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Gert Ledig


Né en 1921 à Leipzig, Gert Ledig est emporté comme tant d’autres jeunes Allemands dans les tourments de la guerre, en France puis devant Leningrad, où il combat avant d’être rapatrié à la suite d’une blessure. Son premier roman, les Orgues de Staline, paraît en 1955 et connaît un succès international. Suivent Sous les bombes (Vergeltung) en 1956 - bien plus qu'un roman de guerre, l'un des premiers témoignages littéraires sur la souffrance allemande, salué par W. G. Sebald - et Après-guerre (Faustrecht) en 1957. Puis c'est le silence jusqu'à la réédition tardive de Sous les bombes en 1999 (chez Suhrkamp), puis sa traduction en anglais en mai 2003 (chez Granta).
Gert Ledig chez Zulma
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Coups de cœur des libraires

Sous les bombes
Librairie L'Atelier
« 13h01, heure d’Europe centrale. » Ainsi démarre l’action du roman Sous les bombes publié une première fois en 1956, pour se terminer à 14h10 deux cent dix pages plus tard. Dans l’intervalle, une heure et neuf minutes de bombardements incessants. Une ville d’Allemagne, entre Elbe et Rhin, pilonnée par l’aviation américaine. Au sol, des soldats, un lieutenant amputé de la main droite, un aspirant sanguinaire, des canonniers, un radio qui refuse de dire la vérité aux mères, et parmi les civils, un médecin sans intégrité, un vieux couple dont les deux enfants sont morts « au champ d’honneur », un prêtre qui mourra carbonisé, une jeune fille – sa couleur préférée était le bleu – qui sera violée sous les décombres, un professeur affligé d’un pied bot tentant de retrouver épouse et fils, une femme qui se souvient avoir été heureuse trois semaines avant son mariage – c’était à l’été 1914. Dans les airs, plus pour longtemps, quelques soldats de l’US Air Force, les premiers du livre à être nommés : le sergent Strenehen, le capitaine Lester, le simple soldat Ohm, un Noir. Le sergent a « volontairement déversé toute notre saloperie sur le cimetière », le capitaine attend une explication. L’avion du sergent Strenehen est touché par la DCA et projeté au sol au cœur d’un champ de barbelés ; le pilote se retrouvera pour le reste du roman cul nu, contraint de faire face aux Allemands, civils ou militaires, et de risquer sa vie selon leur degré de compassion ou de sadisme. Ce personnage de sergent américain, Gert Ledig s’en sert comme d’un composant chimique pour tester les qualités et aptitudes des autres molécules. Car rien n’est fixé, tout peut être décidé selon le libre-arbitre de chacun. La lecture du roman opère sur plusieurs lignes de front. D’une part, treize chapitres composés de courtes scènes et de beaucoup de dialogues qui conduisent le lecteur d’un groupe à l’autre. L’ensemble se présente sous la forme d’un montage alterné très cinématographique, où se jouent évolutions et altérations des caractères à travers meurtres, tortures, dénonciations et quelques rares insoumissions. Ensuite, les images d’apocalypse, corps déchiquetés, immeubles effondrés, terre brûlante, survol sans interruption des bombardiers auquel répondent les tirs des canonniers. Enfin, ouvrant chaque chapitre, une brève notice biographique qui concerne un personnage déjà rencontré. Excepté quelques scènes chorales, il est toujours question avec Ledig d’êtres humains, d’individus responsables, non de milliers ou de centaines de milliers de victimes ou de bourreaux. En 1956, alors que son précédent roman avait connu un succès mondial, Sous les bombes reçut un « accueil plus que réservé », signale la traductrice Cécile Wajsbrot dans une éclairante postface. Lorsqu’il reparaît en 1999, cinquante-cinq ans après les événements décrits et quelques semaines après la mort de l’auteur, les consciences à l’échelle européenne sont prêtes. Elles le sont aussi pour accepter le titre allemand du roman, Vergeltung, « Représailles ».
Philippe Poulain




Sous les bombes
Graffiti
« Juillet 1944, Sous les bombes fait le récit d’une heure et neuf minutes de bombardement. Le temps d’une attaque aérienne sur une grande ville d’Allemagne. Une véritable plongée dans l’abysse où l’on trouve, ça et là, des bribes d’humanités. Au moyen d’une narration, fragmentaire, Gert Ledig, témoin autant que romancier, livre une ici une oeuvre hallucinante qui n’épargne personne. Ecrit en 1956, Sous les bombes est resté peu connu jusqu’à sa réédition en Allemagne en 1999. »




Sous les bombes
Librairie Doucet
Lu et conseillé par Linda Pommereul




Sous les bombes
Librairie Terre des livres

Lu et conseillé par Sarah Gastel