: nous acceptons mal notre finitude, nous ne voulons pas être réduits à notre existence éphémère, à n'être rien d'autre qu'un individu. Nous cherchons à nous approprier ce temps où n'étions pas nés. »
Oublieuse mémoire , Le lieu de l'archive, 2011 p.11
Christiane Baroche (et les infos)

Posté par Serge Safran le 3 octobre 2011

« Personne ne semblait avoir compris l'un des aspects du problème: les infos sont affectées par une évidence aussi vieille que l'homme, il n'y a guère à dire du bonheur! Donc c'était le pire qu'on étalait sur les ondes comme une mauvaise pommade… »
Le neuvième jour , éditions Rhubarbe, 2010, p. 5
J-B Pontalis (et la réminiscence)

Posté par Serge Safran le 30 septembre 2011

« Plus forte que l'évocation du souvenir, la réminiscence soudaine, inattendue, qu'une sensation actuelle suscite comme une divine surprise. Réminiscence ou ce sentiment troublant de déjà vu, de déjà ressenti qui s'empare de nous. Bien autre chose que la remémoration. »
Oublieuse mémoire , Le lieu de l'archive, 2011 p.13
Antoine Buéno (et le temps libre)

Posté par Serge Safran le 28 sepptembre 2011

« Sauf circonstances exceptionnelles, quand ils ne s'adonnent pas tous ensemble à des travaux d'utilité collective, les schtroumpfs emploient leur temps libre comme bon leur semble. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p. 51
Christiane Baroche (et la folie)

Posté par Serge Safran le 26 septembre 2011

« Les hommes sont fous de s'en remettre à la destruction pour arranger leurs affaires! »
Le neuvième jour , éditions Rhubarbe, 2010, p. 23
Alfred Eibel cite Jim Nisbet

Posté par Serge Safran le 22 septembre 2011

« L’individu donne sa mesure dans des situations extrêmes. »
De passage à Paris , Finitude, 2011, p. 68
Kim Eon-soo (et l'uniforme)

Posté par Serge Safran le 21 septembre 2011

« Je ne suis pas le seul à fantasmer sur les femmes en uniforme. Les patrons des banques ne sont pas en reste: c'est sans doute pour cette raison qu'ils exigent de leurs employées qu'elles portent l'uniforme. Ce qui leur permet de rêvasser tout au long de la journée en laissant traîner leurs regards sur leurs fesses ou leur poitrine. »
« Prisonniers de la chambre forte » , J'étais un maquereau, Éditions Cartouche, Kim Eon-soo, Kim Jung-hyuk, Kim Tae-yong, 2011, p.13
Dominique Noguez (et les points de suspension)

Posté par Serge Safran le 15 septembre 2011

« Les points de suspension c’est la suspension du point. Du point sur le « i » et du poing sur la gueule. Or sans poing, point de sang. Et sans sang, point de veine. Et sans veine, la vie vaut-elle la peine d’être vécue ? Vaste question. Et vaine. L’humour n’y répond pas. Ne la posons donc pas. Point final. »
Épilogue Contre l’humour , Montaigne au bordel & autres surprises, Maurice Nadeau, 2010, p. 141
Antoine Buéno (et l'initiative individuelle)

Posté par Serge Safran le 14 septembre 2011

« Dans Les Schtroumpfs, l'initiative individuelle est d'autant plus dénigrée que l'action collective est valorisée. De nombreuses aventures sont l'occasion de démontrer la force de l'action du groupe qu'elle constitue ou non une réponse à une déviance individuelle. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.112
Christiane Rochefort (et la malédiction)

Posté par Serge Safran le 13 septembre 2011

« On a beau maudire le jour qui vous a conçu, personne n'a le courage de maudire cent pour cent l'avenir. »
Le repos du guerrier (1958) , Livre de poche, p. 221
Kim Tae-yong (et la vérité)

Posté par Serge Safran le 12 septembre 2011

« Même si elle voyait la phrase « J'étais un maquereau », elle ne penserait jamais que c'est la vérité. Quand on dit la vérité, les gens ne vous croient pas. Mais quand on affabule, alors ils vous croient. »
« J'étais un maquereau » , J'étais un maquereau, Éditions Cartouche, Kim Eon-soo, Kim Jung-hyuk, Kim Tae-yong, 2011, p.75
Alfred Eibel cite James Grady

Posté par Serge Safran le 9 septembre 2011

« La vérité vraie, si l’on peut dire, se situe au niveau de la vision qu’on a de cette vérité, de l’inspiration propre à chaque individu, sans pour autant atteindre une formulation précise. Vous savez que vous aimez votre enfant, mais vous ne pouvez pas dire pourquoi vous aimez votre enfant. Pour la vérité c’est la même chose. Vous savez qu’elle existe, sans plus. Souvent les gens sont incapables de dire pourquoi ils entreprennent une démarche. Leurs vraies motivations demeurent confuses. »
De passage à Paris , Finitude, 2011, p. 42
Christiane Rochefort (et le nom)

Posté par Serge Safran le 8 septembre 2011

« Il fallait s'occuper les mains, ou les dents, ou Dieu sait quoi; remplir un trou quelque part, qui n'avait pas de nom. Je le savais, ce nom, moi – et j'eusse donné ma tête à couper qu'il ne s'agissait pas de l'amour, comme le croyait Simone, mais de quelque chose de beaucoup plus trouble et indéfinissable, d'une échappatoire, toujours la même, ce désir de tourner le dos à la réalité, de se perdre, de se détruire, et qui était peut-être, tout au fond, l'attrait de la mort. »
Le repos du guerrier (1958) , Livre de poche, p. 201-202
François Bott (et le paradoxe)

Posté par Serge Safran le 7 septembre 2011

« Éloge du paradoxe (et leçon d’ironie)… C’est le même Erik Satie commençant le récit de sa vie par ces mots : « Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde. » p. 18 »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 48
Alfred Eibel (sur Toni Morrison)

Posté par Serge Safran le 6 août 2011

« Elle aime lire des pièces de théâtre mais n’assiste jamais aux représentations. Elle apprécie Shakespeare, Goethe; avec une prédilection pour le théâtre grec ancien, c’est pourquoi elle a étudié le grec classique. »
De passage à Paris , Finitude, 2011, p. 62
Aliette Armel (et la plénitude)

Posté par Serge Safran le 5 septembre 2011

« Elle se retrouve donc ce matin assise sur un banc, face à l'océan Indien. Elle ressent la chaleur des premiers rayons du soleil. les éléments l'enveloppent. L'air, l'eau, la terre, le feu et peut-être impalpable, l'éther. Elle se laisse absorber par eux, les yeux fermés, les mains posées sur les genoux. L'univers n'a d'autre limite que celle de son infini. Plénitude. Elle découvre une acception nouvelle du mot bonheur: un sentiment de fusion avec un monde où tout est relié et où les questions s'effacent. La quête obstinée du sens se met en suspens, mais ce n'est pas le vide. Cela ne sure que l'espace d'un instant, mais d'une telle intensité qu'elle en demeure étourdie. Son attention est alors sollicitée par le crissement du gravier. Elle ne se retourne pas. Elle aspire à rester dans cet état de l'être. »
Pondichéry, à l'aurore , Le Passage, 2011, p. 202
Alfred Eibel (sur Kenneth White)

Posté par Serge Safran le 2 août 2011

« Kenneth White ressuscite des personnages, des extravagants qui sont à l’opposé de nos bonnets de nuit. Dans La Route bleue, son dernier livre, il évoque la mémoire de John Meikl Gibb qui, dans l’Écosse du XVIIIe siècle, brûla sa bible dans un accès d’enthousiasme, et celle du comte Henri de Puyjalon, qui quitta son Bordelais natal pour le Canada, finit comme gardien de phare sur une île au large de Mingan, et parla dans son Journal du Labrador, du plaisir de vivre seul “loin des imbéciles et, surtout, loin des gens d’esprit”. »
De passage à Paris , Finitude, 2011, p. 110-111
Christiane Rochefort (et la compromission)

Posté par Serge Safran le 31 août 2011

« On est compromis dès l'instant qu'on est vivant dans ce fumier et qu'on consent à y rester. Un peu plus un peu moins compromis… »
Le repos du guerrier (1958) , Livre de poche, p. 211
Alfred Eibel (sur Iceberg Slim)

Posté par Serge Safran le 29 août 2011

« Durant trente ans, Iceberg Slim, de son vrai nom Robert Beck, a été le plus important proxénète de Chicago. Possédant un Q.I. largement au-dessus de la moyenne, il aurait pu devenir s’il n’avait pas été “enfermé derrière les barrières de l’homme blanc”, avocat ou médecin. »
De passage à Paris , Finitude, 2011, p. 82
Jules Barbey d'Aurevilly (et Victor Hugo)

Posté par Serge Safran le 25 août 2011

« Comme il y a en littérature des questions d'honneur autant que partout, quelle réponse fera l'histoire littéraire de l'avenir à la question de savoir pourquoi M. Victor Hugo a sollicité d'être académicien, et a fait trente-neuf visites à des gens dont il méprisait littérairement pour le moins trente-sept. Si sévère qu'on soit pour un grand talent qui a ses défauts et même ses vices, il n'est pas moins certain qu'il y a disproportion du contenu au contenant, quand on voit M. Hugo à l'Académie, et que la racine d'un chêne n'est pas de taille à tenir dans un vieux pot à cornichons!… »
Les Bas-Bleus et autres ridicules du temps , Obsidiane, Les placets invectifs, 2010, p. 53
François Bott (et Mme de Sévigné)

Posté par Serge Safran le 24 août 2011

« Madame de Sévigné se demandait si elle n’avait pas horreur de la campagne et de la nature. Elle n’était peut-être qu’une salonnarde parisienne, mais le mot n’était pas encore en usage. Il viendrait après elle. Et puis elle se méfiait de ses propres sentiments. Ils exprimaient sa vérité du moment. Ils étaient changeant comme le ciel de Bretagne. »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 22
Antoine Buéno (et l'évasion)

Posté par Serge Safran le 23 août 2011

« Non seulement le village des schtroumpfs est un lieu où l'on travaille beaucoup, mais c'est aussi un lieu d'où l'on ne sort pas, un lieu auquel on ne peut échapper. D'un bout à l'autre de la série des albums, les schtroumpfs sont cent. Nul schtroumpf n'arrive à s'évader. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.117
Christiane Rochefort (et le repos du guerrier)

Posté par Serge Safran le 22 août 2011

« Repose-toi. Toi tu es le repos du guerrier, du guerrier lâche, de l'embusqué; Notre-Dame des Déserteurs, aie pitié de moi. Je veux dormir-mourir, et pour ça une femme c'est le meilleur système. L'amour c'est une euthanasie. Berce-moi, rentre-moi dans le sein de ma mère, autrement dit aime-moi. Tant pis. »
Le repos du guerrier (1958) , Livre de poche, p. 200
Antoine Buéno (et les schtroumpfs au travail)

Posté par Serge Safran le 19 août 2011

« Sans avoir l'air d'y toucher, les schtroumpfs triment comme des forçats; construction et réparation du barrage, construction et réparation du pont, cueillette annuelle avant l'hiver, reconstruction du village après une catastrophe, rafraîchissement des peintures, organisation des fêtes… Ils n'arrêtent pas. Et toutes ces tâches sont collectives. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.90-91
Christiane Rochefort (et la cage dorée)

Posté par Serge Safran le 18 août 2011

« D'une cage même dorée, même « bien commode », on regarde le ciel derrière les barreaux. »
Le repos du guerrier (1958) , Livre de poche, p. 81
Antoine Buéno (et le prêt)

Posté par Serge Safran le 17 août 2011

« Les schtroumpfs sont volontiers prêteurs. En temps normal, ils ne sont pas attachés aux biens matériels. Au contraire, l'émergence d'un sens de la propriété chez les schtroumpfs est la marque d'un dysfonctionnement social. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p. 91
Christiane Rochefort (et la rupture)

Posté par Serge Safran le 16 août 2011

« Je viens de rompre avec mon passé. Et même, avec mon avenir. – Très bien, il te reste le présent. »
Le repos du guerrier (1958) , Livre de poche, p. 61
Aliette Armel (et la conscience de vérité)

Posté par Serge Safran le 16 août 2011

« La conscience de vérité dirige notre vie. »
Pondichéry, à l'aurore , Le Passage, 2011, p. 271
Antoine Buéno (et la société dirigiste)

Posté par Serge Safran le 12 août 2011

« Quand le Grand Schtroumpf n'est pas là, les petits schtroumpfs dansent. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.
Antoine Buéno (et la désobéissance civile)

Posté par Serge Safran le 11 août 2011

« Parce qu'elle est l'unique forme de contestation crédible et efficace restant à leur disposition, les schtroumpfs pratiquent la désobéissance civile à outrance. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.161
Dominique Noguez (et l'avenir du livre)

Posté par Serge Safran le 10 août 2011

« 1996 : On me fait l’honneur de me demander un article pour le numéro spécial de l’été, « Le livre, quel avenir ? ». Je fais dans la laconique, façon Beckett, et réponds en trois mots : « Chi lo sa ? » L’article ne paraît pas. »
Quarante-trois ans de veine à LA PETITE SEMAINE , Montaigne au bordel & autres surprises, Maurice Nadeau, 2010, p. 79
Christiane Rochefort (et le liberté des morts)

Posté par Serge Safran le 9 août 2011

« La terre est ronde et il n'y a pas de routes dessus, on peut dévier n'importe où, n'importe quand, il n'y a que des déviations. C'est la liberté des morts. »
Le repos du guerrier (1958) , Livre de poche, p. 45
Aliette Armel (et l'obstination)

Posté par Serge Safran le 8 août 2011

« Pourquoi s'obstiner à interroger ce qui a séparé plutôt que ce qui unit? »
Pondichéry, à l'aurore , Le Passage, 2011, p. 243
Dominique Noguez (et l'humour)

Posté par Serge Safran le 3 août 2011

« Avec celle de l’appendice, du pou de la vigne et du chewing-gum, l’inutilité de l’humour serait un des arguments forts des tenants de la dystéléologie (étude des faits qui s’opposent à l’idée d’un dessein intelligent), s’ils voulaient se donner la peine. »
Épilogue Contre l’humour , Montaigne au bordel & autres surprises, Maurice Nadeau, 2010, p. 137
Antoine Buéno (et les schtroumpfs)

Posté par Serge Safran le 2 août 2011

« Les schtroumpfs sont des êtres éminemment sociaux et intelligents. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p. 48
François Bott parmi les anges

Posté par Serge Safran le 1er août 2011

« « Si les anges volent, c’est parce qu’ils se prennent à la légère. » affirmait l’humoriste GK Chesterton qui, pour se distraire, faisait de la métaphysique et de la théologie dans ses romans policiers. »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 28
François Bott (et la mise à l'écart)

Posté par Serge Safran le 8 juillet 2011

« « Lorsque quelqu’un me tient à l’écart, ma consolation, c’est qu’il s’y tient aussi. » C’est joli, non ? »
Éloge du contraire , éditions du Rocher, 2011, p. 24
Dominique Noguez (et l'aphorisme)

Posté par Serge Safran le 6 juillet 2011

« Arlequin dans l’alcôve, Polichinelle dans le tiroir. »
Vingt-deux aphorismes inédits d’Hector ZSWYCK , Montaigne au bordel & autres surprises, Maurice Nadeau, 2010, p. 65
Dominique Noguez (et le propos mythologique)

Posté par Serge Safran le 4 juillet 2011

« Débarrassé des miasmes romantiques de l’Impression et de l’Humeur, le propos mythologique est péremptoire. La première phrase tombe comme un météorite dans un champ de pommes de terre. »
Deux Mythologies inédites de Roland Barthes , Montaigne au bordel & autres surprises, Maurice Nadeau, 2010, p. 40-41
Xavier Houssin (et les cheveux en brosse)

Posté par Serge Safran le 29 juin 2011

« Moi aussi, j'ai les cheveux en brosse. Maman trouve que c'est une coiffure propre. Je ne suis pas certain d'aimer. »
La fausse porte , roman, Stock, 2011, p. 42
Xavier Houssin (faire semblant)

Posté par Serge Safran le 28 juin 2011

« À la récréation, il faut toujours se battre. Frapper dans un ballon. Courir, se rattraper. Quand je tombe, je ris fort, surtout si j'ai eu mal. Toujours faire semblant. »
La fausse porte , roman, Stock, 2011, p. 28
Xavier Houssin (et la fausse porte)

Posté par Serge Safran le 27 juin 2011

« La Fausse Porte est une ouverture dans le vieux rempart qui date du temps des Romains. Maman m'a raconté. On ne dit pas qu'elle est fausse parce qu'elle n'existe pas. Mais parce que ce n'est pas la grande porte, la porte principale. Par la Fausse Porte, on pouvait entrer en ville tard le soir ou la nuit. Il suffisait de dire son nom. De se faire reconnaître. D'expliquer simplement que l'on rentrait chez soi. »
La fausse porte , roman, Stock, 2011, p. 95-96
Emmanuel Lemieux (et Denis Olivennes)

Posté par Serge Safran le 24 juin 2011

« Denis Olivennes aimerait glisser Tocqueville dans le séquençage de la pensée de gauche. »
10 MAI 1981 UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE , Emmanuel Lemieux / Olivier Roller, François Bourin éditeur, 2011, p. 89
Emmanuel Lemieux (et Michel Serres)

Posté par Serge Safran le 23 juin 2011

« Avec sa réflexion sur le parasite – soit l’homme, la bête ou une onde radio –, il invite à construire ou repenser une théorie des relations lorsque le parasite prend tout et ne donne rien, et que son hôte donne et ne reçoit rien. »
10 MAI 1981 UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE , Emmanuel Lemieux / Olivier Roller, François Bourin éditeur, 2011, p. 84
Yves Simon (et les chansons)

Posté par Serge Safran le 22 avril 2011

« Je songeai que les chansons portaient des charges affectives qui nous attachent à elles pour toujours, plus qu'un roman, plus qu'un film, en une poignée de secondes elles se dévident à nos mémoires. Elles restituent à l'instant des morceaux d'espace et de temps dont on fut un jour le prisonnier, le héros, pour nous faire voyager dans les couloirs de nos vies et reproduire la photographie sentimentale de qui on était, o et avec qui on se trouvait, à un moment donné de notre histoire. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 25-26
Paul Morand (et les salons)

Posté par Serge Safran le 21 juin 2011

« Venise est un salon; et comme tous les salons, si l'on ne veut pas entendre médire de soi, mieux vaut le quitter en dernier; sage parti, que prit René! »
D'autres Venise , Nicolas Chaudun, présentation d'Olivier Aubertin, 2010, p. 27
Emmanuel Lemieux (et Laurent Joffrin)

Posté par Serge Safran le 20 juin 2011

« Laurent Joffrin, ou l’art de planter des clous en or dans le cercueil des illusions. »
10 MAI 1981 UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE , Emmanuel Lemieux / Olivier Roller, François Bourin éditeur, 2011, p. 37
Emmanuel Lemieux (et Yann Moix)

Posté par Serge Safran le 17 juin 2011

« « Au sujet du meilleur livre de François Mitterrand, Le Coup d’État permanent (Plon, 1964), Yann Moix écrit : « Tout pamphlet est une prière : on croit aboyer contre un ennemi, mais on prie pour soi-même, de toutes ses forces, pour obtenir aussi bien que cet ennemi. Le pamphlet est toujours touchant, le pamphlet est toujours émouvant : son auteur veut donner des coups, mais il ne fait en réalité qu’exposer publiquement ses blessures. Le pamphlet est une machine à tuer inventée par des blessés. » Un connaisseur. Bienvenue au panthéon des gueules cassées. »
10 MAI 1981 UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE ,Emmanuel Lemieux / Olivier Roller, François Bourin éditeur, 2011, p. 144
Paul Morand (et les gens tombés à l'eau)

Posté par Serge Safran le 16 juin 2011

« Jadis, le Gazzetino de Venise publiait la liste des gens tombés à l'eau dans la journée; cette rubrique a été supprimée. Choit-on moins? »
D'autres Venise , Nicolas Chaudun, présentation d'Olivier Aubertin, 2010, p. 27
Emmanuel Lemieux (et Pierre Delanoë)

Posté par Serge Safran le 15 juin 2011

« Il a tenté de déblayer le terrain sur son passage, mais le sort en a décidé autrement. Pierre Delanoë. Se contentera-t-il de regarder la Seine couler sous les ponts, se perdra-t-il dans les miroirs d’un Dorian Gray en politique, ou bien regardera-t-il ailleurs, après que le miroir se sera brisé ? » p. 55 »
10 MAI 1981 UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE , Emmanuel Lemieux / Olivier Roller, François Bourin éditeur, 2011, p. 132
Jean-Philippe Domecq (et l'intimité)

Posté par Serge Safran le 10 juin 2011

« Il est en effet deux impudeurs au monde qui font tabou: surprendre l'intimité sexuelle, et priver l'homme de son intimité avec sa mort. »
La littératue comme acupuncture in Robespierre, derniers temps, Folio histoire, 2011, p. 375
Emmanuel Lemieux (et Fabrice Luchini)

Posté par Serge Safran le 9 juin 2011

« Une créature rhétorique saturant l’espace de mots au pelage raffiné et de verbes juteux, d’emphases narcissiques et de vagabondages bibliophiles. « C’est énorme ! », savoure-t-il. C’est même « hénaurme ». Depuis, il ne s’arrête plus, le mot à la bouche. »
10 MAI 1981 UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE , Emmanuel Lemieux / Olivier Roller, François Bourin éditeur, 2011, p. 132
Emmanuel Lemieux (et Edgar Morin)

Posté par Serge Safran le 8 juin 2011

« Edgar Morin est un penseur de la renaissance. Il martèle son mantra : Tout ce qui ne régénère pas dégénère. »
10 MAI 1981 UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE , Emmanuel Lemieux / Olivier Roller, François Bourin éditeur, 2011, p. 77
Yves Simon (et les malchanceux)

Posté par Serge Safran le 7 juin 2011

« Ceux qui se disent malchanceux ne sont qu'orgueilleux car ils ne savent pas qu'il faut apprendre, avec humilité, tout des autres et tout du monde. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 241
Pierre Michon (et le travail)

Posté par Serge Safran le 6 juin 2011

« Alors l'enfant, avec un grand sérieux et sur un ton d'évidence fâchée: – Ceux-là ne font rien: ils travaillent. »
Les Onze Verdier, 2009, p. 67
Yves Simon (et écrire)

Posté par Serge Safran le 1er juin 2011

« Écrire, une manière élégante d'ajourner sa mort. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 227
Léon Tolstoï (et l'excès d'humilité)

Posté par Serge Safran le 31 mai 2011

« Tout excès d'humilité entraîne chez la plupart des gens une réaction violente: alors leurs exigences, leurs tracasseries ne connaissent plus de bornes. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 389
Yves Simon (et raconter sa vie)

Posté par Serge Safran le 30 mai 2011

« Raconter sa vie, c'est faire preuve de foi envers sa profonde banalité et croire, ou espérer en son for intérieur, dans la suprématie de sa singularité. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 227
Tolstoï (et la poupée de cire)

Posté par Serge Safran le 27 mai 2011

« Nul ne peut défendre à un homme de se pétrir une poupée de cire et de l'embrasser, mais qu'il n'aille pas la caresser devant un amoureux, il le blesserait à mort. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 522
Yves Simon (et les décisions)

Posté par Serge Safran le 26 mai 2011

« Si certaines décisions sont douloureuses, une fois accomplies, un sentiment d'extrême légèreté nous envahit et on se demande comment et pourquoi elles ne furent pas prises plutôt. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 199-200
Jean-Paul Michel (et Rimbaud)

Posté par Serge Safran le 25 mai 2011

« Ce n'est pas à Rimbaud que je ferais quelque reproche que ce soit (Rimbaud est une limite de toute possible expérience de langage comme l'existence), mais aux «rimbaldistes » tardifs qui ont été la vulgate poétique, post-surréaliste, des années de mon adolescence. »
« Pour moi, dit-il, hélas, j'écris avec des ciseaux. » , William Blake & Co. Edit., Entretiens inédits, Jean-Paul Michel Michaël Sebban, 2005, p.17
Léon Tolstoï (et la feinte)

Posté par Serge Safran le 24 mai 2011

« La feinte la mieux ourdie pourra duper le plus pénétrant des hommes, mais le plus borné des enfants ne s'y laissera jamais prendre. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 300
Yves Simon (et la tranquille apparence)

Posté par Serge Safran le 23 mai 2011

« Il suffit de savoir qu'on va être rejoint par un ami ou une amoureuse pour qu'une attitude empesée de solitude se transforme aussitôt en une tranquille apparence. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 95
Léon Tolstoï (et la cristallisation sociale)

Posté par Serge Safran le 20 mai 2011

« Partout où des hommes se réunissent, une espèce de cristallisation sociale met une fois pour toutes chacun à sa place. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 240
Yves Simon (et l'aujourd'hui)

Posté par Serge Safran le 19 mai 2011

« Aujourd'hui. J'aimais ce mot depuis toujours, depuis longtemps,depuis que j'écrivais. Je l'envisageais comme une matrice poétique dans laquelle pouvait s'engouffrer tout ce qui ferait sens pour moi en un jour précis, les catastrophes lointaines comme des faits qui me seraient proches, ma mère a-t-elle joué seule au Scrabble aujourd'hui? »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 80
Christian Estèbe et le couple

Posté par Serge Safran le 18 mai 2011

« Un couple n'est pas formé de trois personnes, il n'y a que Dieu qui puisse se permettre ce luxe. »
Des nuits rêvées pour le train fantôme , Finitude, 2010 p. 158
Roland Jaccard (et le suicide)

Posté par Serge Safran le 17 mai 2011

« Passé cinquante ou soixante ans, l'idée de se suicider devient absurde, il y a déjà une telle déperdition de vie et d'énergie, que cela n'a plus aucun sens. »
Entretien , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 24
Yves Simon (et l'acceptable)

Posté par Serge Safran le 16 mai 2011

« Nous sommes ainsi programmés de ne pouvoir accepter ce qu'un roman rendrait acceptable. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 196
Jean-Paul Michel (et la poésie)

Posté par Serge Safran le 13 mai 2011

« La poésie est la tentative de substituer une forme, une image choisie à la fatalité de la brutalité et du non-sens. »
« Pour moi, dit-il, hélas, j'écris avec des ciseaux. » , William Blake & Co. Edit., Entretiens inédits, Jean-Paul Michel Michaël Sebban, 2005, p. 34
Victor Hugo (et la pensée)

Posté par Serge Safran le 12 mai 2011

« La pensée est plus qu'un droit, c'est le souffle même de l'homme. Qui entrave la pensée, attente à l'homme même. Parler, écrire, imprimer, publier, ce sont-là, au point de vue du droit, des identités; ce sont là les cercles, s'élargissant sans cesse, de l'intelligence en action; ce sont là les ondes sonores de la pensée. »
Victor Hugo , par Sandrine Fillipetti, Folio biographies, 2011, p.158
Yves Simon (et l'espoir)

Posté par Serge Safran le 11 mai 2011

« N'est-on pas toujours vaincu par ce en quoi on espérait le plus? »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 37
Victor Hugo (et la politique)

Posté par Serge Safran le 10 mai 2011

« Je suis persuadé qu'en politique il faut toujours se risquer et ne jamais se compromettre. J'aime le danger, mais je hais le ridicule. »
Victor Hugo , par Sandrine Fillipetti, Folio biographies, 2011, p.158
Yves Simon (et la porte close)

Posté par Serge Safran le 09 mai 2011

« Il y a toujours une porte close par laquelle aucun des amants ne parvient à entrer, une cicatrice de silence, une blessure de premier jour refermée à jamais. J'ai ressenti une certaine désespérance à ne pouvoir franchir le seuil qui m'aurait amené à contempler, sous un soleil spectral, un champ de pivoine et de jonquilles, le havre secret d'une femme, son repos. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 34
Roland Jaccard (et les ambitions)

Posté par Serge Safran le 4 mai 2011

« J'étais ce jeune homme qui préférait mettre en sourdine ses ambitions plutôt que de ne pas être à leur hauteur. »
Fragments autobiographiques , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 32
Stéphane Héaume (et Venise)

Posté par Serge Safran le 3 mai 2011

« C'est d'ailleurs de Venise dont je veux te parler aujourd'hui. Et plus exactement d'une rencontre que j'y ai faite, à l'époque où j'étais décorateur d'opéra pour La Fenice. J'étais très jeune, c'était l'époque d'avant les studios, d'avant la siamoise. C'était l'année où nous avions monté Rosenkavalier – je veux dire, Le Chevalier à la rose. »
L'Idole noire , les éditions du Moteur, histoire courte, 2011, p. 19
Yves Simon (et les lumineux repères)

Posté par Serge Safran le 2 mai 2011

« Il en est ainsi de certaines personnes qui, sans avoir déjà vingt ans, furent de lumineux repères pour se diluer quelques années plus tard dans les vicissitudes d'un quotidien désarmant. Vaincus d'être déjà vieux avant de revêtir leur uniforme d'adulte, ils implosent, sans éclat, pareils aux étoiles mortes qui disparaissent soudainement aux regards des astronomes. »
La Compagnie des femmes , Stock, 2011, p. 104
Sandrine Fillipetti (et la mort de Victor Hugo)

Posté par Serge Safran le 29 avril 2011

« Le 19 mai 1885, il note encore dans son carnet: « Aimer, c'est agir. » Ce sont ces derniers mots. Il meurt le 22 mai, à une heure vingt-sept minutes de l'après-midi. Il a quatre-vingt-trois ans. »
Victor Hugo , par Sandrine Fillipetti, Folio biographies, 2011, p.292
Jean-Paul Michel (et la voix)

Posté par Serge Safran le 0 avril 2011

« Une voix est toujours habitée de plusieurs voix, certaines seraient-elles, même, mutiques. »
« Pour moi, dit-il, hélas, j'écris avec des ciseaux. » , William Blake & Co. Edit., Entretiens inédits, Jean-Paul Michel Michaël Sebban, 2005, p.25
Sandrine Fillipetti (et Victor Hugo)

Posté par Serge Safran le 27 avril 2011

« Le 5 septembre 1870, enfin, Victor Hugo rentre en France comme il en était parti: par le train. Il aura passé dix-neuf années en exil. »
Victor Hugo , par Sandrine Fillipetti, Folio biographies, 2011, p.264
Jean-Paul Michel (et l'humanité)

Posté par Serge Safran le 26 avril 2011

« Si l'humanité des hommes a un contenu ce ne peut être que cela: choisir des figures du désirable, soutenir, formuler des attentes au lieu de subir des fatalités. Lorsque Hölderlin écrit que les poètes seuls « fondent ce qui demeure », nous devons entendre cela de manière littérale: la poésie n'a pas de fonction plus décisive que cette puissance législatrice première, qui fonde toute possibilité d'un pari sérieux sur de « l'impossible ». »
« Pour moi, dit-il, hélas, j'écris avec des ciseaux. » , William Blake & Co. Edit., Entretiens inédits, Jean-Paul Michel Michaël Sebban, 2005, p.
Léon Tolstoï (et la fatalité)

Posté par Serge Safran le 1 mars 2011

« Tout homme dont l'existence est compliquée voit aisément dans cet imbroglio une fatalité réservée à lui seul. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 338
G.-O. Châteaureynaud (et l'imagination)

Posté par Serge Safran le 15 avril 2011

« L'imagination, pour qui en a été libéralement doté, commence par être un handicap avant de devenir un atout. »
La vie nous regarde passer , Grasset, 2011, p. 48
Jean-Philippe Domecq (et l'enquête)

Posté par Serge Safran le 14 avril 2011

« L'enquête, forme que prend l'envie de comprendre qui est si appétante en nous tous et qui nous arrachera un de nos vifs regrets lorsqu'il faudra quitter ce qui semble être l'existence. »
La littératue comme acupuncture in Robespierre, derniers temps, Folio histoire, 2011, p. 380
Jean-Paul Michel (et la violence du réel)

Posté par Serge Safran le 13 avril 2011

« Pour être sensible à la violence du réel il faut aspirer profondément à la paix. Ce qui m'a fait connaître violente l'expérience du réel, plus que la philosophie, est sans doute une émotivité excessive. J'ai pensé très souvent qu'écrire était pour moi une opération d'ordre médical. Cela doit s'entendre littéralement. Je veux retrouver un équilibre. L'écriture m'apparaît comme un sédatif de la douleur, comme l'ont été le fait de fumer, de chasser, de m'épuiser à des travaux matériels. »
« Pour moi, dit-il, hélas, j'écris avec des ciseaux. » , William Blake & Co. Edit., Entretiens inédits, Jean-Paul Michel Michaël Sebban, 2005, p.
G.-O. Châteaureynaud (et l'ennui)

Posté par Serge Safran le 0 mars 2011

« C'est seul, face à des paysages dont au fond on n'a que faire, seraient-ils « splendides », qu'on prend le mieux conscience de l'ennui qui guette sitôt qu'on sort de ses propres chemins tracés. »
La vie nous regarde passer , Grasset, 2011, p. 226
Jean-Philippe Domecq (et Benjamin Constant)

Posté par Serge Safran le 11 avril 2011

« Son style de pensée, tout d'incision concise, en littérature tant politique que romanesque ou d'histoire religieuse, Benjamin Constant le tire surtout de sa situation au médian de deux siècles, des Lumières et du Romantisme, mariant l'économie explicative des premières aux souplesses spéculatives du préromantisme qui commençait d'appréhender les retours de la Raison que les Lumières avaient nécessairement laissés en jachère. »
La littératue comme acupuncture in Robespierre, derniers temps, Folio histoire, 2011, p. 398
Roland Jaccard (et les réactions)

Posté par Serge Safran le 8 avril 2011

« Les réactions, souvent, ne sont pas celles qu'on attend. »
Entretien , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 19
G.-O. Châteaureynaud (et la vérité)

Posté par Serge Safran le 7 avril 2011

« La gestion de l'immédiat mobilise l'être humain seconde après seconde et l'anesthésie, le détournant pour sa sauvegarde d'interrogations périlleuses sur la raison de sa présence ici-bas. Il peut s'accommoder de son sort, s'orienter sur la Terre et vivre parmi ses semblables de façon supportable, ou satisfaisante, voire parfois exaltante, il n'empêche qu'un vertige devrait le saisir dès qu'il lève le nez des tâches ou des plaisirs qui le distraient de la vérité impensable. »
La vie nous regarde passer , Grasset, 2011, p. 205
G.-O. Châteaureynaud (et les signaux mystérieux)

Posté par Serge Safran le 05 avril 2011

« Un peu plus tôt, un peu plus tard, les membres d'une même classe d'âge obéissent aux mêmes signaux mystérieux qui les incitent à se laisser pousser les cheveux, ou au contraire à les raser, à délaisser les chemises blanches à col italien et les petits costumes gris pour des jeans à pattes d'éléphant et des chemises à fleurs. »
La vie nous regarde passer , Grasset, 2011, p. 194
Roland Jaccard (et la règle)

Posté par Serge Safran le 4 avril 2011

« J'étais ce jeune homme qui avait pour règle intangible de ne jamais s'attacher, de ne jamais s'attarder. Comme il semble radieux le temps où il s'y tenait. »
Fragments autobiographiques , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 38
G.-O. Châteaureynaud (et les illusions)

Posté par Serge Safran le 01 avril 2011

« Nul n'est romancier à seize ans. Radiguet, soit, mais Cocteau lui tenait la main. Poète, ça s'est vu. Rien n'interdit de se vouloir élu. Il faut bien se croire quelque chose à cet âge, sinon à quelles illusions pourrions-nous renoncer utilement à vingt ans? »
La vie nous regarde passer , Grasset, 2011, p. 189
Roland Jaccard (et le bénéfice littéraire)

Posté par Serge Safran le 31 mars 2011

« Si, parfois, je me suis retrouvé dans des situations un peu bizarres, c'est sans doute qu'il y avait un petit bénéfice littéraire à en tirer, mais ce n'était pas calculé. »
Entretien , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 16
August Strindberg

Posté par Serge Safran le 30 mars 2011

« C'est ça l'amour! Comment savoir si la vie est quelque chose de sérieux ou simplement une blague? Dans les pires tourments, la voilà qui sourit; mais c'est quand elle prend des airs graves qu'on se sent le mieux, le plus calme… »
La Danse de mort , L'avant-scène théâtre, classique, Collection des quatre-vents, traduit par Elena Balzamo, 2001, p. 106
Sibylle Grimbert (et le destin)

Posté par Serge Safran le 29 mars 2011

« Pourquoi croit-on toujours que les choses horribles et injustes qu'on nous raconte ne peuvent nous arriver, à nous? »
Le vent tourne , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 197
Roland Jaccard (et le passé)

Posté par Serge Safran le 28 mars 2011

« J'étais ce jeune homme qui pressentait qu'il aurait un jour à se désolidariser de son passé. »
Fragments autobiographiques , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 39
Roland Jaccard (et le crime)

Posté par Serge Safran le 24 mars 2011

« J'étais ce jeune homme qui ne commettait de crime parfait qu'avec ses livres, conscients que les mots tuent plus sûrement que les balles et sans laisser de traces. »
Fragments autobiographiques , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 33
Roland Jaccard (et Paris)

Posté par Serge Safran le 23 mars 2011

« J'étais à Paris pour une année, cela fait quarante ans que j'y suis. Ce n'était pas mon ambition, je voulais faire du cinéma aux États-Unis, je ne voulais pas être écrivain à Paris. »
Entretien , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 12
Roland Jaccard (et l'écoute)

Posté par Serge Safran le 22 mars 2011

« Car qu'est-ce qu'écouter, sinon prendre la souffrance d'autrui? »
Nietzsche et la jeune fille anorexique , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 52
Sibylle Grimbert (et l'imperfection)

Posté par Serge Safran le 21 mars 2011

« Qu'avaient-ils fait pour mériter d'être si insouciants, ignorants de leur nullité, pour n'avoir même pas à la supporter puisqu'ils ne la connaissaient pas ? quand lui était le seul à mesurer son imperfection, à en souffrir, et se retrouvait mis à l'écart par la faute de sa lucidité. »
Le vent tourne , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 62
Roland Jaccard (et l'Asie)

Posté par Serge Safran le 18 mars 2011

« J'étais ce jeune homme qui pressentait que son destin se jouerait en Asie, mais sans deviner sous quelle forme. Cette énigme l'a maintenu en vie. »
Fragments autobiographiques , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 34
Tolstoï (et le débat)

Posté par Serge Safran le 0 mars 2011

« Il arrive fréquemment, même à des gens de valeur, de s'apercevoir que tel ou tel débat qui s'est élevé entre eux et leur a coûté de grands efforts de logique et une énorme dépense de paroles n'est au fond qu'une question de préférence, chacun d'eux craignant de dévoiler la sienne par crainte de la voir mettre en doute. Si l'un des adversaires parvient par d'heureux tours de phrases à faire saisir et partager sa prédilection à l'autre, la discussion tombe d'elle-même. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 437
Sibylle Grimbert (et l'avenir)

Posté par Serge Safran le 0 mars 2011

« Plusieurs personnes réclamaient qu'il leur tire les cartes; tout le monde veut connaître l'avenir, surtout si l'alibi de la distraction permet de paraître désinvolte. »
Le vent tourne , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 62
Léon Tolstoï (et la beauté de la vie)

Posté par Serge Safran le 10 mars 2011

« Le charme, la variété, la beauté de la vie tiennent précisément à des oppositions de lumière et d'ombre. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 50
Tahar Ben Jelloun (et Roland Jaccard)

Posté par Serge Safran le 15 mars 2011

« C'est un homme cultivé, poli, courtois, bien éduqué. Je ne dirais pas qu'il est gentil car le mot est haïssable, il est serviable, amiable, amical ce qui est mieux que gentil. Il faut cependant s'en méfier. Il n'y a pas mieux que lui pour créer du bouche à oreille pour un livre, un film. il ne va jamais au théâtre ni à l'opéra, n'accepte jamais une invitation à dîner chez des amis de peur qu'on lui serve des avocats ou qu'on mange au-delà de 20h. Il n'est habité par aucune nostalgie, si ce n'est celle de quelques chansons de Françoise Hardy, John Lennon ou d'autres dont le nom ne dira rien aux moins de trente ans. »
Roland Jaccard, l'éternel adolescent qui trompe son monde , Les Moments littéraires n°25, 2011, p. 9
Sibylle Grimbert (et la distraction d'autrui)

Posté par Serge Safran le 14 mars 2011

« Comment les gens peuvent-ils être si distraits? pourquoi n'entendent-ils pas la moitié de ce qu'on leur dit, pourquoi ne retiennent-ils que les mots les plus incongrus dont ils déduisent n'importe quoi ensuite? »
Le vent tourne , Éditions Léo Scheer, 2011, p. 14
Christian Estèbe (écrire)

Posté par Serge Safran le 11 mars 2011

« Un écrivain qui n'écrit plus, c'est pire qu'un écrivain mort. »
Des nuits rêvées pour le train fantôme , Finitude, 2010 p. 93
Marc Vaillancourt (et le vocabulaire)

Posté par Serge Safran le 09 mars 2010

« Vocabulaire Tropologie, emploi du langage figuré, n'est pas au Robert. On suppose donc que Fénelon n'est pas digne de figurer au Robert, pas plus que Proust et Rimbaud, qui emploient des termes que ce dictionnaire ne définit pas. » (Jacques Drillon, Eurêka). »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 63
Christian Estèbe (mentir)

Posté par Serge Safran le 8 mars 2011

« Finalement, on est toujours en train de mentir: à soi d'abord, on commence toujours par celui qui croira le mieux à nos mensonges. Une fois habitué à nos propres duperies, on peut continuer avec les autres: les femmes d'abord, les plus crédules, elles ont tant d'amour à donner, puis nos amis, nos partisans, nos complices, ceux qui veulent croire et colportent les points noirs de la langue de bois, la cacophonie est enfin totale. C'est ainsi que nous vivons, séparés les uns des autres, voici Babel et voici Bélial, claquemurés dans l'armure rouge et noire de la langue tordue. C'est pour dissimuler ce qu'il pense que le langage est venu à l'homme. »
Des nuits rêvées pour le train fantôme , Finitude, 2010 p. 47-48
Christian Estèbe (vivre et mourir)

Posté par Serge Safran le 7 mars 2011

« Une vie, c'est comme une épreuve olympique, une œuvre d'art, et mourir, c'est comme aimer, c'est pas une histoire d'amateur, faut laisser ça aux professionnels! »
Des nuits rêvées pour le train fantôme , Finitude, 2010 p. 24
Léon Tolstoï (et les familles)

Posté par Serge Safran le 3 mars 2011

« Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. »
Anna Karénine , (1878), Folio classique, p. 3
Christian Estèbe et le destin

Posté par Serge Safran le 2 mars 2011

« Transformer sa vie en destin n'est pas à tout prix vouloir la transformer en tragédie. »
Des nuits rêvées pour le train fantôme , Finitude, 2010 p. 162
Camille Laurens, unique…

Posté par Serge Safran le 1 mars 2011

« Unique, peut-être. Mais elle n'est pas la seule. »
Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 197
Olivier Goldsmith (et les amitiés disproportionnées)

Posté par Serge Safran le 28 février 2011

« Les amitiés disproportionnées finissent toujours par le dégoût. »
Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 72
Céline (et le n'importe quoi)

Posté par Serge le 25 février 2011

« N’importe quoi, dans la vanité, c’est mieux que rien du tout. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 137
Serge Koster (et le double)

Posté par Serge Safran le 24 février 2011

« Pour tenter l’approche de soi-même, pourquoi ne pas sonder chez un autre, disparu et comme encore vivant, ce qui fait écho en nous-mêmes ? Double autoportrait dans une fantasmatique galerie des glaces. »
Léautaud tel qu'en moi-même , Éditions Léo Scheer, 2010, p. 22
Samuel Richardson (et l'expression des sentiments)

Posté par Serge Safran le 23 février 2011

« Ce n’est point par des paroles que les sentiments s’expriment. L’humble silence, les regards timides, l’embarras même dans le ton de la voix, en apprennent plus que tout ce que Shakespeare nomme les bruyantes saillies d’une audacieuse éloquence. (Miss Clarisse Harlove à Miss Hove. Mercredi 12 d’avril. Lettre 95) p. 295 »
Lettres angloises ou Histoire de Miss Clarisse Harlove (1751), Traduction d'Antoine-François Prévost d'Exiles, PUL, 2007, p. 295
Céline (et la création)

Posté par Serge Safran le 22 février 2011

« La création est toujours une bagarre dégoûtante. »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 27janvier 1949, p. 1138
Serge Koster (et l'honnêteté)

Posté par Serge Safran le 21 février 2011

« Tout se paie, même et surtout l’honnêteté. »
Léautaud tel qu'en moi-même , Éditions Léo Scheer, 2010, p. 94
Francis Dannemark (et la société)

Posté par Serge Safran le 18 février 2011

« Une société, en droit, c’est une personne morale. J’aime bien cette formule parce qu’elle rappelle que toute société, la nôtre par exemple, le monde occidental qui est dominant depuis cinq siècles, est comme une personne et que donc elle vieillit, et qu’elle sera remplacée un jour par une autre. »
Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver , Robert Laffont, 2010, p. 53
Samuel Richardson, le doute et l'impatience…

Posté par Serge Safran le 17 février 2011

« À la vérité, je ne suis pas fâché de te faire un peu sentir, à ton tour, les tourments du doute et de l’impatience. Je sais que ceux qui les détestent le plus, sont ordinairement ceux qui craignent le moins d’y exposer les autres. (M. Belford, à M. Lovelace. Lundi, 17 juillet. Lettre 288) »
Lettres angloises ou Histoire de Miss Clarisse Harlove (1751), Traduction d'Antoine-François Prévost d'Exiles, PUL, 2007, p. 499
Serge Koster et la vocation

Posté par Serge Safran le 16 février 2011

« Avoir la vocation est un don, se faire publier une chance, vendre ou ne pas vendre le fruit de notre genre de talent. Son profond désenchantement était d’origine, n’était en aucun cas la sanction des circonstances. C’est une force admirable, qu’on voudrait détenir. »
Léautaud tel qu'en moi-même , Éditions Léo Scheer, 2010, p. 124-125
Madame de Staël (et la confidence)

Posté par Serge Safran le 15 février 2010

« Il est des situations de l’âme où l’on redoute de se confier à personne ; il suffirait d’une parole qu’on dirait ou qu’on entendrait, pour dissiper à nos propres yeux l’illusion qui nous fait supporter l’existence ; et l’illusion dans les sentiments passionnés, de quelque genre qu’ils soient, a cela de particulier qu’on se ménage soi-même comme on ménagerait un ami que l’on craindrait d’affliger en l’éclairant, et que, sans s’en apercevoir, l’on met sa propre douleur sous la protection de sa propre pitié. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 396
Céline (et les sentiments)

Posté par Serge Safran le 14 février 2011

« Le souvenir de vos cuisses me contente encore. Je suis un sentimental. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, fin septembre 1932, p. 318
Serge Koster (et la connaissance de soi)

Posté par Serge Safran le 11 février 2011

« Se connaître n’est pas se corriger. Il y a juste une satisfaction, teintée de mélancolie, à être conscient des processus à l’œuvre dans le cours des choses. »
Léautaud tel qu'en moi-même , Éditions Léo Scheer, 2010, p. 17
Jules Renard (et l'imparfait du subjonctif)

Posté par Serge Safran le 10 février 2010

« Les imparfaits du subjonctif. C'est affaire de mesure. La beauté du style est dans la discrétion. Il n'est pas plus ridicule de se servir de l'imparfait du subjonctif que de dire: « Je fus… Je fis… Nous partîmes… » Mais il ne faut pas abuser; le passé défini nous lasse vite. De beaux parleurs ne cessent pas de s'en servir. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 3 mai 1909, p. 975
Serge Koster (et la procrastination de Léautaud)

Posté par Serge Safran le 9 février 2011

« La procrastination de Léautaud, qui est l’autre nom du retrait des affaires ou du goût de la solitude, se rétribue en gain de tranquillité, non sans provoquer son cafard, perte d’argent, train de vie étriqué, ratage et médiocrité de l’existence. Reste la contrepartie heureuse de la vraie littérature, du temps accordé à l’amour des bêtes, de la misanthropie vécue avec l’aval de la plus authentique de ses aspirations. »
Léautaud tel qu'en moi-même , Éditions Léo Scheer, 2010, p. 154
Serge Koster, Flaubert et Léautaud

Posté par Serge Safran le 8 février 2011

« Flaubert disait écrire afin d’échapper à cette corvée, l’existence. Écrire lui était un bagne salutaire. Léautaud, qui avait de l’aversion pour le styliste, existait d’écrire. Comme le semi-reclus de Croisset, il vivait en « hommeplume », métamorphose qui lui permettait de rêver, de revivre sa vie, les moments de plaisir, l’amour physique, les extases de lecture, etc. »
Léautaud tel qu'en moi-même , Éditions Léo Scheer, 2010, p. 115
Francis Dannemark (et la culture)

Posté par Serge Safran le 7 février 2011

« Mais la culture, tout de même, ce ne sont pas seulement les beaux-arts – en version sophistiquée ou dégradée –, c’est littéralement tout ce que les humains inventent pour assurer leur survie et celle de l’espèce. C’est le feu, l’aspirine, le microscope et la poésie, la règle de trois, le peigne à poux, l’amour et l’arbalète, le piano, les courses d’aviron… Ça n’a rien d’un luxe, ça n’a rien à voir avec les loisirs. »
Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver , Robert Laffont, 2010, p. 39
Serge Koster (et le remontant)

Posté par Serge Safran le 4 février 2011

« Paradoxe : cet homme profondément désenchanté, qui jouit « jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique », nous attendons de lui, nous obtenons de lui d’absorber son œuvre comme un remontant, et cela à juste titre, si nous nous fions aux propos que son camarade Auriant lui tient le 3 janvier 1927, affirmant « que lorsqu’il est dans le marasme intellectuel, le découragement d’écrire, le doute de lui, l’incertitude, il lui suffit de lire quelque chose de moi pour être aussitôt remonté ». De la prose de combien d’écrivains goûtons-nous ces bénéfices répandus à travers notre existence ? Gloriole et gains ne comptent pas devant cette espèce de bénédiction que les livres de Léautaud nous octroient. »
Léautaud tel qu'en moi-même , Éditions Léo Scheer, 2010, p. 226
Francis Dannemark (et l'argent)

Posté par Serge Safran le 3 février 2011

« Quelqu’un a dit un jour que cela n’avait rien d’étonnant que j’aie des soucis d’argent : je ne faisais que ce que j’aimais faire. »
Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver , Robert Laffont, 2010, p. 33
Francis Dannemark (et les amateurs de littérature)

Posté par Serge Safran le 2 février 2011

« Les amateurs de littérature sont usuellement des gens qui voient un peu plus loin que le bout de leur nez et, crime impardonnable, ce sont de médiocres consommateurs. Il vaut donc mieux donner de l’argent aux télévisions, elles font ce que la littérature ne fait pas : elles donnent envie d’acheter. »
Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver , Robert Laffont, 2010, p. 57-58
Céline (et l'hystérie)

Posté par Serge Safran le 1 février 2011

« J'ai rencontré l'hystérie à tous les chevets, à tous les coins de la vie, elle ne me surprendra jamais. Je suis plutôt surpris lorsque je ne la rencontre pas. »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 27 mai 1949, p. 1188
Francis Dannemark (et la vie)

Posté par Serge Safran le 31 janvier 2011

« La vie ne s’occupe pas de nos désirs mais elle s’arrange, parfois de manière très inattendue, pour répondre toujours à nos besoins. »
Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver , Robert Laffont, 2010, p. 56
Napoleon Bonaparte (et le dégoût pour tout)

Posté par Serge Safran le 28 janvier 2011

« La vie m'est à charge parce que je ne goûte aucun plaisir et que tout est peine pour moi. Elle m'est à charge parce que les hommes avec qui je vis et vivrai probablement toujours ont des mœurs aussi éloignées des miennes que la clarté de la lune diffère de celle du soleil. Je ne peux donc pas suivre la seule manière de vivre qui pourrait me faire supporter la vie, d'où s'ensuit un dégoût pour tout. »
Sur le suicide in Le masque prophète, L'Esprit du Temps, préface de Patrick Rambaud, 2011, p.
Mikaël Hirsch, Jean-Paul et Simone

Posté par Serge Safran le 27 janvier 2011

« Ni vraiment résistants ni collaborateurs, Sartre et Beauvoir ont occupé l'espace laissé vacant par les auteurs en fuite ou réduits au silence par la censure. »
Le Réprouvé , L'Éditeur, 2010, p. 108
Marc Vaillancourt (et le succès en librairie)

Posté par Serge Safran le 26 janvier 2011

« Succès de librairie Le succès d'une œuvre d'art ressemble toujours à un attroupement de badauds autour d'un accident. Il n'y a pas, en littérature des recettes de succès; il n'y a que des succès qui font recette. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 21
Marc Vaillancourt (achat/vente)

Posté par Serge Safran le 25 janvier 2011

« Dialogue – Je ne me suis pas vendu. – Peut-être… peut-être… Mais a-t-on seulement fait mine de vous acheter ? »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 27
Francis Dannemark (et Chesterton?)

Posté par Serge Safran le 24 janvier 2011

« – Vous connaissez l'écrivain anglais Gilbert Keith Chesterton? Il a écrit que le fou n'est pas celui qui a perdu la raison mais celui qui a tout perdu sauf la raison… »
Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver , Robert Laffont, 2010, p. 28
Chesterton (et l'engendrement)

Posté par Serge Safran le 21 janvier 2011

« La vérité est forcément plus étrange que la fiction puisque nous avons créé la fiction à notre convenance. »
« M. Bernard Shaw » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 57
Jérôme Ferrari (et l'humanité)

Posté par Serge Safran le 20 janvier 2011

« En tout homme se perpétue la mémoire de l'humanité entière. Et l'immensité de tout ce qu'il y a à savoir,chacun le sait déjà. »
Où j'ai laissé mon âme , Actes Sud, 2010, p. 146
Jérôme Ferrari (et le jasmin)

Posté par Serge Safran le 19 janvier 2011

« Je suis allé prendre une chambre au Saint-George, il y avait des taches d'humidité sur les murs et des carreaux de faïence décollés mais le jasmin parfumait encore l'air du jardin, comme il y a quarante ans, quand je quittais la villa pour boire un whisky sous le soleil d'hiver. »
Où j'ai laissé mon âme , Actes Sud, 2010, p. 20
Marc Vaillancourt et Madame de Sévigné

Posté par Serge Safran le 18 janvier 2011

« Madame a raison Madame de Sévigné écrit: « La fantaisie m'a pris de me lever ». Des grammairiens ont chipoté: Il faut dire prise. Mais prendre n'est pas ici, strictement, verbe actif, et pris est plus élégant. Vous expliquerez cela à l'auteur dans le vent, au critique à la page et à cette girouette éventée par tous les souffles de la réclame: le lecteur le modèle courant. Quels écrivains, en France, émerveillent les critiques et charment le public au crépuscule du XIXe siècle ? François Ponsard, Jules Janin, Jospeh Méry, Edmont About, Émile Augier, Octave Feuillet. Et Feydeau le père, me souffle-t-on d'outre-Atlantique… »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p.33-34
Céline (et le pucelage)

Posté par Serge le janvier 2010

« On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 19
Céline (et l'argot)

Posté par Serge Safran le décembre 2009

« Ils nous font chier avec l'argot on prend la langue qu'on peut on la tortille comme on peut elle jouit ou ne jouit pas – Voltaire me fait jouir Bruant aussi – C'est le pageot qui compte c'est pas le dictionnaire! Tous ces rafignoleurs d'argots suent l'impuissance. Les mots ne sont rien s'ils ne sont pas notes d'une musique du tronc… »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 71
Marc Vaillancourt (et Chateaubriand)

Posté par Serge Safran le 14 janvier 2011

« L'enchanteur chez les Macaronis En pèlerinage à Florence, Chateaubriand avait cueilli, avec on imagine quelle émotion, une feuille de laurier sur le tombeau de Dante. « – Votre excellence a bien raison, approuva le guide, rien ne relève mieux les macaronis. » »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 56
Marc Vaillancourt (et le latin)

Posté par Serge Safran le 11 janvier 2011

« Thème d'imitation L'étude du latin n'a jamais été une école de conformisme. Le jeune Robespierre composa et prononça dans un latin de belle tenue un compliment en l'honneur du roi qu'il allait, par la suite, faire décapiter. Tout Montaigne, tout Pascal, tout Saint-Simon est un « thème d'imitation »: c'est là le plus pur du français par précellence. Chateaubriand nous assure avoir appris l'amour, l'art, le monde de l'amour et le monde de l'art dans Horace, Virgile et Catulle. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 22
Alain Nadaud (et les poètes)

Posté par Serge Safran le 30 décembre 2010

« Car tu n'ignores pas que, pour nous poètes, le fait d'arrêter d'écrire est inhérent à l'acte même d'écrire de la poésie. En réalité, on pourrait dire qu'il lui est même consubstantiel. »
D'écrire j'arrête , Tarabuste éditeur, collection In-Stance, 2010, p.
Marc Bressant (évoque Jules Champigny)

Posté par Serge Safran le 13 janvier 2011

« Que Champigny se soit passionné pour son sujet est une litote. La précision des observations et l'enthousiasme qu'il met à les rapporter montrent qu'il a payé de sa personne et n'a pas hésité à beaucoup voyager en bonne compagnie. La thèse de l'ouvrage [Observations d'un médecin sur diverses conséquences du transport ferroviaire] est claire: au-delà des bouleversements coperniciens qu'il introduit dans la géographie du monde et l'histoire des hominidés, le chemin de fer ouvre des perspectives radicalement nouvelles à la libido. les complexes mouvements oscillatoires auxquels le train soumet ses passagers créent un état physique inédit, qui libère, chez la femme tout particulièrement, une énergie sexuelle enfin déconnectée du psychique. Ainsi s'annonce une société où femmes et hommes se retrouveront de plain-pied dans ce qu'il nomme « une commune approche orgasmique de la vie ». »
Assurez-vous de n'avoir rien oublié , Éditions de Fallois, 2010, p. 42
Alain Nadaud, l'écriture et le corps de la femme

Posté par Serge Safran le 29 décembre 2010

« Le lien à l'écriture est proche du rapport au corps d'une femme: on se glisse au plus près, on le frôle et le caresse. On s'y reprend à plusieurs fois on s'excite, on croit toucher au but. Il arrive même qu'on en jouisse; mais sans jamais en atteindre le centre, le posséder. Et, aussitôt, tout est à recommencer. »
D'écrire j'arrête , Tarabuste éditeur, collection In-Stance, 2010, p. 103
Alain Nadaud (et la fonction de vérité)

Posté par Serge Safran le 10/01/11 2011

« – Je suis persuadé que la fiction a une fonction de vérité. Justement, je me demande si ce n'est pas par l'existence d'une pareille instance que se trace la ligne de partage, en général si difficile à établir, et sur quoi on butte sans cesse, entre ce qui est littéraire et ce qui ne l'est pas. La littérature se signale par la capacité qu'elle a de produire un effet sur l'esprit et le comportement des hommes. »
D'écrire j'arrête , Tarabuste éditeur, collection In-Stance, 2010, p. 58-59
Marc Vaillancourt (et l'entente)

Posté par Serge Safran le 07 janvier 2011

« Tant pis… Quand les gens sont d'accord avec moi, je me console en me disant que je me serai mal exprimé. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p.48
Alain Nadaud (et l'échec)

Posté par Serge Safran le 06 janvier 2011

« On crée, on tente des choses nouvelles, on expérimente des formes qui parfois ne fonctionnent pas; et ça rate. L'échec n'est pas non plus sans grandeur. »
L'Honneur manque de bras , Tarabuste éditeur, collection In-Stance, 2010, p. 86
Madame de Lafayette (et l'aveu)

Posté par Serge Safran le 5 janvier 2011

« La jalousie et les soupçons bien fondés préparent d'ordinaire les maris à leur malheur. Ils ont même toujours quelque doute, mais ils n'ont pas cette certitude que donne l'aveu, qui est au-dessus de nos lumières. »
Histoire de la Comtesse de Tende , Le Livre de Poche, Libretti, 2010, p. 86
Marc Vaillancourt (et le durée de la vie)

Posté par Serge Safran le 04 janvvier 2011

« Le truc La vie est courte. L'amitié de quelques imbéciles, la lecture des poètes et du dernier Goncourt, les causeries philosophiques et littéraires, le mariage, les voyages, des maîtresses, la paternité te la rendront bien assez longue. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 47
Alain Nadaud (et la fiction)

Posté par Serge Safran le 03 janvier 2010

« La fiction n'est-elle pas, comme le rêve, branchée sur l'inconscient, auquel elle sert d'interprète et dont elle contourne les résistances par le biais d'une histoire à raconter? »
D'écrire j'arrête , Tarabuste éditeur, collection In-Stance, 2010, p.
Alain Nadaud (et le travail)

Posté par Serge Safran le 21 décembre 2010

« Ça n'a pas l'air, mais arrêter d'écrire, c'est un vrai travail! »
D'écrire j'arrête , Tarabuste éditeur, collection In-Stance, 2010, p. 48
Marc Vaillancourt (et l'âme)

Posté par Serge Safran le 20 décembre 2010

« L'âme est le cœur incorporel de la pensée, et l'étude gratuite est son sang. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p.
Marc Vaillancourt (et Gary)

Posté par Serge Safran le 17 décembre 2010

« Charbons ardents Romain Kacew, devenant Gary qui, en russe signifie brûle à l'impératif, se retrouve dans l'autre pseudonyme, Ajar, qui veut dire braise. Et Blaise Cendrars, nom de plume aussi, c'est quasiment Blaise des Cendres. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p.44-45
Marc Vaillancourt (cite Diderot)

Posté par Serge Safran le 16 décembre 2010

« Anecdote drue Alors qu'il se trouvait à la cour de Russie, une dame de compagnie de l'impératrice demanda à Denis Diderot ce que signifiait, dans certains romans libres, la lettre « f » suivie de cinq points. L'écrivain répondit: Madame, lisez f… et passez… outre! »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 41-42
Madame de Lafayette (et le doute)

Posté par Serge Safran le 15 décembre 2010

« Il crut voir la vérité, mais il lui restait néanmoins ce doute que l'amour-propre nous laisse toujours pour les choses qui coûtent trop cher à croire. »
Histoire de la Comtesse de Tende , Le Livre de Poche, Libretti, 2010, p. 85
Marc Vaillancourt (et le suicide)

Posté par Serge Safran le 14 décembre 2010

« Admonestation Ne te suicide pas. Songe au plaisir qu'en tireraient tes amis. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 51
Marc Vaillancourt (et le passé)

Posté par Serge Safran le 13 décembre 2010

« Un critérium Comment sait-on qu'on a vieilli ? C'est quand on s'exclame: Il y a longtemps que je ne me suis pas senti aussi jeune. Ne vous penchez pas trop sur votre passé: il n'est pas dit que vous pourriez vous relever. »
L'Honneur manque de bras , Obsidiane, Les placets invectifs, Diffusion Les Belles Lettres, 2010, p. 54
Mikaël Hirsch (et comment aimer?)

Posté par Serge Safran le 00 novembre 2010

« Comment aimer et demander aux autres d'assumer une part des risques qui m'incombent? »
Le Réprouvé , L'Éditeur, 2010, p. 43
Madame de Lafayette (et la faiblesse)

Posté par Serge Safran le 09 décembre 2010

« L'on est bien faible quand on est amoureux. »
La Princesse de Montpensier , Le Livre de Poche, Libretti, 2010, p. 60
Madame de Lafayette (et la passion)

Posté par Serge Safran le 08 décembre 2010

« Comme sa passion était la plus extraordinaire du monde, elle produisit aussi l'effet du monde le plus extraordinaire, car elle le fit résoudre de porter à sa maîtresse les lettres de son rival. »
La Princesse de Montpensier , Le Livre de Poche, Libretti, 2010, p. 59
Chesterton (et les idées)

Posté par Serge Safran le 06 décembre 2010

« Les idées sont dangereuses, mais l’homme pour qui elles le sont le plus est celui qui n’en a pas. »
«Observations finales sur l’importance de l’orthodoxie » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 265
Jules Renard (et la modestie)

Posté par Serge Safran le 03 décembre 2010

« Quelque chose de plus déplaisant que l'arrivisme, c'est l'étalage de la modestie. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 10 décembre 1909, p. 992
Gabriel Matzneff (et les adolescents)

Posté par Serge Safran le 02 décembre 2010

« Ce n'est qu'avec la prise du pouvoir par la bourgeoisie d'argent, au dix-neuvième siècle, qu'on va commencer, du moins en Occident, à élever un mur de protection moralisatrice, puritaine, autour des adolescents de l'un et l'autre sexe, pour aboutir en 2010 au nouvel ordre mondial des psychiatres de gauche et des quakeresses de droite, au « sexuellement correct », qui, importé d'Outre-Atlantique, s'est dorénavant impatronisé sur la planète. »
Casanova ou la victoire sur la mort , in La Revue littéraire, n° 49, Octobre 2010, p. 67
Chesterton (et l'incompris)

Posté par Serge Safran le 01 décembre 2010

« L’incompris a toujours cet avantage sur ses ennemis que ceux-ci ignorent son point faible ou son plan de campagne. »
« M. Bernard Shaw » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 51
Mikaël Hirsch (et la possession)

Posté par Serge Safran le 30 novembre 2010

« On ne possède vraiment que ce que l'on détruit. »
Le Réprouvé , L'Éditeur, 2010, p. 78
Jules Renard (et le besoin de mentir)

Posté par Serge Safran le 29 novembre 2010

« Certains menteurs ont un tel besoin de mentir qu'on a pitié d'eux et qu'on les aide. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 1er février 1910, p. 995
Jean-Baptiste Gendarme (et le Locataire)

Posté par Serge Safran le 26 novembre 2010

« En emménageant dans son nouvel appartement, Trelkovsky, héros du Locataire chimérique de Roland Topor, ignore où il met les pieds. Certes, la précédente locataire s'est défenestrée, mais il n'est pas du genre à s'arrêter sur ce détail. Rapidement, ses voisins se révèlent excessivement pointilleux, le moindre murmure les dérange. Trelkovsky, qui ne veut pas d'ennuis et tient à garder son appartement, tente de se faire le plus discret possible. Mais ses voisins trouvent toujours quelque chose à lui reprocher et leur comportement devient étrange. Et si, se demande-t-il, la précédente locataire était une victime de son voisinage? Le doute s'installe, la vie devient impossible… »
Voisinages littéraires, ANGOISSE in Petit éloge des voisins, Folio, p.115-116
Mikaël Hirsch (et les récompenses)

Posté par Serge Safran le 25 novembre 2010

« C'est qu'il nous les faut ces récompenses en chocolat, ces satisfecit absurdes. Le monde fonctionne comme ça, notre monde dérisoire que l'on croit universel et qui nous obsède à longueur d'années. Triste consolation. »
Le Réprouvé , L'Éditeur, 2010, p. 114
Jean-Baptiste Gendarme (et le chez soi)

Posté par Serge Safran le 24 novembre 2010

« Rien de prévu ce soir, ça arrive parfois, une ou deux fois par semestre. Alors on se laisse entraîner par un ami dans une soirée. Un anniversaire, une pendaison de crémaillère, ou quelque chose dans ce goût-là. Pas un enterrement de vie de garçon, en tout cas: on préférerait rester chez soi, même seul et mélancolique. »
Petite typologie – non exhaustive – des voisins SOIRÉE in, Petit éloge des voisins, Folio, p. 60
Jules Renard (et la fausse modestie)

Posté par Serge Safran le 23 novembre 2010

« Il y a la fausse modestie mais il n'y a pas de faux orgueil. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 10 mars 1909, p. 968
Mikaël Hirsch (Qui suis-je?)

Posté par Serge Safran le 22 novembre 2010

« Je crois savoir qui je suis, mais on n'est jamais uniquement ce que l'on est. »
Le Réprouvé , L'Éditeur, 2010, p. 123
Mikaël Hirsch, les gamins et les adultes

Posté par Serge Safran le 19 novembre 2010

« Les empires sont bâtis par des gamins se croyant invulnérables et détruits ensuite par des adultes inquiets. »
Le Réprouvé , L'Éditeur, 2010, p. 80
Christian Giudicelli (et la nourriture)

Posté par Serge Safran le 18 novembre 2010

« Manger avec quelqu'un qui se fiche de la nourriture, c'est aussi frustrant que se masturber. »
Square de la Couronne , Gallimard, 2010, p. 279
Denis Podalydès (et le théâtre d'Omar Porras)

Posté par Serge Safran le 16 novembre 2010

« Il est des spectacles qui passent comme des rêves. Venant d’un ailleurs du théâtre, ici le théâtre masqué d’Omar Porras, ils entrent dans l’alternance, transforment les acteurs, créent une troupe dans la Troupe, illuminent la scène de leur éclat particulier, autonome et formidable, se jouent une, deux ou trois saisons, quittent l’affiche, fixent la mémoire des uns et des autres ; on en reparle ; on s’en souvient, l’aventure unique s’éloigne dans le temps ; on en découvre dans d’autres spectacles mille traces, chez les acteurs, qui n’ont rien oublié ; l’alternance accueille d’autres spectacles ; un jour le décor est « réformé » (détruit) ; on ne le reprendra jamais, c’est fini. »
Pedro et le commandeur In Étranges animaux, textes de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, photographies de Raphaël Gaillarde, Actes Sud, 2010, p. 125
Jean-Baptiste Gendarme (et les jeux anodins)

Posté par Serge Safran le 15 novembre 2010

« J'avais des aventures avec des filles, mais ça ne marchait pas longtemps. J'étais mal, en fait. J'avais peur, j'avais honte. Je voulais me détruire, je ne savais pas comment, la mort me faisait peur. Je voulais crier, mais je ne savais pas quoi crier. Et puis un jour… avec cet enfant… et je me suis retrouvé en prison. Tout s'est passé très vite. Au début, je ne comprenais vraiment pas. Je pensais qu'avec ce garçon j'avais partagé quelques jeux anodins, sexuels oui, mais tout s'était passé presque naturellement. Quand on me demandait ce que j'avais fait, je ne pouvais même pas répondre. J'ai compris depuis ce que c'était qu'être un pédophile. Jamais je n'aurais pensé que ça pouvait être moi. »
51, avenue Georges-Clemenceau – 1er étage, gauche, Loïc in, Petit éloge des voisins, Folio, p. 52
Denis Podalydès (et le spectateur particulier)

Posté par Serge Safran le 12 novembre 2010

« Chacun est dans son monde. Ainsi se constitue le monde synthétique qu’est le spectacle. Seul l’unifie le regard du spectateur, quand bien même celui-là, spectateur particulier et latéral, serait en coulisse et verrait, dans le même plan, double monde du spectacle et de sa représentation en acte. »
Coulisse du Campiello in Étranges animaux, textes de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, photographies de Raphaël Gaillartranges animaux, textes de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, photographies de Raphaël Gaillarde, Actes Sud, 2010, p. 125
Jean-Baptiste Gendarme (et le « jeu des voisins »)

Posté par Serge Safran le 10 novembre 2010

« Martial et Odette, par ennui, dans leur nouvelle maison au sein d'un complexe sécurisé pour seniors, les Conviviales, ont inventé « le jeu des voisins ». Il s'agit d'imaginer d'où viennent leurs futurs voisins qui s'installeront dans les villas alentour. « Ce qui fait que bien avant leur arrivée, leurs voisins ne leur étaient plus tout à fait inconnus » écrit Pascal Garnier, dans Lune captive dans un œil mort (Zulma) »
Voisinages littéraires, JEU DES VOISINS in, Petit éloge des voisins, Folio, p. 118
Gabriel Matzneff (et la vulgarité d'âme)

Posté par Serge Safran le 00 octobre 2010

« Affecter de renier, ou d'oublier, les écrivains que nous avons admirés lorsque nous avions quinze, dix-huit, vingt ans, est un signe qui ne trompe pas de médiocrité, de vulgarité d'âme. »
Casanova ou la victoire sur la mort , in La Revue littéraire, n° 49, Octobre 2010, p. 57
Denis Podalydès (Qui est-il?)

Posté par Serge Safran le 08 novembre 2010

« Qui est-il ? cet être contrefait qui éveille en elle des songes, des désirs, en sait plus qu’il n’en veut dire, la provoque, la fuit, la dupe et l’affranchit en même temps ? »
Fantasio découvert in Étranges animaux, textes de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, photographies de Raphaël Gaillarde, Actes Sud, 2010, p. 125
Jean-Baptiste Gendarme (et celui qui)

Posté par Serge Safran le 05 novembre 2010

« Si celui que l'on ne voit plus inquiète, celui qu'on ne voit pas fascine. »
Petite typologie IV, L'HOMME INVISIBLE in, Petit éloge des voisins, Folio, p. 100
Alain Nadaud (et la décision d'être écrivain)

Posté par Serge Safran le 04 novembre 2010

« Je tente de me rappeler – mais sans succès pour l'instant! – le moment où j'ai décidé de devenir écrivain. Car je sais que, un jour, j'ai pris cette décision. Même si, avec le recul, et au vu des résultats, un tel aveu paraîtra dérisoire ou présomptueux. »
La plage des demoiselles , Éditons Léo Scheer, 2010, p. 11
Denis Podalydès (et les fantômes)

Posté par Serge Safran le 03 novembre 2010

« Et puis des morts, des fantômes, qui font toujours saillie dans les rôles. On les retrouve parfois en enfilant (pour les besoins d’une répétition) la toile d’un vieux costume marqué au col du nom d’un prédécesseur. Dix, vingt, vingt-cinq ans auparavant, il porta cette défroque, on ne sait même plus dans quel spectacle. On consulte l’un ou l’autre d’entre les anciens. Il raconte, ou ne raconte pas ; se souvient ou ne se souvient pas ; se tait ou ne donne que le nom de la pièce et l’année où elle fut jouée. On sent, on touche à la fois ce qui est mort et ce qui est vivant. »
Acteurs de Shakespeare in Étranges animaux, textes de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, photographies de Raphaël Gaillarde, Actes Sud, 2010, p. 149
Gabriel Matzneff (et Byron)

Posté par Serge Safran le 00 octobre 2010

« Dans son immortel Cain, Byron, qui a tant de points communs avec Casanova, met dans la bouche d'un de ses personnages cette phrase essentielle: « Je ne voudrais être rien, sinon ce que je suis. » Tout esprit libre pourrait faire sienne cette magnifique et orgueilleuse formule. Mais je ne vous ai pas encore dit le nom du personnage dans la bouche duquel mon cher Byron place ces mots. Eh bien, c'est le plus beau des anges, c'est Lucifer. »
Casanova ou la victoire sur la mort , in La Revue littéraire, n° 49, Octobre 2010, p. 64
Dominique Noguez (et le journal intime)

Posté par Serge Safran le 02 novembre 2010

« Ionesco aurait déclaré en 1934 (c'est du moins ce que j'ai noté dans mon journal le 6 octobre 1965, hélas sans autre référence) que « le genre littéraire original, le genre type est le journal intime, tandis que le roman, la tragédie, le poème ne sont que simples altérations du journal pur. »
Etc. , in La Revue littéraire, n° 49, Octobre 2010, p. 30
Gabriel Matzneff (et Dieu)

Posté par Serge Safran le 28 octobre 2010

« Si Dieu n'existe pas, tant pis pour lui. »
Casanova ou la victoire sur la mort , in La Revue littéraire, n° 49, Octobre 2010, p. 59
Princesse de Metternich (et Dumas père et fils)

Posté par Serge Safran le 27 octobre 2010

« Il m'a dit une fois, alors que nous parlions de son père, et que je lui disais « qu'à mon avis celui-ci n'avait pas au même degré que lui l'esprit de repartie », qu'au contraire il en avait tout autant et peut-être même plus que lui, et me conta la chose suivante: Ils voyageaient tous deux en Suisse. Arrivés à Lucerne, ils allaient se mettre au lit lorsque le vieux Dumas s'aperçoit qu'ils ont oublié leur sac de voyage à l'hôtel de Righi d'où ils venaient, et il s'écria: « Voilà que nous avons laissé ce diable de de sac là-haut, sommes-nous bêtes! » Alexandre lui dit: « Tu n'es pas gentil, tu ferais mieux de parler au singulier! » Et le père de répondre: « Volontiers! Es-tu bête! » »
« Je ne suis pas jolie, je suis pire » , Souvenirs 1859-1871, La Lettre et la plume, Le Livre de Poche, 2010, p. 147
Jules Renard (et les remords)

Posté par Serge Safran le 26 octobre 2010

« J'ai quelques remords, mais assez d'adresse pour me blâmer d'en avoir et les atténuer. Aucun, à franchement parler, ne m'est insupportable. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 22 février 1906, p. 818
Jean-Philippe Domecq (et les amants)

Posté par Serge Safran le 25 octobre 2010

« Sans y prêter attention, bien entendu, ils sont amants. Fâchés même, ou tendus. Sans savoir pourquoi, depuis ce midi. Donc ils se demandent pourquoi, donc ils n'écoutent pas, ils sont comme tout le monde, à peu près. »
Le jour où le ciel s'en va Fayard, roman, 2010, p. 24
Jules Renard (et Dieu)

Posté par Serge Safran le 22 octobre 2010

« – Qu'est-ce que Dieu? – Vous m'en demandez trop. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 13 décembre 1908, p. 958
Princesse de Metternich (et les lettres d'amour)

Posté par Serge Safran le 21 octobre 2010

« L'empereur connaissait cependant assez les femmes et les choses de la vie pour ne pas être crédule à ce point! Mais il se faisait vieux et la pensée d'avoir inspiré une passion le touchait et le flattait,… cela se voit, hélas! tous les jours et l'expérience d'autrui ne sert à personne, chacun étant persuadé qu'il fait exception. Un de mes amis a lu une de ces lettres de l'empereur, dans laquelle le joli passage suivant l'a frappé: « Je te dirai si bas que je t'aime, que personne ne l'entendra!… » Personne en effet ne l'a entendu, mais beaucoup de monde l'a lu! »
« Je ne suis pas jolie, je suis pire » , Souvenirs 1859-1871, La Lettre et la plume, Le Livre de Poche, 2010, p. 114
August Strindberg (et la reconnaissance)

Posté par Serge Safran le 08 octobre 2010

« Celui qui exige de la reconnaissance est pire qu'un créancier, car il commence par donner un cadeau dont il se vante, et ensuite il envoie un compte qui ne peut jamais être payé, car un service en retour ne paraît pas effacer la dette de la reconnaissance; c'est une hypothèque sur l'âme humaine, une dette qui est impayable et persiste jusqu'au-delà de la vie. »
Le fils de la servante Histoire d'une âme (1849-1867) , Traduit du suédois par Camille Polack, Folio, p. 166
Jules Renard (et la littérature)

Posté par Serge Safran le 19 octobre 2010

« La littérature est un métier où il faut sans cesse recommencer la preuve qu'on a du talent pour des gens qui n'en ont aucun. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 28 février 1909, p. 967
August Strindberg (et les enfants)

Posté par Serge Safran le 20 octobre 2010

« Les enfants sont généralement trop peureux pour mentir, mais leur mémoire est courte, les impressions changent rapidement et ils confondent leurs souhaits et leurs résolutions avec des actions accomplies. »
Le fils de la servante Histoire d'une âme (1849-1867) , Traduit du suédois par Camille Polack, Folio, p. 73
Jules Renard (et l'éveil)

Posté par Serge Safran le 18 octobre 2010

« Les gens qui dormaient et qui se réveillent ont toujours un peu d'angoisse dans le regard, comme s'ils étaient réveillés par une catastrophe. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 3 mai 1909, p. 975
Truman Capote (et le formalisme)

Posté par Serge Safran le 13 octobre 2010

« Il y a une hypocrisie considérable dans le formalisme. Toute personne qui pense est consciente de ce paradoxe; mais dans nos rapports avec les gens conventionnels il est avantageux de les traiter comme s'ils n'étaient pas des hypocrites. Ce n'est pas une question de fidélité à tes propres conceptions; c'est une question de compromis afin de pouvoir demeurer un individu sans la menace constante de pressions conventionnelles. »
De sang-froid (1965), De Sang-froid, Récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences, traduit de l'anglais par Raymond Girard, Folio, p. 219
Chesterton (et la mauvaise littérature)

Posté par Serge Safran le 00 juillet 2010

« Il est plus profitable, en un sens tout au moins, de lire de la mauvaise littérature que de la bonne. La bonne littérature peut nous montrer l’esprit d’un seul homme, alors que la mauvaise peut nous montrer celui d’un grand nombre d’hommes. Un bon roman nous dit la vérité sur son héros, mais un mauvais roman nous dit la vérité sur son auteur. Il fait même plus, il nous dit la vérité sur ses lecteurs et, chose curieuse, il nous la dit d’autant mieux que la raison de sa publication est plus cynique et plus immorale. Plus un livre est malhonnête en tant que livre, plus il est honnête en tant que document public. Un roman sincère révèle la nature d’un homme particulier; un roman qui n’est pas sincère révèle la nature du genre humain. »
« Les romanciers mondains et le grand monde » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 175
Princesse de Metternich (et l'élégance)

Posté par Serge Safran le 12 octobre 2010

« L'impératrice, en combinant des listes d'invités, tâchait, comme de raison, de réunir les personnes qu'elle savait se convenir, dans la même série. Il arrivait donc que Mme de Pourtalès, de Gallifet, de Rothschild, quelques femmes anglaises en vue et moi, ainsi que les hommes de notre coterie, nous étions toujours de la même série. On l'appelait à tort ou à raison « la série élégante. » – Un jour Mme de Beyens demanda étourdiment à une des invitées qui se piquait d'élégance, mais qui en manquait absolument, et qu'elle savait devoir aller à Compiègne: « Êtes-vous de la série élégante? » et l'autre de lui répondre aigrement: « Non, je suis de la vôtre! » »
« Je ne suis pas jolie, je suis pire » , Souvenirs 1859-1871, La Lettre et la plume, Le Livre de Poche, 2010, p. 108
Chesterton (et la vie romanesque)

Posté par Serge Safran le 00 juillet 2010

« Ce qui rend la vie romanesque et pleine de possibilités véhémentes, c’est l’existence de ces grandes limitations ordinaires qui nous forcent tous à nous exposer à des circonstances que nous n’aimons pas ou que nous n’attendons pas. »
« De certains écrivains modernes » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 173
Jules Renard (et la vie)

Posté par Serge Safran le 11 octobre 2010

« La vie n'est ni longue, ni courte: elle a des longueurs. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, édition présentée et annotée par Henry Bouillier, 22 août 1909, p. 985
Louis Gillet et la Passion du Père

Posté par Serge Safran le 07 octobre 2010

« Peu de poètes, hors Shakespeare et Balzac, ont su peindre la Passion du Père. Cette passion, Joyce ne l'a pas écrite, il l'a vécue. »
Stèle pour James Joyce , Agora, Pocket, édition présentée et annotée par Olivier Cariguel, 2010, p.135
Samuel Richardson (et le changement des circonstances)

Posté par Serge Safran le 06 octobre 2010

« Que le changement des circonstances nous fait juger différemment d’une action ! On la condamne, on la sanctifie, suivant l’utilité qu’on y trouve. Avec quel soin par conséquent ne devroit-on pas se former des principes solides, des distinctions entre le bien et le mal, qui soient indépendantes de l’intérêt propre ? (Miss Clarisse Harlove à Miss Howe. Mercredi 12 d’avril. Lettre 95) »
Lettres angloises ou Histoire de Miss Clarisse Harlove (1751), Traduction d'Antoine-François Prévost d'Exiles, PUL, 2007, p. 295
Louis Gillet à propos de Monsieur Bloom

Posté par Serge Safran le 05 octobre 2010

« M. Joyce met tout sur le même plan: il prête à son idiot de Bloom sa propre vision, sa manie d'analyse, son outillage psychologique, ses pinces, ses microscopes et tire pêle-mêle à la lumière les infusoires, les avortons, les larves, tous les infiniment petits dont se compose le madrépore de la conscience. »
Stèle pour James Joyce , Agora, Pocket, édition présentée et annotée par Olivier Cariguel, 2010, p.50
August Strindberg (et la famille)

Posté par Serge Safran le 01 octobre 2010

« La famille est trop étroite et a des vues trop mesquines, trop égoïstes, trop antisociales. »
Le fils de la servante Histoire d'une âme (1849-1867) , Traduit du suédois par Camille Polack, Folio, p. 152
Jean-Philippe Domecq (et le bizarre)

Posté par Serge Safran le 30 septembre 2010

« Tout est bizarre dans la vie. Même quand on le sait – la preuve: on sait pertinemment qu'on ne peut s'empêcher d'observer les gens, eh bien ça n'empêche pas, ça reste bizarre. Et pourquoi les observe-ton, hein, pourquoi leur suppose-t-on des choses? Parce qu'on aimerait bien savoir, au fond, comment ils font. – Comment ils font?… – Avec l'existence. – Ah… – Pour vivre, si vous voulez. »
Le jour où le ciel s'en va Fayard, roman, 2010, p. 47-48
Jules Renard (et la mort)

Posté par Serge Safran le 29 septembre 2010

« La mort est l'état normal. On compte pour trop la vie. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 26 juin 1907, p. 880
Louis Gillet et les habitudes anglo-saxonnes

Posté par Serge Safran le 27 septembre 2010

« Joyce me reçut avec une courtoisie exquise et une dignité un peu cérémonieuse. Il ne fit pas une allusion à mon malheureux article; c'est la politesse anglo-saxonne: un auteur ignore la critique, c'est la règle du jeu. Il ne remercie jamais d'un article bienveillant, pas plus que dans le cas contraire il ne daigne protester si son livre déplaît. Les opinions sont libres. Je n'ai reçu de ma vie qu'un mot de remerciement d'un écrivain anglais: il était de Conrad, qui était polonais. Le service de presse est tout à fait différent de ce qu'il est dans les habitudes françaises: c'est une affaire de publicité qui ne concerne que l'éditeur. Les exemplaires d'auteur sont inconnus: Kipling en avait six parce que c'était lui; il payait de sa poche ceux qu'il donnait à ses amis. »
Stèle pour James Joyce , Agora, Pocket, édition présentée et annotée par Olivier Cariguel, 2010, p.112
Jean-Philippe Domecq (et le temps à toiser)

Posté par Serge Safran le 24 septembre 2010

« Les humains se toisent, il n'y a pas à dire, et y passent du temps, la plupart tout leur temps on a l'impression – mais ce n'est pas une critique, attention! au contraire! Au contraire on comprend: comment vont les autres, comment font-ils avec cette vie, c'est une question qu'on s'est assez posée nous-mêmes, ça oui, et ici même et Dieu sait [si l'on veut ], pour ne pas, en plus, critiquer nos semblables en train de toiser bouche bée leurs semblables! Non. »
Le jour où le ciel s'en va Fayard, roman, 2010, p. 64
Pierre Louÿs : carpolle, dans son Vocabulaire

Posté par Serge Safran le 23 septembre 2010

« Carpolle: terme ancien de botanique; et possible proximité avec l'expression faire la carpe, état de la femme qui s'évanouit dans un excès de jouissance. »
Le nom de la femme , L'esprit du temps, présentation de Philippe Brenot, 2010, p.115
Jules Renard (et les compliments)

Posté par Serge Safran le 22 septembre 2010

« Non seulement ils ne veulent que des compliments, mais encore ils exigent qu'on ne dise que ce qu'on pense. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 22 mars 1907, p. 873
Louis Gillet et l'idée du temps chez Joyce

Posté par Serge Safran le 20 septembre 2010

« Le principe central de la pensée de M. Joyce est une conception mystique de l'idée de temps. Son œuvre, comme celle de Proust, est bâtie sur une vue métaphysique de la durée, mais la ressemblance s'arrête là. Le temps de Proust est la durée bergsonienne, celui de M. Joyce est le temps absolu, intemporel, monumental de l'illustre Giambattista Vico. »
Stèle pour James Joyce , Agora, Pocket, édition présentée et annotée par Olivier Cariguel, 2010, p.58
Jules Renard (et la vieillesse)

Posté par Serge Safran le 00 juillet 2010

« Un jeune qui n'a pas de talent, c'est un vieux. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 23 mai 1907, p. 876
August Strindberg (et l'amour pur)

Posté par Serge Safran le 16 septembre 2010

« L'amour pur est une contradiction, si en effet on implique dans le mot pur la signification de platonique. L'amour comme instinct sexuel doit être sensuel, s'il doit être sain. Comme sensuel, il doit aimer le corps. »
Le fils de la servante Histoire d'une âme (1849-1867) , Traduit du suédois par Camille Polack, Folio, p. 133
Jean-Philippe Domecq (et le rien)

Posté par Serge Safran le 15 septembre 2010

« Quoi? Ce n'est jamais comme? … Mais les gens, voyons! autrui, soi-même, la vie, tout, quoi,rien, rien n'est comme – oui, tiens: rien n'est. C'est ça. Bon. »
Le jour où le ciel s'en va Fayard, roman, 2010, p. 152
Jean-Philippe Domecq (en sortir ou pas)

Posté par Serge Safran le 14 septembre 2010

« Car inutile de rêver, mort ou vif, on y reste, en sortir ou pas on n'en sort pas, du tout, jamais, il n'y rien d'autre, même pas rien – cette histoire qu'il y aurait du rien quelque part et pourquoi pas autour du tout non mais on rêve! on nage en pleine consolation ou quoi! Bien déguisée en plus. En contraire de consolation. Pas d'image, rien, pas mal dans le genre qui se nie pour s'immiscer. Eh bien non, illusion le néant, fiction édénique de plus. De toute façon c'est inutile, même en prenant la décision, même en décidant d'en sortir une bonne fois pour toutes, même en tentant le coup sec et brusque on ne sortira pas, pas du tout, de tout. Au contraire, même; vaut peut-être encore mieux rester en vie, à tout prendre. »
Le jour où le ciel s'en va Fayard, roman, 2010, p. 26
Pierre Louÿs : salette, dans son Vocabulaire

Posté par Serge Safran le 13 septembre 2010

« Salette: petite baise avant le mariage (prendre du salé, « prendre un acompte »). »
Le nom de la femme , L'esprit du temps, présentation de Philippe Brenot, 2010, p. 127
Chesterton (et l'art)

Posté par Serge Safran le 10 septembre 2010

« L’art est une chose juste et humaine, comme marcher ou prier, mais dès qu’on commence à en parler très solennellement, vous pouvez être presque sûr que la chose s’est sclérosée au point d’être problématique. »
«De l’esprit de Whistler » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 215
August Strindberg (et la réputation)

Posté par Serge Safran le 09 septembre 2010

« Une personne n'est pas toujours ce qu'elle a la réputation d'être. Bien plus, toute une opinion peut être fausse; derrière chaque pensée rôde une passion, chaque jugement se colore d'un penchant. Mais l'art de distinguer l'état des choses du penchant est infiniment difficile. »
Le fils de la servante Histoire d'une âme (1849-1867) , Traduit du suédois par Camille Polack, Folio, p. 69
Pierre Louÿs cherche une femme…

Posté par Serge Safran le 08 septembre 2010

« Quand je pense que j'ai connu près de 1000 femmes aujourd'hui, disait Pierre Louÿs à son ami André Lebey, le 29 décembre 1897, à l'âge de 27 ans. Avoir ainsi employé la moitié de ma vie, depuis dix ans, poursuit-il, à chercher « une femme », la trouver enfin et ne pas pouvoir la garder toujours! Maintenant, je ne sais plus ce que je vais faire » »
Le nom de la femme , L'esprit du temps, présentation de Philippe Brenot, 2010, p.8
August Strindberg (et l'effroi)

Posté par Serge Safran le 07 septembre 2010

« Il vint au monde effrayé et il vécut dans une crainte perpétuelle de la vie et des hommes. »
Le fils de la servante Histoire d'une âme (1849-1867) , Traduit du suédois par Camille Polack, Folio, p. 49
Jules Renard (et l'ennui)

Posté par Serge Safran le 06 septembre 2010

« La vie est courte, mais l'ennui l'allonge. Aucune vie n'est assez courte pour que l'ennui n'y trouve pas sa place. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 5 mars 1906, p. 819
Chesterton (et l'intérêt d'un sujet)

Posté par Serge Safran le 03 septembre 2010

« Il n’y a pas de sujet sans intérêt ; tout au plus existe-t-il des gens qui n’ont pas d’intérêt. »
« M. Rudyard Kipling et ce qui rétrécit le monde » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 37
Jules Renard à propos de Jarry

Posté par Serge Safran le 02 septembre 2010

« Jarry toujours dans son écurie. J'aime bien les cloportes, dit-il, mais c'est embêtant à éplucher. On passe, et on entend: pan! pan! pan! C'est Jarry qui, à coups de revolver, tue des araignées; mais il garde les toiles; ça orne. Il installe ses cabinets au-dessus de la sonnette de la porte. On tire la corde. La cuvette se vide. Ce mouvement qui est était perdu est utilisé. Ça tombe bien sur le visiteur, mais les cabinets sont toujours propres. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 18 janvierl 1906, p. 811
Madame de Staël (et les succès d'un homme auprès des femmes)

Posté par Serge Safran le 01 septembre 2010

« Il y a toujours dans les succès d’un homme auprès d’une femme quelque chose qui déplaît, même aux meilleurs amis de cet homme. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 280
Jean-Philippe Domecq (en sortir ou pas)

Posté par Serge Safran le 31 août 2010

« On pense tellement de choses de quelqu'un dès qu'il n'est plus – ah… Qui ne devient bien le lendemain? ! Tant d'affection soudaine, tout ce respect du monde qu'on se met à mériter sous prétexte qu'on n'est plus là pour l'entendre. Nul n'y échappe. Toujours trop tard. Bien ce qui semblait. Pour ça que les jérémiades derrière le cercueil, hein! … Ça ira comme ça. »
Le jour où le ciel s'en va Fayard, roman, 2010, p. 164
Jules Renard (et les compliments)

Posté par Serge Safran le 30 août 2010

« J’aime beaucoup les compliments. Je ne les provoque pas, mais je souffre quand on ne m’en fait pas, et, quand on m’en fait, j’arrête tout de suite : je ne laisse pas la personne s’étendre comme je voudrais. »
Journal (1887-1910) , Bouquins, Robert Laffont, 19 avril 1906, p. 827
Jean-Philippe Domecq (et les sensibles)

Posté par Serge Safran le 27 août 2010

« On croit bêtement que c'est les sensibles qui rêvent, mais non, ils sont bien trop occupés par l'angoisse. »
Le jour où le ciel s'en va , Fayard, roman, 2010, p. 51
Chesterton (et l'engendrement)

Posté par Serge Safran le 26 août 2010

« À quoi bon engendrer un être humain tant qu’on n’a pas établi à quoi sert d’être un homme ? »
« De l’esprit négatif » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 34-35
Madame de Staël (et l'éternité)

Posté par Serge Safran le 25 août 2010

« Ah ! sans doute, c’est par l’amour que l’éternité peut être comprise ; il confond toutes les notions du temps ; il efface les idées de commencement et de fin ; on croit avoir toujours aimé l’objet qu’on aime, tant il est difficile de concevoir qu’on ait pu vivre sans lui. Plus la séparation est affreuse, moins elle paraît vraisemblable ; elle devient, comme la mort, une crainte dont on parle plus qu’on y croit, un avenir qui semble impossible, alors même qu’on le sait inévitable. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 215
Chesterton (et les choses mortelles)

Posté par Serge Safran le 24 août 2010

« L’homme ne peut aimer les choses mortelles. Il ne peut aimer que les choses immortelles pendant un instant. »
« Omar et la vigne sacrée » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 97
Jean-Philippe Domecq (et le doute)

Posté par Serge Safran le 23 août 2010

« (C'est tout de même incroyable ce que les gens ne doutent de rien. D'eux-mêmes, passe encore; mais du temps, du ciel, c'est ne pas douter du tout.) »
Le jour où le ciel s'en va , Fayard, roman, 2010, p. 91
Madame de Staël (et la superstition secrète)

Posté par Serge Safran le 20 août 2010

« Dans les combats de sentiment, qui n’a pas souvent éprouvé, je ne sais quelle superstition secrète, qui nous fait prendre ce que nous pensons pour un présage, et ce que nous souffrons pour un avertissement du ciel ? Ah ! quelle lutte se passe dans les âmes susceptibles et de passion et de conscience ! »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 202
Chesterton (et l'univers)

Posté par Serge Safran le 19 août 2010

« Dès que nous avons une perception de l’univers, il nous appartient. »
« M. Rudyard Kipling et ce qui rétrécit le monde » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 41
Truman Capote , échecs, réussites…

Posté par Serge Safran le 18 août 2010

« Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs, tout comme c'est une réaction ordinaire d'oublier ceux qui ont pris part à nos réussites. »
De sang-froid (1965), Récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences, traduit de l'anglais par Raymond Girard, Folio, p. 219-220
Chesterton (et le progrès)

Posté par Serge Safran le 17 août 2010

« Personne ne doit se mêler d’utiliser le mot « progrès » s’il n’a pas un credo bien défini et un code moral irréfutable. »
« De l’esprit négatif » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 35
Madame de Staël (et les pressentiments)

Posté par Serge Safran le 11 août 2010

« Quand on est capable de se connaître, on se trompe rarement sur son sort ; et les pressentiments ne sont le plus souvent qu’un jugement sur soi-même qu’on ne s’est pas encore tout à fait avoué. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 309
Madame de Staël (et l'infini)

Posté par Serge Safran le 13 août 2010

« Pauvre nature humaine ! nous ne connaissons l’infini que par la douleur ; et dans toutes les jouissances de la vie, il n’est rien qui puisse compenser le désespoir de voir mourir ce qu’on aime. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 358
Madame de Staël (et l'existence)

Posté par Serge Safran le 12 août 2010

« Il ne vient que trop tôt le moment où l’existence fatigue dans chacune de ses heures comme dans son ensemble, où chaque matin exige un travail pour supporter le réveil et conduire le jour jusqu’au soir. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 278
Chesterton (et l'existence des choses)

Posté par Serge Safran le 10 août 2010

« Tant que nous ne comprenons pas que les choses pourraient ne pas exister, nous ne pouvons comprendre qu’elles existent. »
« M. Bernard Shaw » in Hérétiques, Traduction de l'anglais, notice et notes par Lucien d'Azay, Climats, 2010, p 60
Samuel Richardson (et la poussière)

Posté par Serge Safran le 09 août 2010

« Qu’est-ce que dix, quinze, vingt-cinq ou trente ans peut-être, qui nous restent à vivre, et pendant lesquels nous sommes menacés à tous moments de rentrer dans la poussière dont nous sommes sortis ! (M. Belford, à M. Lovelace. Mardi, 22 d’août. Lettre 329) »
Lettres angloises ou Histoire de Miss Clarisse Harlove (1751), Traduction d'Antoine-François Prévost d'Exiles, PUL, 2007, p. 528
Madame de Staël (et la personne de génie)

Posté par Serge Safran le 02 août 2010

« Quand une personne de génie est douée d’une sensibilité véritable, ses chagrins se multiplient par ses facultés mêmes : elle fait des découvertes dans sa propre peine, comme dans le reste de la nature, et le malheur du cœur étant inépuisable, plus on a d’idées, mieux on le sent. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 419
Camille Laurens, le désir, et la folie du sexe…

Posté par Serge Safran le 06 août 2010

« Le sexe est une folie quand, au lieu d'unir, il sépare, renvoyant l'homme au délire de sa solitude. »
Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 237
Madame de Staël (et les âmes sensibles)

Posté par Serge Safran le 05 août 2010

« Il n’y a que les âmes sensibles qui savent se ménager réciproquement ; l’amour-propre, si susceptible pour lui-même, ne devine presque jamais la susceptibilité des autres. »
Corinne ou l'Italie (1806), Folio classique, p. 203
Céline (et la lâcheté)

Posté par Serge Safran le 04 août 2010

« Toute possibilité de lâcheté devient une magnifique espérance à qui s’y connaît. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 122
Christian Giudicelli (et l'idée de la mort)

Posté par Serge Safran le 03 août 2010

« Jacques se demande si désormais il ne va pas écrire pour s'habituer à l'idée de la mort. Parce que repousser la mort en écrivant sa vie, comme il en avait eu l'espoir, appartient au folklore des rêves d'adolescent. »
Square de la Couronne , Gallimard, 2010, p. 248
Céline (et la peur)

Posté par Serge le janvier 2010

« C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 21
Christian Giudicelli (et la littérature)

Posté par Serge Safran le 9 juillet 2010

« Quand la littérature entre en jeu, la vie n'a plus si mauvaise mine. »
Square de la Couronne , Gallimard, 2010, p. 99
Patricia Highsmith (et les objets de qualité)

Posté par Serge Safran le 00 mai 2010

« Il adorait non pas posséder une foule de choses, mais quelques objets choisis dont il ne se séparait plus. Cela vous donnait du poids. Rien d’ostentatoire, mais des objets de qualité, qui lui rappelaient qu’il existait et lui faisaient pleinement savourer son existence. »
Monsieur Ripley Le Livre de poche, Calmann-Lévy, 1956, roman traduit de l'américain par Jean Rosenthal
Camille Laurens, les hommes et la mort…

Posté par Serge Safran le 06 juillet 2010

« Les hommes sont toujours plus enfoncés dans la mort. Quel crime ont-ils commis pour vouloir s'en délivrer dans l'oubli? Est-ce un pays, une patrie où il leur semble qu'ils vont quitter leur corps, un jour, s'en défaire un peu mieux que dans la violence ou l'amour? »
Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 295
Olivier Goldsmith (et la conscience)

Posté par Serge Safran le 02 juillet 2010

« Les reproches de la conscience qui a du mal ne durent guère. La conscience est une poltronne, et les fautes qu'elle n'a pas eu la force de prévenir, elle a bien rarement la justice de les condamner. »
Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 128
Céline (et Emma Bovary)

Posté par Serge Safran le 1 juillet 2010

« Qu'Emma Bovary se fasse enfiler en fiacre par Léon à présent doit se faire enculer au moins par deux débardeurs jaloux dans les bas quartiers de Rouen. Et cet intérêt sera bref. On attend le grand romancier de la Partouze – « Vous avez juré de ne pas éjaculer dans ma femme, Monsieur! » »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 22 janvier 1949, p. 1137
René Daumal (et la voix)

Posté par Serge Safran le 30 juin 2010

« Je puis vous dire, donc, que j'ai peur de la mort. Non pas de ce qu'on imagine de la mort, car cette peur est elle-même imaginaire. Non pas de ma mort dont la date sera consignée dans les registres de l'état civil. Mais de cette mort que je subis à chaque instant, de la mort de cette voix qui, du fond de mon enfance, à moi aussi, interroge: « que suis-je? » et que tout, en nous et autour de nous, semble agencé pour étouffer pour étouffer encore et toujours. »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 38-39
Camille Laurens (et la réponse)

Posté par Serge Safran le 29 juin 2010

« Je n'écris pas pour que vous répondiez, non; j'écris parce qu'il n'y pas de réponse. »
Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 309
Max Genève (et la méchanceté)

Posté par Serge Safran le 28 juin 2010

« Comme lecture d'agrément, la méchanceté passe mieux que la gentillesse. »
Noir Goncourt Anabet Éditions, 2010, p. 194-195
René Daumal (et la philosophie)

Posté par Serge Safran le 00 mai 2010

« Un bon pot-au-feu vaut tout de même mieux qu'une philosophie menteuse. »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 35
Céline (et la littérature)

Posté par Serge Safran le 00 mai 2010

« Dépourvu de toute jalousie, don juanisme, sadisme, etc… je n'ai jamais eu d'enthousiasme que pour la beauté des formes, leur fluidité, jeunesse, la grâce la fraîcheur. Je suis très athénien en ce sens – Mais la littérature autour? Quelle merde ennuyeuse! »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 28 février 1948, p. 1016
René Daumal, le commencement, et la fin

Posté par Serge Safran le 23 juin 2010

« Peut-être est-il toujours artificieux de parler du commencement et de la fin d'une histoire, alors que nous ne saisissons jamais que des phases intermédiaires. »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 167
Annie Cohen (au milieu du tumulte)

Posté par Serge Safran le 22 juin 2010

« vous n'êtes pas maître de la seconde qui vient / fermez les yeux / ne parlez plus / au milieu du tumulte / devenez silenciaire / incendiaire de la bouche muette »
Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 22
Camille Laurens (et la séduction)

Posté par Serge Safran le 21 juin 2010

« Aux hommes qu'elle veut séduire, aux parfaits inconnus pour qui elle est une inconnue, elle ne dit jamais qu'elle écrit. Elle ne cherche pas de lecteurs, elle préfère qu'on lise dans ses yeux. »
Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 271
Madame de Staël (et la mort)

Posté par Serge Safran le 18 juin 2010

« Si la mort n'est, comme je le crois, qu'un appel à une existence plus heureuse, pourquoi le parfum des fleurs, l'ombrage des beaux arbres, le souffle rafraîchissant du soir ne seraient-ils pas chargés de nous en apporter la nouvelle? »
Corinne ou l'Italie (1807), Folio classique, p. 143
Camille Laurens, le désir, et l'intelligence de l'Autre.

Posté par Serge Safran le 17 juin 2010

« Je ne suis pas contre la pitié, la charité, l'aide humanitaire – ce n'est pas la question. Je suis contre la tentative d'établir dans la société, par tout un réseau de conventions et d'interdits tacites, ce qui ne peut s'obtenir vraiment que par son contraire exact, ce qu'aucun frère ni camarade, dans son désir niais d'unité familière ou familiale, ne reçoit ni ne donne jamais: le sentiment profond du Pas-moi; l'intelligence de l'Autre. »
Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 211
Annie Cohen (et le langage)

Posté par Serge Safran le 15 juin 2010

« " Ce dessin représente l'effort que je tente en ce moment pour refaire corps avec l'os des musiques de l'âme ", écrivait Antonin Artaud. Mais que doit-on au langage qui n'a pas encore été payé? Serait-ce pour édifier ailleurs (où?) le monde qui ne se prononce pas? »
Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 121-122
Madame de Staël (et la légèreté spirituelle)

Posté par Serge Safran le 07 juin 2010

« La légèreté spirituelle en impose à l'esprit méditatif; et celui qui se dit heureux semble plus sage que celui qui souffre. »
Corinne ou l'Italie (1807), Folio classique, p. 38
Paul Wenz (et la vieille histoire…)

Posté par Serge Safran le 11 juin 2010

« Le jeu? la femme ou le whisky? me demanderez-vous. La femme d'abord; le whisky est venu ensuite, et il est venu pour rester, j'en ai peur… La vieille histoire… L'amoureux délaissé va chercher consolation dans la bouteille. La bouteille m'a empêché de me faire sauter la cervelle, reste à savoir si c'est un service qu'elle m'a rendu, j'en doute. »
Le Trader (1902), La Petite maison, 2010, p. 12
Han Yu-joo (et la fiction)

Posté par Serge Safran le 09 juin 2010

« La fiction n'est pas un mensonge, mais toutes les histoires ne se composaient que de mensonges. »
Rideau in Écrivains de Corée du Sud, Europe n° 973, mai 2010, p.290-291
Camille Laurens, le désir, et la parole…

Posté par Serge Safran le 8 juin 2010

« Toute parole est en trop quand on a du désir, d'ailleurs parler l'annule – il n'y a pas de mots pour dire le désir, pas de mots courants qui ne servent à le trafiquer, à le masquer, à l'apaiser ou à la détruire. »
Dans ces bras-là (2000), Folio, p. 38
René Daumal (et la peur de la mort)

Posté par Serge Safran le 4 juin 2010

« Je ne veux pas mourir sans avoir compris pourquoi j'avais vécu. Et vous, avez-vous jamais eu peur de la mort? »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 36
Olivier Goldsmith (et la résistance humaine)

Posté par Serge Safran le 3 juin 2010

« L'homme ne sait guère quelles calamités sont au-dessus de sa force de résistance, jusqu'à ce qu'il en ait fait l'épreuve. »
Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 170
Céline (et le français)

Posté par Serge Safran le 00 mai 2010

« J'ai la manie, la passion du parler français, je l'avoue (…) Le français m'est indispensable comme l'air du temps, ne m'est pas une coquetterie, un caprice. C'est une respiration. »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 27 mai 1949, p. 1191
René Daumal (marcher avec la tête)

Posté par Serge Safran le 01 juin 2010

« Un compagnon beaucoup plus expérimenté que moi me dit: « Quand les pieds ne veulent plus vous porter, on marche avec sa tête. » Et c'est vrai. Ce n'est peut-être pas dans l'ordre des choses, mais ne vaut-il pas mieux marcher avec la tête que penser avec les pieds, comme il arrive souvent? »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 166
Annie Cohen (et la vérité)

Posté par Serge Safran le 31 mai 2010

« L'écrit donne vérité à la vie. »
Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 97
Céline (et la poésie)

Posté par Serge Safran le 27 mai 2010

« Je suis povouëte et que povouëte. »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 3 septembre 1948, p. 1076
Annie Cohen (et la différence)

Posté par Serge Safran le 26 mai 2010

« En dehors de soi, il n'y a rien, on est là, on n'est pas là, c'est quoi la différence? »
Les silenciaires , Gallimard, Haute enfance, 2010, p. 42
Mathieu Terence (et le désir de néant)

Posté par Serge Safran le 25 mai 2010

« Après la saignée spirituelle du nazisme et du communisme totalitaire, après surtout Hiroshima, l'homme sait qu'il peut causer l'extinction de son espèce. Est alors refoulé ce désir de néant qui, pour fantasmer qu'il fût, n'en fondait pas moins toute affirmation de liberté. On peut dès lors s'interroger sur le devenir de cette soif d'un négatif absolu et se dire qu'elle ne peut que se retrouver à l'œuvre dans tout ce que l'homme s'autorise désormais à être sous couvert d'un positif, mais en réalité mortifère, « vivre ensemble ». »
La poésie continuée par d'autres moyens: Annie Le Brun in La Nouvelle Revue Française, avril 2010, p. 110
Olivier Goldsmith (et la douleur)

Posté par Serge Safran le 20 mai 2010

« Pourquoi l'homme est-il ainsi sujet à la douleur? Pourquoi notre misère est-elle un élément indispensable de la félicité universelle? Dans les autres systèmes, la perfection du tout résulte de celle de leur propres parties. Pourquoi faut-il au grand système, pour qu'il soit parfait, des parties non seulement appartenant à d'autres systèmes, mais encore imparfaites en elles-mêmes?… Questions qu'il est impossible de résoudre, et dont la solution serait d'ailleurs inutile. Il y a là un mystère que la Providence a cru devoir cacher à notre curiosité: elle se borne à nous assurer des consolations. »
Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 283-84
René Daumal (et l'indésirable)

Posté par Serge Safran le 00 mai 2010

« Le chemin des plus hauts désirs passe souvent par l'indésirable. »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 84
Olivier Goldsmith (et le temps)

Posté par Serge Safran le 18 mai 2010

« Plus nous vieillissons, plus les jours nous semblent courts, plus l'habitude de voir marcher le temps nous fait perdre le sentiment de la lenteur de sa marche. »
Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 289
René Daumal (et la surprise)

Posté par Serge Safran le 17 mai 2010

« Une longue attente de l'inconnu use les ressorts de la surprise. »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 109
René Daumal (et la torpeur)

Posté par Serge Safran le 14 mai 2010

« Ah! si les savants d'aujourd'hui, au lieu d'inventer sans cesse de nouveaux moyens de rendre la vie plus facile, mettaient leur ingéniosité à fabriquer des instruments propres à tirer les hommes de leur torpeur! Il y a bien les mitrailleuses, mais cela dépasse de trop le but… »
Le Mont Analogue (1952, édition définitive en 1981), L'Imaginaire Gallimard, p. 31
Patricia Highsmith (et le plaisir)

Posté par Serge Safran le 12 mai 2010

« Il se rendit compte que l’attente du plaisir lui était plus agréable que l’expérience même du plaisir. »
Monsieur Ripley Le Livre de poche, Calmann-Lévy, 1956, roman traduit de l'américain par Jean Rosenthal
Olivier Goldsmith (et la pauvreté)

Posté par Serge Safran le 11 mai 2010

« Tant qu'on a le nécessaire, on n'est pas pauvre; quand on ne l'a plus, on est nécessairement misérable. »
Le Vicaire de Wakefield (1938), José Corti, collection romantique n° 76, traduction de Charles Nodier, revue par Bernard Fillaudeau, 2001, p. 287
Max Genève (et l'activité artistique)

Posté par Serge Safran le 10 mai 2010

« La proximité du vide est indissociable de toute activité artistique. Tous les créateurs en font l'expérience, il y a toujours un instant, aussi fugace, inaperçu soit-il, où ce qui se prépare à naître hésite à quitter le néant. »
La cathédrale perdue , Éditions Jean Paul Bayol, L'Esprit de l'escalier, 2010, p. 36
Stanislas-André Steeman (et Londres)

Posté par Serge Safran le 7 mai 2010

« Vous trouveriez difficilement deux personnes considérant un pays ou une ville sous le même angle. Ainsi, Londres… Pour les uns cela signifie Piccadilly Circus et son bouquet d'enseignes lumineuses; pour les autres, une maison amie de Bloomsbury ou de Belgravia; pour d'autres encore, Rotten Row et ses amazones, Chelsea et ses quais balayés par le vent. Pour M. Julie, Londres, c'était le British Museum. »
L'assassin habite au 21 (1939), les Classiques du Masque, p. 50
Céline (et la littérature)

Posté par Serge Safran le 06 mai 2010

« La littérature est un métier de fous vaniteux – je m'en rends bien compte et je me guéris comme je peux par d'épouvantables épreuves. »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, jeudi 4 [octobre 1945], p. 776
Roberto Arlt (et la fuite)

Posté par Serge Safran le 04 mai 2010

« Par instants, Erdosain envisage la fuite. Partir. Mais, à mesure que les heures passent, comme un feu follet à la surface des marais, la souffrance d’Erdosain fait surgir une question : – Partir. Mais pour aller où ? – Plus loin encore. Une immense pitié s’empare de sa chair. S’il pouvait convaincre son corps, sa forme physique, qu’il y a nul « plus loin » sur terre ni au ciel… mais c’est inutile. C’est sa chair qui crie lentement : « Plus loin encore. » Où ? Il ferme les yeux et répète : « Où pourrais-je t’emporter ? Où que tu ailles, le désespoir t’accompagnera. Tu souffriras et diras comme maintenant : plus loin encore ; et il n’y a pas de plus loin sur la terre. Le plus loin n’existe pas. N’a jamais existé. Où que tu ailles, tu verras la tristesse. »
Les Lance-Flammes (1931), Bibliothèque Belfond, 1991, p. 57
Stanislas-André Steeman (et le slogan)

Posté par Serge Safran le 00 avril 2010

« Le Pr Lalla-Poor replia le Daily Chronicle: - On vient de découvrir dans un chenil abandonné, proche de Ruskin Park, le corps d'une femme complètement nue, étranglée à l'aide de ses propres cheveux… Curieux, naturellement! - Oui, mais… dit miss Pawter, reprise par sa manie de composer des slogans à tout propos, « Mr Smith assassine mieux! » »
L'assassin habite au 21 (1939), les Classiques du Masque, p. 222
Céline (et les souvenirs)

Posté par Serge Safran le 00 avril 2010

« Puisqu'on ne vit que de souvenirs… qu'ils soient admirables! »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 26 octobre 1947, p. 971
Marin de Viry (et la modalité)

Posté par Serge Safran le 21avril 2010

« Au XVIIIe siècle, le tourisme est une modalité de l'éducation chrétienne, au XIXe, il devient une modalité de l'insertion sociale. »
Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 90
Céline (et les voyages)

Posté par Serge le 20 avril 2010

« Les voyages tu sais, c’est encore une autre illusion. C’est un procédé littéraire. C’est le paradis des imbéciles disait un homme qui s’y connaissait. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 10 mai 1925, p. 274
Roberto Arlt (et la vie intérieure)

Posté par Serge Safran le 16 avril 2010

« Dans une sorte de journal où il notait ses soucis (et que le chroniqueur de cette histoire utilise fréquemment pour ce qui a trait à la vie intérieure du personnage), il retrouva ces lignes : « C’est comme si en nous, le calque d’une personne était glissé dans une matière semblable au plâtre, dont le relief s’efface sous le frottement. J’avais souvent évoqué cette chère existence, pour la maintenir en moi, intacte, et elle, qui avait d’abord été gravée dans mon esprit avec ses ongles et ses cheveux, ses membres et ses seins, voilà qu’elle allait peu à peu se mutilant… » En réalité, Elsa était pour Erdosain comme une de ces photos jaunies par le temps et qui ne nous disent plus rien, absolument rien, de l’original – dont elles sont pourtant l’exacte reproduction. »
Les Lance-Flammes (1931), Bibliothèque Belfond, 1991, p. 31
Céline (et l'impatience)

Posté par Serge Safran le 15 avril 2010

« L'impatience est le vinaigre des supplices. »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, jeudi 1 août [194]6, p. 825
Jean-Marie Laclavetine (et l'amour)

Posté par Serge Safran le 14 avril 2010

« L'amour est un travail, lent et harassant, une conquête austère, une peine. »
Nous voilà , Gallimard, 2009, p. 292
Céline (et le con)

Posté par Serge Safran le 00 avril 2010

« Ce que veut le con c'est un miroir pour son âme de con où il puisse s'admirer –… d'où le cinéma et les romans d'immenses tirages – « miroirs pour les âmes du plus grand nombre de cons possibles ». »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009,28 juillet [1947], p. 931
André Pieyre de Mandiargues (loin de la ville)

Posté par Serge Safran le 12 avril 2010

« Certains moments, dans les endroits très écartés des villes, des constructions modernes et de ce qu'on appelle, en gros, la « civilisation », révèlent à un témoin sensible une extraordinaire harmonie (plus apparente, d'ailleurs, que réelle), où l'on dirait que se répondent tous les éléments de la nature. Le témoin, selon son caractère, plus souvent que d'en faire partie, a l'impression de se trouver exclu de tel ensemble. Ainsi vient-il à un sentiment de solitude, qui commande autant la peur d'autrui que l'ennui, ou le plaisir, d'être seul. »
Le lis de mer (1956) Folio p. 65
Marin de Viry (et l'amour)

Posté par Serge Safran le 09 avril 2010

« Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'amour qu'il n'y a pas d'humanité. L'humanité survivra à l'amour. c'est d'ailleurs ce qu'elle est en train de faire. »
Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 15
André Pieyre de Mandiargues (et un beau sourire)

Posté par Serge Safran le 08 avril 2010

« Il y a quelque chose de singulièrement actuel (par rapport au temps) dans un beau sourire, quoique certaines personnes ne puissent ne voir des dents que sans penser à la mort. »
Le lis de mer (1956) Folio p. 47
Céline (et le chant)

Posté par Serge Safran le 00 avril 2010

« Ce qui ne chante pas n'existe pas pour l'âme. »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 [juin 1947], p. 922
Marin de Viry (et le tourisme)

Posté par Serge Safran le 06 avril 2010

« Le tourisme sert à mieux définir les caractéristiques de son être, caractéristiques stupides comprises, dans un décor et des situations propices à un retour sur soi. »
Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 55
Céline (et l'intimité)

Posté par Serge Safran le 2 avril 2010

« On n'existe que dans l'intimité muette des hommes et des choses. On circonscrit on ne définit pas. Sentir et se taire. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 463
Pierre Girard (et le Journal intime)

Posté par Serge Safran le 00 mars 2010

« J'ai horreur du Journal intime, cette perpétuelle confidence à une concierge invisible. »
Lina in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 103
Marin de Viry (et le style)

Posté par Serge Safran le 31 mars 2010

« On voyage pour donner un style à son honneur. »
Tous touristes Flammarion, Café Voltaire, mars 2010, p. 78
Céline (et le renoncement)

Posté par Serge le janvier 2010

« C’est plus difficile de renoncer à l’amour qu’à la vie. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 76
Serge Koster (et l'étymologie)

Posté par Serge Safran le 29 mars 2010

« Il y a quelque chose de délectable dans les facéties étymologiques. Elles font remonter l'anglicisme pedigree à l'ancien français pié de grue: avant que la grue ne désignât la putain exerçant son métier sur le trottoir délimité par ses allées et venues, l'expression renvoyait à la triple marque de sa patte, trois petits traits utilisés dans les registres officiels anglais pour établir et certifier l'appartenance à une lignée ancestrale; cela valait pour l'homme comme pour l'animal dit de race pure. Race, vraiment? »
Léautaud tel qu'en moi-même in la Revue littéraire, avril 2010, p. 57
Pierre Girard (heureux et malheureux)

Posté par Serge Safran le 00 mars 2010

« On n'est jamais heureux ou malheureux de la manière qu'on prévoit. »
Lina in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 127
Céline (et la pensée)

Posté par Serge le janvier 2010

« Pour que dans le cerveau d’un couillon la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et des bien cruelles. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 32
Pierre Girard (et la Revue des Deux Mondes)

Posté par Serge Safran le 24 mars 2010

« Mais heureusement que le prince les aperçut tout rouges, l'un en face de l'autre tenant chacun des deux mains une Revue des Deux Mondes, comme si elle pesait cent kilos. »
Curieuse métamorphose de John in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 81
Céline (et la jeunesse)

Posté par Serge le janvier 2010

« On perd la plus grande partie de sa jeunesse à coups de maladresses. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 85
Pierre Girard (et l'iniquité)

Posté par Serge Safran le 00 mars 2010

« Ce n'est pas la moindre iniquité de ce monde, que seuls les riches puissent vivre comme les pauvres. »
Lina in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 102
Pierre Girard (et les femmes)

Posté par Serge Safran le 19 mars 2010

« Non, elle ne se retournait pas. Les femmes ne se retournent pas. Les choses ne reviennent jamais. Elles se métamorphosent, tout au plus. »
Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 37
Céline (et ce qui peut rendre un être agréable)

Posté par Serge Safran le 18 mars 2010

« C'est étonnant ce qu'on a du mal à s'imaginer ce qui peut rendre un être plus ou moins agréable aux autres… On veut le servir pourtant, lui être favorable, et on bafouille… C'est pitoyable, dès les premiers mots… On nage. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 392
Éric Chevillard (et la durée de la vie)

Posté par Serge Safran le 17 mars 2010

« Comme la vie est courte! déplorent toutes les vieilles personnes. Que diraient-elles donc à notre place? »
Le Tigre (La bête) , n° 3 (nouvelle formule) du 13 au 26 mars 2010
Pierre Girard (et les revers de la médaille)

Posté par Serge Safran le 16 mars 2010

« Chaque année il faisait frapper une médaille à sa propre effigie, et la distribuait à ses amis. Au revers, il y avait un portrait de femme, un nom d'ailleurs chaque fois autre, car il avait une maîtresse par an. Il changeait à Pâques »
Curieuse métamorphose de John in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 79
Céline (et la souffrance)

Posté par Serge le 12 mars 2010

« Si les gens sont si méchants, c’est peut-être seulement parce qu’ils souffrent, mais le temps est long qui sépare le moment où ils ont cessé de souffrir de celui où ils deviennent un peu meilleur. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 78
Pierre Girard (et l'évitement)

Posté par Serge le 11 mars 2010

« Dès que l'on cherche à éviter quelqu'un, le sort nous ramène avec une obstination suspecte auprès de lui. »
Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 156
Céline (et le malheur des hommes)

Posté par Serge Safran le 08 mars 2010

« Ne croyez donc jamais d'emblée aux malheurs des hommes. Demandez-leur seulement s'ils peuvent dormir encore?… Si oui, tout va bien. Ça suffit. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 424
Pierre Girard (et la publication)

Posté par Serge Safran 04 mars 2010

« Ce qui est amusant, c'est d'écrire, ce n'est pas de publier (du moins je pense). »
Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 168
Céline (et la vanité)

Posté par Serge le 03 mars 2010

« Il n’y a pas de vanité intelligente. C’est un instinct. Il n’y a pas d’homme non plus qui ne soit pas avant tout vaniteux. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 125
Jean-Marie Laclavetine (et la vraie vie)

Posté par Serge Safran le 02 mars 2010

« Il faudrait pouvoir vivre seul, totalement et définitivement, ne rien espérer d'autrui, sans amis pour vous décevoir, sans amours pour vous déchirer, une vie face à soi, à contempler la mort qui vient, que demander de plus. La vraie vie. Ni Dieu, ni maîtresse. »
Nous voilà , Gallimard, 2009, p. 58
Céline (et la solitude)

Posté par Serge Safran le février 2010

« Être seul c'est s'entraîner à la mort. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 377
Pierre Girard (et le champagne)

Posté par Serge le 26 février 2010

« Rien n'indispose le locataire comme les feux du soleil levant sur une coupe à champagne. »
Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 28
Céline (et l'attente)

Posté par Serge Safran le 25 février 2010

« En deux heures je connus tout de son âme, pour le corps j'attendis encore un peu. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 361
Pierre Girard (et la poésie)

Posté par Serge Safran le 24 février 2010

« La poésie, c'est quand les gens sont partis, qu'il reste des verres à demi pleins, les cendres qu'une bouffée de vent nocturne répand sur les cartes éparses. »
Syrup de cassis in Amours au Palais Wilson, l'Âge d'homme, 1982, p. 138
Céline (et le manque)

Posté par Serge Safran le 23 février 2010

« Tout nous manque à partir d'un certain moment – la lutte n'est plus égale entre le Désir et les Regrets. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 437
Pierre Girard (et les événements)

Posté par Serge Safran le 22 février 2010

« On obtient tout au monde à condition de ne rien faire. Les événements obéissent à des lois que nous ne pouvons que contrarier par nos actions. »
Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 45
Céline (et la musique)

Posté par Serge Safran le 19 février 2010

« Je ne suis qu'un ouvrier d'une certaine musique et c'est tout et tout le reste m'est indifférent, incompréhensible, paniquement ennuyeux. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 556
Pierre Girard (et le printemps)

Posté par Serge Safran le 18 février 2010

« Le printemps s'annonce, croit-on, par les pousses gluantes, le chant des oiseaux, les perce-neige. Oui, en mars. Mais dès la mi-février, il déboule comme un petit lièvre, dans le cœur des jeunes filles. »
Amours au Palais Wilson , l'Âge d'Homme, 1982, p. 24-25
Céline (et l'ennui)

Posté par Serge Safran le 17 février 2010

« La vie c'est une classe dont l'ennui est le pion, il est là tout le temps à vous épier d'ailleurs, il faut avoir l'air d'être occupé, coûte que coûte, à quelque chose de passionnant, autrement il arrive et vous bouffe le cerveau. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 352
Céline (et les hommes)

Posté par Serge Safran le 16 février 2010

« Mais que peut-on pour les hommes? Rien. Exactement Rien. Ce serait fait depuis longtemps s'ils avaient autre chose entre eux que du meurtre. Au fond rien ne les a jamais empêchés de devenir meilleurs… Rien. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 468
Michel Crépu (en littérature)

Posté par Serge Safran le 15 février 2010

« En littérature, un livre, ce n'est pas seulement un ensemble de données imprimées, c'est quelqu'un. J'ouvre un roman, j'entre en relation avec un monde singulier, ayant ses lois, ses habitudes, ses histoires, son destin particulier. Que je rouvre par exemple Guerre et Paix et les voix de la famille Rostov se lèvent à nouveau, je peux les entendre, je peux vivre avec eux et cela est fascinant. En même temps que j'entre dans l'intimité d'un monde, ma relation au monde ambiant s'en trouve elle aussi approfondie. »
Journal littéraire in Revue des Deux Mondes, décembre 2009, p.39-40
Céline (et les choses auxquelles on tenait le plus)

Posté par Serge Safran le 11 février 2010

« Les choses auxquelles on tenait le plus, vous vous décidez un beau jour à en parler de mois en moins, avec effort quand il faut s'y mettre. On en a bien marre de s'écouter toujours causer… On abrège… On renonce… Ça dure depuis trente ans qu'on cause… On ne tient plus à avoir raison. L'envie vous lâche de garder même la petite place qu'on s'était réservée parmi les plaisirs… On se dégoûte… Il suffit désormais de bouffer un peu, de se faire un peu de chaleur et de dormir le plus qu'on peut sur le chemin de rien du tout. Il faudrait pour reprendre de l'intérêt trouver de nouvelles grimaces à exécuter devant les autres… Mais on n'a plus la force de changer son répertoire. On bredouille. On se cherche bien encore des trucs et des excuses pour rester là avec eux les copains, mais la mort est là aussi elle, puante, à côté de vous, tout le temps à présent et moins mystérieuse qu'une belote. Vous demeurent seulement précieux les menus chagrins, celui de n'avoir pas trouvé le temps pendant qu'il vivait encore d'aller voir le vieil oncle à Bois-Colombes, dont la petite chanson s'est éteinte à jamais un soir de février. C'est tout ce qu'on a conservé de la vie. Ce petit regret bien atroce, le reste on l'a plus ou moins bien vomi au cours de la route, avec bien des efforts et de la peine. On n'est plus qu'un vieux réverbère à souvenirs au coin d'une rue où il ne passe déjà presque plus personne. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 453
Pascale Gautier (et la mort)

Posté par Serge Safran le 10 février 2010

« Ça doit être tellement rassurant d'être convaincu qu'une fois mort, on est enfin vivant. »
Les Vieilles , éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 142
Céline (et la haine)

Posté par Serge le janvier 2010

« Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tout seuls. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 120
Céline (et les douleurs)

Posté par Serge Safran le 09 février 2010

« Les douleurs physiques hurlent volontiers, mais les autres… Honteuses, silencieuses, comme elles attendent passionnément la mort! »
Lettres , édition étaablie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, p. 568
Pascale Gautier (et la voix humaine)

Posté par Serge Safran le 08 février 2010

« Quelques minutes ont passé, lentes et claires. Il est neuf heures du matin. Elle n'a plus rien à faire. »
Les Vieilles , Éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 47
Céline (et le pourquoi)

Posté par Serge le janvier 2010

« Jamais, ou presque, ils ne demandent le pourquoi, les petits, de tout ce qu’ils supportent. Ils se haïssent les uns les autres, ça suffit. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 154
Pascale Gautier (et le pire)

Posté par Serge Safran le 04 février 2010

« Ça servait à quoi de passer son temps à se dire que tout était foutu, que demain serait pire qu'aujourd'hui? Il se faisait du mal pour rien. Forcément tout était foutu. Sa grand-mère à elle, Régine, le disait déjà. Donc c'est forcément bien pire aujourd'hui. Et maintenant qu'on sait que c'est pire on fait quoi, hein? »
Les Vieilles , éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 102-103
Céline (et les formes parfaites)

Posté par Serge Safran le 03 février 2010

« L'ère de ces joies vivantes, des grandes harmonies indéniables, comparatives est encore à venir… Le corps, une divinité tripotée par mes mains honteuses… Des mains d'honnête homme, ce curé inconnu… Permission d'abord de la Mort et des Mots… Que de chichis puants! C'est barbouillé d'une crasse épaisse de symboles, capitonné jusqu'au trognon d'excréments artistiques que l'homme distingué va tirer son coup… Arrive ensuite que pourra! Bonne affaire! Économie de ne s'exciter après tout que sur des réminiscences… La vie c'est plus compliqué, celle des formes humaines surtout. Atroce aventure. Il n'en est pas de plus désespérée. À côté de ce vice des formes parfaites, la cocaïne n'est qu'un passe-temps pour chefs de gare. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 467
Céline (et les bourgeois)

Posté par Serge le 02 février 2010

« La seule façon de dominer les bourgeois c’est d’être avec eux, au milieu même de leurs grimaces d’honnêteté. Enfreindre leurs règles imbéciles – c’est leur donner d’autres armes contre vous. Ils en ont déjà assez. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 9 août 1932, p. 313
Pascale Gautier (et la voix humaine)

Posté par Serge Safran le 1er février 2010

« Cuisine, couloir, salle à manger, couloir, cuisine, chambre. On dirait un chien qui tourne sur lui-même infiniment. Ses pantoufles traînent sur les carreaux. Ça fait un bruit sinistre. Dans le noir du jour, elle entend alors la voix humaine de la solitude et du silence. »
Les Vieilles , Éditions Joëlle Losfeld, 2009, p. 40
Céline (et l'amour)

Posté par Serge le janvier 2010

« L’amour, c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et soul, et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 82
Céline (et la gentillesse)

Posté par Serge Safran le 28 janvier 2010

« Si on se laissait aller à aimer les gens qui sont gentils la vie deviendrait atroce. Je ne sais pourquoi mais ce serait ainsi. Il faut se raidir pour vivre. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 septembre 1932, p. 319
Roland Jaccard (et le miracle)

Posté par Serge Safran le 27 janvier 2010

« S’il y a un miracle, c’est celui de la transformation de la vie en passé. Tout ce qui a été et qui ne sera plus. Et qui exige pourtant de demeurer intact dans notre mémoire ou, à défaut, dans nos livres. »
Sexe et sarcasmes , Puf, 2009, p.40
Ricardo Piglia (et la troisième personne)

Posté par Serge le 26 janvier 2010

« Il faut penser contre soi-même et vivre à la troisième personne. »
Respiration artificielle , traduit de l’espagnol ( Argentine), par Isabelle et Antoine Berman, André Dimanche éditeur, 2000, p. 111
Jules Renard (et le style)

Posté par Serge le 25 janvier 2010

« Style pur comme l’eau est claire, à force de travail, à force de s’user, pour ainsi dire, sur les cailloux. »
Journal 1887-1910 , Bouquins, Robert Laffont, 2005, 8 juin 1904, p. 711
Céline (et la confiance)

Posté par Serge Safran le 22 janvier 2010

« Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 178
Paul Wenz (évocation de Colombo)

Posté par Serge le 21 janvier 2010

« Les sens qui lui restaient lui disaient bien et clairement qu’il était à Colombo : l’odeur des fruits mûrs, celle du bois qui brûle avec une fumée âcre et parfois étrangement parfumée, celle des mille cuisines minuscules qui sur les brasiers en plein air chauffaient des fritures de toutes sortes. Il entendit le froufrou des cocotiers et des bambous, le chant des marchands ambulants, le gémissement des roues de chariot, le cri des rickshawmen qui passaient essoufflés. »
Le pays de leurs pères , La Petite Maison, 1996, p. 162
Céline (et les gens qui se couchent)

Posté par Serge Safran le 20 janvier 2010

« C’est triste des gens qui se couchent, on voit bien qu’ils se foutent que les choses aillent comme elles veulent, on voit bien qu’ils ne cherchent pas à comprendre eux le pourquoi qu’on est là. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 201
Céline (et l'âme)

Posté par Serge Safran le 18 janvier 2010

« L’âme, c’est la vanité et le plaisir du corps tant qu’il est bien portant, mais c’est aussi l’envie d’en sortir du corps dès qu’il est malade ou que les choses tournent mal. On prend des deux poses celle qui vous sert le plus agréablement dans le moment et voilà tout ! »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 57
Céline (et la littérature)

Posté par Serge Safran le 15 janvier 2010

« Mais vous savez la littérature c’est de la Mort. Ce qui retient en vie c’est seulement l’affection des êtres et des choses. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 25 septembre 1932, p. 316
Jacques Réda (et l'écrivain)

Posté par Serge Safran le 14 janvier 2010

« Si l'écrivain est un promeneur – parfois un promeneur véritable et aussi inimitable qu'a pu l'être notamment Cingria –, il est d'abord le promeneur et le site de sa propre langue. C'est peut-être pourquoi le monde voué à l'enrichissement (que ce soi par le commerce ou ce qu'on appelle aujourd'hui la « culture ») ne s'intéresse plus beaucoup à lui. »
Sept questions à Jacques Réda (Federico Castigliano) La Revue littéraire n° 42, janvier 2010
Céline (et la vérité)

Posté par Serge Safran le 13 janvier 2010

« La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi. »
Voyage au bout de la nuit , 1932, Le Livre de Poche, p. 202
Céline (et le fond des choses)

Posté par Serge Safran le 12 janvier 2010

« On ne parle que tant qu’on cherche le fond des choses; après cela il n’y a plus rien à dire. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 9 octobre 1932, p. 323
Pierre Guyotat, à propos de Chateaubriand

Posté par Serge Safran le 11 janvier 2010

« Rancé est un peu un Chateaubriand qui se serait retiré du monde. Dès le début des Mémoires, on a toutes ses caractéristiques. il est fatigué de vivre, il aurait mieux valu qu'il ne vive pas… C'est aussi l'homme des hasards. Mais il a, comme Bonaparte, une vision historique des choses. Quand il traverse un endroit, il se remémore ce qui s'y est passé; s'il ne l'apprend que plus tard, il imagine que s'il avait faait quelques pas de plus, sa vie en aurait été changée. Il éprouve une angoisse du hasard, chose que l'on ne signale pas assez à son propos. Il y a pourtant de multiples exemples, presque à toutes les pages. »
Dix-huitème leçon, première partie (Cours du 1er décembre 2003) La Revue littéraire n° 42, janvier 2010
Céline (et la souffrance)

Posté par Serge le 08 janvier 2010

« Amour… pas amour… cela n’a guère d’importance. Ce qui compte c’est de vivre en souffrant le moins possible. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 15 octobre 1932, p. 323
Céline (et la critique)

Posté par Serge Safran le 07 janvier 2010

« Presque toujours les hommes exigent de ceux qui professent une idée qu’ils soient en même temps disciples de cette idée, en général à seule fin de donner prise à leur critique. C’est ce qui explique la majeure partie des récriminations et des sarcasmes qui ont souvent couvert la conduite des penseurs de tout temps – »
Lettres édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 25 octobre 1916, p. 219)
Céline (et l'amour des gens)

Posté par Serge le 06 janvier 2010

« On peut aimer bien des gens à la fois. C’est une vérité qu’on ne découvre guère qu’en mourant. »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 15 octobre 1932, p. 324
Céline (et l'amour)

Posté par Serge Safran le 05 janvier 2010

« L’amour est un bouquin que nous achetons tous à un moment de notre existence, l’auteur est plus ou moins talentueux, sa prose et sa forme plus ou moins attrayantes, mais immuablement l’Intrigue et l’Histoire est toujours la même, la vieille, la sempiternelle, qui depuis que le monde est monde fait monter la sève aux bourgeons – »
Lettres , édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, 30 octobre 1916, p.226
Céline (et l'imagination)

Posté par Serge le 04 janvier 2010

« Quand on a pas d’imagination, mourir c’est peu de chose, quand on en a, mourir c’est trop. »
Voyage au bout de la nuit ,1932, Le Livre de Poche, p.25
Céline (et le Temps perdu)

Posté par Serge Safran le 20 décembre 2009

« La seule catastrophe tu vois c'est le Temps perdu. »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 291
Céline (et Paris)

Posté par Serge Safran le 18 décembre 2009

« Tu as raison Paris abrutit son monde mais heureusement en somme on n'y sent plus la vie passer – n'est-ce pas là l'essentiel? »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 345
Céline (et la mort)

Posté par Serge Safran le 17 décembre 2009

« – mais la musique du Temps change et n'est jamais la même d'un siècle à l'autre – Seulement c'est la mort qui donne cette musique et elle seulement – il faut payer – c'est atroce et triste – »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 421
Céline (et les cadeaux)

Posté par Serge Safran le 16 décembre 2009

« Recevoir un cadeau c'est déjà se faire mépriser. L'Homme est une trop sale bête, perfide, moucharde, pour lui jamais donner cette prise… JAMAIS »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 121
Céline (et Pascal)

Posté par Serge Safran le 15 décembre 2009

« Le con Pascal il l'avait bonne avec sa chambre. Comme si les malheurs ne poussaient pas pas aussi dans la chambre? et puis il avait des rentes le Pascal! Qui c'est qui vous nourrit dans la chambre? C'était un proustien déjà ce mec-là »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 347
Jules Renard (et la vieillesse)

Posté par Serge Safran le 14 décembre 2009

« Quand on se réjouit d’être jeune, et qu’on remarque qu’on se porte bien, c’est la vieillesse. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 2 mars 1903, p. 635
Céline (et le ragot)

Posté par Serge Safran le 11 décembre 2009

« C'est vouloir remonter le Niagara à la nage que de vouloir empêcher < les hommes > de ragoter stupidement haineusement – à l'infini »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 75
Jules Renard (et le succès des autres)

Posté par Serge Safran le 10 décembre 2009

« Le succès des autres me gêne, mais beaucoup moins que s’il était mérité. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 30 mars 1903, p. 639
Céline (et la musique des mots)

Posté par Serge Safran le décembre 2009

« La magie n'est pas dans les mots elle est dans leur juste touche, ainsi du piano – des airs, du Chopin – des notes – Tu sais tout cela – »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 72
Jules Renard (et l'optimisme)

Posté par Serge Safran le 08 décembre 2009

« Les gens heureux n’ont pas le droit d’être optimistes : c’est une insulte au malheur. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 2 mars 1903, p. 662
Céline (et le bonheur)

Posté par Serge Safran le 07 décembre 2009

« Une bonne journée hors prison sans souffrir au soleil contient tout le bonheur possible humain. »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 60
Jules Renard (à propos de Jarry)

Posté par Serge Safran le 04 décembre 2009

« Jarry et sa carabine. Les balles tombent de l’autre côté du mur. – Vous allez tuer mes enfants ! – Nous vous en ferons d’autres, madame. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 18 avril 1904, p. 707
Céline (et la gloire littéraire)

Posté par Serge Safran le 03 décembre 2009

« Rien pour rendre un homme gonzesse, cabotine, comme trois articles élogieux. Trois bouffées de gloire et ils [tournent ] virent folles. »
Lettres à Albert Paraz 1947-1957 Céline, Les Cahiers de la NRF, édition établie, présentée et annotée par Jean Paul Louis, 2009, p. 72
August Strindberg (et le mariage)

Posté par Serge Safran le 02 décembre 2009

« C’était là, justement, la cause de la misère relative du mariage, que l’homme entrât dans cette association, parfois en mentant sciemment, le plus souvent en croyant poétiquement transférer son Moi dans l’être qu’il désirait assimiler. »
Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 197
Pierre Michon (et la notice)

Posété par Serge le 01 décembre 2009

« Je suis à moi seul une notice plus assommante que toutes celles de l'antichambre, au Louvre. »
Les Onze Verdier, 2009, p. 70
Filet (Franck)

Posté par Serge le 30 novembre 2009

« Pêche, à la main des fougères. »
Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne,Hubert Haddad, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 77
Alain Blottière (et la vérité des hommes)

Posté par Serge le 27 novembre 2009

« La vérité des hommes est toujours plus belle, plus mystérieuse, que la fiction convenue. »
Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.56
Jack London (et la vie)

Posté par Serge le 26 novembre 2009

« C'était ça la vie? Une chose vaine et fugitive. La vie seule fait souffrir, il n'y a pas de souffrance dans la mort. »
L'amour de la vie Traduit de l'anglais par Paul Wenz, précédé d'une introduction de Firmin Roz, Folio, p. 39
Jack London (et le bonheur)

Posté par Serge Safran le 2009

« Une grande lumière se fit et je vis clair, et je compris que ce n'était pas pour l'argent qu'un homme doit vivre mais pour un bonheur qu'aucun homme ne peut donner, ni acheter, ni vendre, et qui est au-delà de la valeur de tout l'or du monde. »
L'amour de la vie « La piste des soleils » Traduit de l'anglais par Paul Wenz, précédé d'une introduction de Firmin Roz, Folio, p. 221
Jules Renard (et les discussions littéraires)

Posté par Serge Safran le 25 novembre 2009

« Discussion entre Raynaud et moi sur Mallarmé. Je dis : « C’est stupide. » Il dit : « C’est merveilleux. » Et cela ressemble à toutes les discussions littéraires. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 11 mars 1891, p. 70
Retard (Franck)

Posté par Serge le 24 novembre 2009

« Il écrit dans le bois avec une plume d'oiseau, il relit pour voir s'il n' a pas fait de fautes. Il se promène dans la douceur des collines, il a envie de se balader, pas de cavaler. Il repart comme il est arrivé. Mais les feuilles sont fanées. Il est trop tard. »
Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne, Hubert Haddad, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 99
August Strindberg (et la sincérité)

Posté par Serge le lundi 23 novembre 2009

« Non ! L’amour n’existait pas sans illusion. Et conquérir une femme par la sincérité était impossible : s’approcher d’elle la tête haute, le verbe franc, c’était la repousser loin de soi. »
Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 174
Jules Renard (et la modestie)

Posté par Serge Safran le 19 novembre 2009

« – Vous êtes modeste ! – Oui, mais il m’en coûte ! »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 13 novembre 1904, p. 736
Roland Jaccard (et l'art de vivre)

Posté par Serge le 18 novembre 2009

« Tout l’art de vivre se résumerait-il à l’art de nous servir des êtres qui nous font souffrir, comme le soutenait Proust ? »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.34
Nouvelles (Sylvain)

Posté par Serge le 17 novembre 2009

« Je ne veux rien. Le long des jours, une nouvelle fois, je suis la douce lampe, hors de mon esprit et sous la peau. Plus besoin de personne, la nuit dans les feuillages luit comme une dure étoile. Je chanterai un mot, un autre: de l'un à l'autre j'ai toujours habité. Le monde demande de nos nouvelles sous le ciel gris et sans visage. Elles se referment dans le silence des colombes, elles dorment, amies, les yeux fermés. »
Petit inventaire des quatre vents Textes de l'ateleir d'écriture conduit par Hubert Haddad à Rochefort-sur-Loire, in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 89
Jules Renard (tous les matins)

Posté par Serge le 16 novembre 2009

« Tous les matins, en se levant, on devrait dire : Chic ! je ne suis pas encore mort ! »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 5 décembre 1903, p. 685
Paysage (Sylvie)

Posté par Serge le 13 novembre 2009

« Ton cœur bat la chamade dans un pays de sources. Dans l'ombre flotte l'écho de ta mémoire. Les cheveux de mon amour sont la flamme la plus vive que la brise du soir fait danser sur un air endiablé de flamenco. La longue nuit déchire son voile. À l'horizon, l'aube irisée éclaire ce jour nouveau. Il nous appartient de faire partie du paysage. »
Petit inventaire des quatre vents in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 93
August Strindberg (et la polissure égalitaire)

Le 2 octobre 2009 par Serge Safran

« La terrible trivialité des contemporains, leur haine pour l’original l’avaient poussé ainsi que beaucoup d’autres au raffinement, pour essayer de sauver sa personnalité propre de la polissure égalitaire. Son goût finement développé ne recherchait pas la maigre beauté des formes et des couleurs, si facilement vouée à la caducité ; il voulait, dans tout ce qui l’environnait, rencontrer un reflet de l’histoire, des souvenirs d’événements mémorables. »
Au bord de la vaste mer, 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 140
Alain Blottière (et l'art)

Posté par Serge le 9 novembre 2009

« Mais pour moi Tommy vivait encore, il m’avait accompagné lors des repérages, il renaissait sous mes yeux, et je respectais sa pudeur et son orgueil. Ce genre de précaution est une limite à mon art, peut-être, mais l’art n’est rien que de l’art, une petite chose utile mais somme toute anodine, un reflet dérisoire des beautés, des larmes et du sang du réel, et je ne suis pas disposé, pour me faire valoir, à lui sacrifier des secrets brûlants. »
Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.111-112
À la campagne (Franck)

Posté par Serge le 12 novembre 2009

« La cloche sonne. Dans la campagne, une rivière. Les libellules sont dans les bois. Un papillon applaudit pour peupler de bruit l'air, tout simplement. Lumière dans les champs froids, clair de lune, barque. Violon de jeune homme. La chaleur des fruits, couverts de merveille. »
Petit inventaire des quatre vents Textes de l'atelier d'écriture conduit par Hubert Haddad à Rochefort-sur-Loire, in La Barricade du cygne, Éditions Cénomane, mots-nambules, 2009, p. 59
Alain Blottière (et le grand vide du monde d'aujourd'hui)

Posté par Serge le 10 novembre 2009

« Mais à le voir enfermé dans sa chambre-cellule, ce tombeau, se privant de nourriture et de confort sous le portrait de son ombre, je n’arrivais pas à imaginer qu’il renaîtrait, prêt à affronter le grand vide du monde d’aujourd’hui. J’essayais de lui en parler. Ce qu’il aimerait faire, quelles études, quel métier, oui ou non le cinéma… Il ricanait : les études ne menaient nulle part, les métiers donnaient le choix entre prostitution et servitude (je résume d’un mot l’opinion confuse qu’il avait du monde du travail), le cinéma n’était qu’une usine à lieux communs éculés. »
Le tombeau de Tommy Gallimard, 2009, p.180
August Strindberg (et la femme des temps nouveaux)

Posté par Serge le 5 novembre 2009

« La femme des temps nouveaux, dégagée de tous préjugés, lui avait montré l’ardeur de ses entrailles, et il avait reculé ! Pourquoi ? Peut-être était-il encore dominé par les lois de la tradition et de la coutume ! Car il n’y avait certainement rien eu d’éhonté dans l’explosion de sa passion, aucune trace de l’offre de la fille, pas de geste dévergondé ni de mine effrontée ! Elle l’aimait à sa manière : que demander de plus ? En face d’un semblable amour il pouvait, en pleine sécurité, se lier à elle, car peu d’hommes, sans doute, se pourraient vanter d’avoir allumé pareille flamme ! »
Au bord de la vaste mer 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 167
Jules Renard (et la reconnaissance)

Posté par Serge le 4 novembre 2009

« Rien n’est éternel, même pas la reconnaissance. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 22 décembre 1904, p. 745
Roland Jaccard (et la sincérité)

Posté par Serge le 6 novembre 2009

« Être sincère n’est pas si aisé qu’on croit, car nous sommes au mieux les coscénaristes de cette fiction qu’est notre moi. Et pourtant chacun perçoit l’abîme qu’il y a entre la roublardise et la sincérité. »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.26
Jules Renard (et le bonheur)

Posté par Serge Safran le 2 novembre 2009

« On se reconnaît si peu de droits au bonheur qu’on a un peu hâte que ça finisse. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 24 février 1905, p. 756
Ricardo Piglia (et l'argent)

Posté par Serge le 30 octobre 2009

« Il n’est donc pas vrai que l’argent corrompe ; ce sont plutôt la corruption et la mort qui ont produit l’argent et l’ont institué véritable Roi des humains. »
Respiration artificielle Ricardo Piglia, traduit de l’espagnol ( Argentine), par Isabelle et Antoine Berman, André Dimanche éditeur, 2000, p. 55
Strindberg (et l'amour parfait)

Posté par Serge le 29 octobre 2009

« Puisque l’amour est un leurre réciproque, pourquoi ne pas se laisser tromper ? Rien pour rien ! Et, du moment que le parfait bonheur n’existe pas, pourquoi ne pas se contenter de l’imparfait ? »
Au bord de la vaste mer 1890, August Strindberg, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 234
Jules Renard (et les discussions)

Posté par Serge le 28 octobre 2009

« Les discussions les plus passionnées, il faudrait toujours les terminer par ces mots : « Et puis, nous allons bientôt mourir. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 12 novembre 1901, p. 554
Roland Jaccard (et la sincérité)

Posté par Serge Safran le 27 octobre 2009

« Être sincère n’est pas si aisé qu’on croit, car nous sommes au mieux les coscénaristes de cette fiction qu’est notre moi. Et pourtant chacun perçoit l’abîme qu’il y a entre la roublardise et la sincérité. »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p. 26
August Strindberg (et le tout)

Posté par Serge Safran le 23 octobre 2009

« – Je couche ma tête sur tes genoux, continuait-il, mais ne coupe pas mes cheveux pendant que je dors dans tes bras ! Laisse-moi t’exalter, mais ne m’abaisse pas. Sois meilleure que moi ! Tu le pourras, puisque je te préserve de tout contact avec la boue et la misère du monde auxquelles je dois toucher. Ennoblis-moi par les grandes qualités qui me font défaut, et nous formerons un tout complet. »
Au bord de la vaste mer 1890, traduit du suédois par M. L. Littmanson, édition établie par Régis Boyer, 1993, GF Flammarion, p. 169
Jules Renard (à paraître)

Posté par Serge Safran le 22 octobre 2009

« On me parle beaucoup de mon roman qui va paraître, afin de ne m’en plus parler quand il aura paru. »
Journal 1887-1910 Bouquins, Robert Laffont, 2005, 12 décembre 1891, p. 84
Roland Jaccard (et le miracle)

Posté par Serge Safran le 21 octobre 2009

« S’il y a un miracle, c’est celui de la transformation de la vie en passé. Tout ce qui a été et qui ne sera plus. Et qui exige pourtant de demeurer intact dans notre mémoire ou, à défaut, dans nos livres. »
Sexe et sarcasmes Puf, 2009, p.40
Alain Blottière (et le rôle de l'écriture)

Posté le 13 octobre 2009 par Serge Safran

« La sereine résignation face à la mort, le courage qu’on affiche, parfois le bonheur ou la joie, même, qu’on décrit, ne seraient-ils que des mots offerts à ceux qui vont les lire pour alléger leur peine ? Et si, à l’inverse, les sentiments sont vrais, d’où vient cette force surnaturelle ? De l’exceptionnelle qualité de ces hommes ? De la seule certitude qu’on ne meurt pas en vain ? Ou bien plutôt d’une souffrance si grande, en réalité, que s’élève une muraille pour la contenir dans une zone insensible ? Et quel est le rôle de l’écriture, de la plume et de l’encre, dans l’intensité, la vérité des émotions délivrées sur le papier pour le lecteur absent qu’on aime ? »
Le tombeau de Tommy, Gallimard, 2009, p.204
Jules Renard (et Balzac)

Le 5 octobre 2009 par Serge Safran

« Rien de plus mauvais que les nouvelles de Balzac. C’est trop petit pour lui. D’ailleurs, quand il avait une idée, il en faisait un roman. »
Journal 1887-1910, Bouquins, Robert Laffont, 2005, 20 octobre 1889, p. 30
Jules Renard (et le plaisir de causer)

Le 30 septembre 2009 par Serge Safran

« – On a beau faire, jusqu’à un certain âge – je ne sais pas lequel, – on n’éprouve aucun plaisir à causer avec une femme qui ne pourrait pas être une maîtresse. »
Journal 1887-1910, Bouquins, Robert Laffont, 2005, 30 août 1889, p. 24
Paul Morand (et l’amour)

Le 29 septembre 2009 par Serge Safran

« L’amour se localise trop près des ordures pour ne pas en garder le goût. »
Hécate et ses chiens (1981), L’Imaginaire, Gallimard, p. 97
Mme de Staël (et la vanité)

Le 11 septembre 2009 par Serge Safran

« Quand les femmes d’un certain âge ne sont pas jalouses d’une jeune personne, elles placent leur vanité sur elle ; il faut qu’un succès leur appartienne d’une manière ou d’une autre pour qu’elles le voient avec plaisir. »
Trois nouvelles : « Adélaïde et Théodore », Folio 2 €, 2009, p.43
Gabriel Matzneff (et l’art d’écrire)

Le 24 juin 2009 par Serge Safran

« L’art d’écrire est, lui aussi, à son humble manière, un sacrement du souvenir, un élan créateur qui fixe les paroles, les baisers, les regards, les gestes, les pensées, les parfums, les couleurs, les actes, tout ces riens éphémères qui constituent le tissu de notre existence, pour les modeler, leur donner une forme, les métamorphoser en une œuvre de beauté. »
Carnets noirs 2007-2008, Léo Scheer, 2009, p. 512
Lucien d’Azay ( et la souffrance)

Le 17 août 2009 par Serge Safran

« On ne souffre pas d’ignorer où l’on va, mais de le savoir. »
La volupté sans recours, Autour du Verrou de Fragonard, essai, Climats, 1996, p. 96
Gheorghi Gospodinov (et l’enfance)

Le 12 août 2009 par Serge Safran

« Nous ne serons jamais autant aimés que dans notre enfance. C’est pour cette raison que l’enfance est une période cruelle. Sa cruauté réside dans ce qui va venir après. »
Un roman naturel, (1999), traduit du bulgare par Marie Nivat, Phébus, 2002, p. 146
Carole Martinez (et les mamelons du monde)

Le 7 août 2009 par Serge Safran

« Plongées en elles-mêmes, chacune se remémorait le joli ventre rond, les « pourquoi ? » et les « c’est quoi ? », les baisers mouillés distribués en vrac partout sur la figure que les deux petites mains potelées, posées chacune sur une joue, s’appliquaient à tenir fort alors que son rire découvrait des dents miniatures prêtes à tout dévorer par amour. Et, bien avant tout cela, bien avant les rires et les mots, il y avait eu cette bouche tordue différemment vers le sein ou le soleil, cherchant seule, comme si elle pouvait s’échapper du visage dans lequel on l’avait scellée, à attraper, dans un drôle de petit sourire en coin, les mamelons du monde. »
Le Cœur cousu, Gallimard, 2007, p. 171
Anne-Syvie Salzman ( et le visible)

Le 10 juillet 2009 par Serge Safran

« C’est un son ténu qui ne ressemble à rien, un infime coup de scie, une froissure plaintive de l’air, et souvent l’oiseau, qui fait ce bruit avec les plumes de sa queue – c’est une feinte nuptiale – n’est même pas visible. »
Lamont : « Meannanaich », nouvelles, Le Visage Vert, 2009, p. 57
Antoine Buéno (et la légitimité du pouvoir)

Posté par Serge Safran le 4 août 2011

« Dans Économie et société, le sociologue Max Weber définit trois idéaux types de légitimité de pouvoir: la légitimité traditionnelle, qui repose sur la coutume, les traditions, la légitimité charismatique, qui se fonde sur l'autorité naturelle du gouvernant; et la légitimité légale rationnelle, qui s'appuie sur les règles écrites et des institutions établies. À quel idéal type de légitimité correspond celle du Grand Schtroumpf ? Il semblerait qu'elle tienne à la fois des trois idéaux types wébériens, ce qui expliquerait sa domination incontestable et sans partage. »
Le Petit livre bleu , Analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs, Hors Collection, 2011, p.154-155

PRIX RENAUDOT POCHE 2009, pour l'édition parue au Livre de Poche

Littérature
Mots croisés
L'équitation autrement
Le Ranch de la Pleine Lune
Serge Safran éditeur

Bon de commande libraire
Newsletter